Alors que la région est progressivement libérée et que les troupes allemandes refluent vers le Nord, un groupe de Gardes mobiles va livrer bataille aux troupes allemandes à Montbeugny et Chapeau (Allier), le 5 septembre 1944. 22 Gardes furent tués au combat ou exécutés sommairement tandis que trois ouvriers agricoles, victimes civiles, furent fusillés.

Le 5 septembre 1944 à 7 heures, Le lieutenant VANDENBROUCKE de l’escadron 4/2 donne l’ordre au MDL. Chef DELICHERE d’effectuer une patrouille moto entre CHAPEAU et MONTBEUGNY. La patrouille comprend les gardes GERIN - FRANCOIS - LEROY- REBOIS et QUEYREL.
Cette patrouille part en reconnaissance à la recherche de l’ennemi. Elle passe à hauteur du chemin des Mayences et s’engage avec précautions dans le bois qui se trouve devant eux. Une longue ligne droite permet une parfaite visibilité ainsi La traversée du bois s’opère sans problème et arrivée en lisière à l’approche du village de MONTBEUGNY, le Chef DELICHERE envoie les gardes LEROY - REBOIS et QUEYREL pour vérifier discrètement les mouvements dans le bourg.
Depuis l’accrochage de Chamardon, les Allemands qui patrouillent, sont aussi dans le bois de Chapeau à la recherche des maquis. Ils aperçoivent le Chef DELICHERE et les gardes GERIN et FRANCOIS qui attendent sur le bord de la route à côté des side-car. LEROY - REBOIS et QUEYREL ont déjà parcouru à pied 150 mètres en direction de MONTBEUGNY. Une première grenade est jetée par un groupe d’allemands, elle tombe à côté du Chef DELICHERE et explose. Elle n’occasionne aucun mal. Surpris les 3 gardes ripostent mais sont rapidement fait prisonniers. Quant à LEROY, REBOIS et QUEYREL, ils assistent impuissants à la capture de leur Chef et de leurs deux camarades. Ils décrochent immédiatement pour s’effacer de la vue de l’ennemi et commencent discrètement une manœuvre de décrochage pour rejoindre leur escadron à CHAPEAU pour informer leur Lieutenant.
Ils parviennent à revenir sans se faire prendre après avoir effectué un long détour. Il est 10 heures quand ils rendent compte de la situation.
Le Chef DELICHERE, et les gardes GERIN et FRANCOIS sont conduits à la ferme de Montedoux toute proche.
Les Allemands en fouillant la ferme découvrent les uniformes, les armes et les bicyclettes de quatre des leurs qui ont été fait prisonniers par le maquis et interceptent deux FFI, Gabriel GUICHET et Georges LEVEQUE, qui vraisemblablement venaient récupérer les uniformes et les armes. Un autre maquisard qui tente de rejoindre la ferme de Montedoux, le nommé René ROY, est lui aussi fait prisonnier. Il est enfermé dans une cabane à l’écart. Il sera retrouvé à demi enterré dans un champ quelques jours plus tard.
A 9 heures, le Lieutenant VANDENBROUCKE qui n’a pas connaissance de ce qui vient de se passer, envoie une seconde patrouille avec un GMC. Elle est composée des gardes BIANCHERI, le conducteur, ASTRUC et LAMARIE. Ils n’ont pas plus de chance que leurs camarades. Arrivés dans le bois de Chapeau, ils sont pris eux aussi dans une embuscade. Pris sous un tir nourri Ils tentent bien de faire demi-tour tout en ripostant, mais au cours de la manœuvre le conducteur - garde BIANCHERI est abattu. ASTRUC et LAMARIE constatant que la situation est désespérée, décrochent pour retourner à CHAPEAU et prévenir le reste de la section.
A la même heure, Le Sous-Lieutenant COLLET qui se trouve à la ferme des Damayauds donne l’ordre à un groupe de combat de partir en reconnaissance au nord et au nord-est de la position avec pour mission de rechercher l’ennemi dans le secteur de la ferme des Mayences. Arrivé sur place, il rencontre les occupants des lieux. Le groupe va y rester jusqu’à midi pour observer le secteur de Montedoux et des Merlins. Questionnés, les gardes rassurent les ouvriers de ferme en leur disant qu’ils peuvent rester pour travailler. La patrouille est de retour aux Damayauds et rend compte de quelques mouvements ennemis. A 12 heures 30, un tir de mortier de 60 est néanmoins effectué dans le secteur de la ferme des Merlins et de la ferme de Montedoux où il existe d’excellents postes d’observation. Des guetteurs Allemands ont été aperçus en position sur les meules de foin de la ferme de Montedoux par le Jeune LAINE, Henri de la ferme du Grand Couzai.
