Né le 31 mai 1920 à Londres (Royaume-Uni), exécuté sommairement le 3 juillet 1944 à Verrières (Vienne) ; officier britannique SAS ; résistant, opération Bulbasket.

Il fut admis à la fin des années 30 au Royal Military College (Collège militaire royal) de Sandhurst et fut nommé officier, lieutenant, en juillet 1939. Il fut affecté au South Wales Borderers, un régiment d’infanterie de l’Armée de terre britannique, basé à Brecon dans le sud du Pays de Galles. Lors de la déclaration de guerre début septembre 1939, il se trouvait aux Indes, avec le 1er bataillon auquel il appartenait. En 1941 l’armée des Indes intervint en Irak pour empêcher un rapprochement du royaume d’Irak (officiellement indépendant depuis 1932 mais sous influence britannique) avec le régime nazi. Le 1er bataillon des « Borderers », faisant partie de la 10ème division d’infanterie indienne, fut envoyé en Irak en novembre 1941. Il participa également à la prise de contrôle conjointe avec l’URSS de l’Iran. Tomos Stephens fut ensuite envoyé en Afrique du Nord, en juin 1942, pour participer aux opérations du désert libyen et tenter au sein de sa division d’enrayer l’avancée de l’Afrika Korps allemande. Il participa à la bataille de Gazala, du 26 mai au 21 juin 1942, dans le secteur de Tobrouk. Il s’agit de la dernière importante victoire de l’Axe sur le théâtre nord-africain avant le retournement d’El Alamein. Le 16 juin 1942, le bataillon des « Borderers » après avoir subi une violente attaque des blindés allemands fut pratiquement encerclé ; les pertes furent considérables et de nombreux militaires britanniques dont Tomos Stephens furent faits prisonniers. Conduit en Italie, il fut interné avec ses camarades au camp de prisonniers de guerre PG 49 de Fontanellato (province de Parme). A l’annonce de l’armistice signé entre l’Italie et les Alliés le 8 septembre 1943, le commandant du camp italien, le colonel Eugenio Vicedomini, ouvrit les portes du camp et laissa les prisonniers s’échapper à midi le 9 septembre 1943, juste avant l’arrivée d’une colonne allemande chargée de prendre le contrôle du camp. Les 600 militaires cherchèrent à gagner le sud de l’Italie pour rejoindre les forces alliées, mais seule une minorité y parvint. Ce fut le cas de Tomos Stephens qui le 3 novembre 1943 arriva à rejoindre les lignes alliées à Palmoli (province de Chieti) dans les Abruzzes. Rentré sur le sol britannique en février 1944, il rejoignit le cantonnement des « Borderers » à Brecon mais se porta rapidement volontaire pour intégrer la brigade des SAS (Special Air Service). Après un stage de parachutisme à Ringway, il fut désigné pour participer à l’opération Bulbasket, le parachutage de commandos britanniques dans l’ouest de la France au moment du débarquement pour entraver l’action et le déplacement des forces allemandes. Entre le 6 et le 18 juin, un commando d’une cinquantaine d’hommes fut parachuté en Poitou, Touraine et Berry. Dans la nuit du 7 au 8 juin 1944 le lieutenant Stephens fut parachuté avec huit hommes sous ses ordres près de Neuvy-Saint-Sépulchre (Indre). Le 9 juin le groupe se dirigea vers le secteur de Montmorillon (Vienne) à proximité du PC du colonel Félix Chêne chef départemental des FFI de la Vienne. L’ensemble du commando renforcé le 13 juin d’un groupe de maquisards français du groupe Amilcar dut changer de camp à plusieurs reprises mais fut finalement repéré par les services de renseignements allemands qui organisèrent le 3 juillet 1944 une opération de répression du maquis. Dans le combat qui débuta vers 6 heures du matin le lieutenant Stephens fut blessé et ne put se replier. Adossé à un arbre à l’orée de la forêt de Verrières, il fut découvert par les soldats allemands, frappé à coups de crosse et exécuté sommairement, achevé d’une balle dans la tête. Il fut inhumé dans le cimetière de Verrières.
Son nom figure avec celui de sept maquisards français, sur le monument commémoratif de La Couarde, commune de Verrières, sous l’inscription : "A ceux qui sont tombés ici pour la liberté le 3 juillet 1944".
Sources

SOURCES : Christian Richard 1944, Le Special Air Service en Poitou Geste Éditions 2018 — Site internet VRID (Vienne, Résistance, Internement, Déportation) — Mémorial Genweb.

Christian Richard, Michel Thébault

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