Né le 14 mai 1885 à Jouques (Bouches-du-Rhône), exécuté sommairement le 10 juin 1944 à Jouques ; agriculteur ; résistant FTPF, participa à un maquis de l’organisation de résistance de l’armée (ORA).

Mémorial du maquis de Jouques, à l'emplacement où les résistants ont été fusillés (lieu-dit La Sicarde)
Mémorial du maquis de Jouques, à l’emplacement où les résistants ont été fusillés (lieu-dit La Sicarde)
Cliché Robert Mencherini
Liste nominale des maquisards fusillés, stèle du Mémorial du maquis de Jouques
Liste nominale des maquisards fusillés, stèle du Mémorial du maquis de Jouques
Cliché Robert Mencherini
Fils de Pascal Decanis, cultivateur, et de son épouse, Marie Luce, née Baille, Louis Decanis se maria, le 18 octobre 1923, avec Thérèse Arbaud. Mobilisé en octobre 1907, il fut renvoyé dans ses foyers le 25 septembre 1909. Rappelé le 1er août 1914, affecté au 58e, puis au 174e régiment d’infanterie, il fut blessé à deux reprises, le 26 juin 1915 et le 20 septembre 1918 et nommé adjudant-chef en septembre 1918. Honoré par plusieurs citations très élogieuses saluant son intrépidité et son sang-froid, il fut décoré de la médaille militaire avec palme et une étoile. Démobilisé le 2 avril 1919, il se retira à Jouques.
En 1943, propriétaire exploitant, il demeurait au hameau des Bèdes. Il s’engagea dans les FTPF et, le 6 juin 1944, lors de la mobilisation armée qui accompagna en Provence le débarquement de Normandie, il rejoignit le maquis en formation au Jas du Logis d’Anne, sur le plateau de Bèdes. C’est sans doute son expérience militaire qui fit désigner Louis Decanis comme chef de groupe de cette formation, dirigée par Jean Perreaudin, responsable de l’ORA.
Cent cinquante hommes, venus des communes environnantes, regroupés auprès de la bergerie en ruines commencèrent à s’organiser. Mais, le 9 juin, la décision fut prise, pour des questions de sécurité, de déplacer le maquis plus au nord sur le plateau, près des fermes inhabitées de la Renaude et de l’Adaouste. C’est là qu’il fut attaqué par les troupes allemandes, le 10 juin au petit matin. Cinq maquisards succombèrent dans l’affrontement ou furent abattus lors des opérations de ratissage. Neuf autres furent capturés et fusillés en fin de matinée sur un coteau proche de la ferme de la Sicarde. On releva leurs dépouilles deux jours plus tard, ainsi que celle de Jean Franchi, arrêté le 8 juin. Le corps de Louis Decanis était parmi elles.
Il obtint, à titre posthume, les mentions « Interné résistant » et « Mort pour la France ». Le nom de Louis Decanis figure sur le mausolée du cimetière de Jouques construit sur un caveau contenant les corps des « victimes de la barbarie nazie tombées le 10 juin 1944 ». Il est inscrit sur le mémorial du maquis du plateau de Bèdes, près du lieu-dit la Sicarde, et sur le monument aux morts de Jouques. Il est également gravé sur le mémorial de Sainte-Anne à Lambesc.
Jouques (Bouches-du-Rhône), plateau de Bède, 10 juin 1944
Sources

SOURCES : AVCC Caen 21P 626243, 21P 113901. — Arch. dep. des Bouches-du-Rhône, 76 W 129, rapport téléphonique du sous-préfet d’Aix, 13 juin ; liste des personnes tuées au cours des opérations allemandes effectuées dans le secteur Lambesc-Charleval, La Roque-d’Anthéron, le 12 et 13 juin 1944 ; rapport de la Gendarmerie nationale, brigade de Peyrolles, 15 juin 1944. — Arch. mun. de Jouques, 1W40, 1W 39. — Robert Mencherini, Midi rouge, Ombres et lumières. Histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône, 1930 - 1950, tome 3, Résistance et Occupation, 1940-1944, Paris, Syllepse, 2011. — Jean-Claude Pouzet, La Résistance mosaïque, Histoire de la Résistance et des Résistants du pays d’Aix (1939-1945), Marseille, Jeanne Laffitte, 1990. — Jean-Claude Favre, Jouques, 10 juin 1944, Jouques, Les Amis de Jouques, 2004. — Sapin (Jacques Lécuyer) et quelques autres, Méfiez-vous du toréador, Toulon, AGPM, 1997. — Témoignage de Roger Athénoux, maquisard à Jouques. — État civil.

Robert Mencherini

Version imprimable