Dans la foulée, Aux damayauds, Le Chef FOURCADE accompagné des gardes DEBOILLE - PONSEN - BARTHEL - PERONNE - DELDIQUE - BLAISE et ANDRE reçoit l’ordre de faire mouvement sur la ferme des Mayences située à l’Est de la position et d’accompagner le groupe de mitrailleuses HOTCHKISS (calibre 8 mm) composé du Chef ROQUES et de 10 gardes dont BORGIA ( conducteur) - CASSAN - LEBAULT - ROLAND et COPIENNE.
Le sous-lieutenant COLLET qui vient d’arriver à la ferme des Mayences, fait un tour de reconnaissance avec le jeune Hubert BREROT. Il envoie le garde GEST agent de transmission, pour donner l’ordre de mouvement à l’Aspirant VALLON, son adjoint, qui attend dans le chemin en retrait. Aussitôt, le groupe de Mitrailleuses du MDL. Chef ROQUES s’engage avec la camionnette tandis que le groupe de combat du Chef FOURCADE suit dans un second véhicule.
Le sous-lieutenant COLLET questionne cette fois Marius MODESTE et lui demande de lui montrer la ferme de Montedoux et celle des Merlins. Marius l’amène à l’angle de l’écurie et du fenil et tend son bras dans les directions qui lui sont demandées. Le camion de l’aspirant VALLON arrive dans la cour des Mayences, juste à hauteur d’un gros chêne qui se situe à droite du chemin. Aussitôt un tir nourri éclate. Il provient du Nord- Nord Est et couvre toute la cour entre les bâtiments. Tous les gens présents se mettent à couvert. Le jeune Hubert BREROT trouve refuge derrière un outil agricole, Marius MODESTE et le sous-lieutenant COLLET s’abritent dans l’écurie, les ouvriers agricoles et les femmes dans l’habitation et tout le groupe de mitrailleurs de l’Aspirant VALLON derrière une haie. Les hommes du Chef FOURCADE après avoir sauté du second camion se mettent à couvert derrière une autre haie.
D’un autre côté un peloton du 3/5 commandé par l’Adjudant LEGAY tente une approche par la route de CHAPEAU. Le peloton à son tour est pris sous le feu d’armes automatiques et de mortiers. L’Adjudant LEGAY est blessé.
La ferme des Mayences est sous le feu de mortiers. MODESTE, Marius, le commis de ferme, bloqué dans le fenil s’enfouit dans le foin pour se protéger.
Les gardes du Sous-lieutenant COLLET sont encerclés. Ils tentent de se dégager comme ils peuvent et tombent les uns après les autres.
L’encerclement avait été total, la route du repli est définitivement coupée. Les gendarmes luttèrent durant une heure et demie. À court de munitions, les survivants du détachement furent contraints de déposer les armes. Les blessés furent achevés d’une balle dans la nuque, les survivants exécutés sur place par les Mongols, des Russes servant dans l’armée allemande. Les civils, hommes, femmes et enfants furent rassemblés dans la cour de la ferme. Trois hommes, les ouvriers agricoles, furent fusillés.
Un monument à Montbeugny et un autre à Chapeau rappellent le nom des victimes.
Liste des victimes
Victimes civiles de Chapeau :
JALLET Gilbert
THEVIN Jean
PIOCHON Gabriel
Morts au combat à Montbeugny :
BIANCHERI Adrien
DELICHERE Henri
GERIN Georges
FRANCOIS Antoine
GUICHET Gabriel
LEVEQUE Georges
ROY René
Morts au combat à Chapeau
ANDRE Henri
BARTHEL Jean
BLAIZE Serge
BORGIA Valentin
CASSAN Paul
COLLET Louis
COPIENNE Georges
DEBOILLE Jean
DELDIQUE Jean
FERAUD Georges
FOURCADE Pierre
LEBAULT Marcel
PONSEN René
ROLLAND Etienne
TRABAUD Marcel
Sources

Sources : JMO du 2ème régiment de la garde et rapport de l’ aspirant Vallon du 3/2 témoignages des locaux ?— dossier Thierry Michaud .— Farid Sbay, “Le 5 septembre 1944 à Chapeau, quinze gendarmes ont lutté jusqu’au sacrifice ultime, La Montagne, édition Moulins, Allier, 24 octobre 2014 .— Thierry Michaud, Histoire de la gendarmerie du Bourbonnais, Puy Guillaume , éd. Adequat, 2010 .— http://auteurdubourbonnais.monsite-orange.fr/page-59fdc02c5d779.html

Thierry Michaud

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