Né le 12 août 1902 à Commenailles (Jura), exécuté sommairement le 18 juin 1944 à Domsure (Ain) ; mécanicien ; résistant du Jura sans appartenance.

Marcel Picard était le fils de Edmond, maréchal et de Louise Daumard, sans profession. Il se maria le 23 juin 1923 à Orgelet (Jura) avec Léonie Suzanne Gabrielle Amye. Il était domicilié à Commenailles où il exerçait le métier de mécanicien.
Il n’appartenait à aucune organisation de Résistance mais il était cependant un vrai résistant. En collaboration avec d’autres camarades, il participait aux distributions de tracts et à la diffusion du journal "Combat". Il avait gravé lui-même des cachets de cinq mairies différentes pour confectionner des fausses cartes d’identité. Il effectuait des sabotages et mettait à exécution les consignes de la BBC consistant à désobéir aux lois du régime de Vichy, à poser des affiches tout en détruisant celles de l’ennemi etc. Il fut arrêté sur dénonciation par la milice à Lons-le-Saunier (Jura) le 11 mai 1944 et livré le jour même aux Allemands comme étant un élément dangereux. Il fut incarcéré à la prison de Lons-le-Saunier.
Le 18 juin 1944, un officier allemand fut tué par le maquis à Coligny (Ain). En représailles, douze détenus de la prison de Lons-le-Saunier dont Marcel Picard furent extraits de leur cellule et emmenés en camionnette par les Allemands qui étaient conduits par la milice, jusqu’à Domsure après un arrêt à Saint-Amour où leur papiers d’identité furent dérobés et brûlés, ce qui rendit plus tard leur identification difficile. Ils furent fusillés à la mitrailleuse par les allemands au lieu-dit "Les Lusy", à Domsure en bordure d’un champ de blé, et subirent le coup de grâce à 19 heures. Ils furent ensuite inhumés dans une fosse commune au nord de l’église de Domsure.
L’acte de décès n° 17 fut dressé le 24 août 1944 sur la déclaration de Charles Fourrier, instituteur public, domicilié à Domsure, précise qu’il était vêtu d’une veste noire à rayures et d’un pantalon quadrillé marron, qu’il était chaussé de souliers bas couleur acajou, sans chaussettes. Il fut reconnu par son épouse et identifié par un jugement rectificatif de décès du Tribunal civil de première instance de Bourg (Ain) du 19 décembre 1944 transcrit sur l’acte de décès le 1er février 1945.
Il obtint la mention « Mort pour la France » portée sur l’acte de décès le 5 décembre 1945.
Son nom figure sur la stèle commémorative inaugurée le 24 août 1947, au bord de la RD 56, à Domsure (Ain) et sur le monument aux morts, à Commenailles (Jura).
Sources

SOURCES : Domsure ce 18 juin 1944 par Christine Drouilhet.— Mémorial Genweb.— État civil (actes de naissance et décès).

Jean-Louis Ponnavoy

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