Né le 20 janvier 1925 à Saint-Flour (Cantal), exécuté le 23 juin 1944 à Chaudes-Aigues (Cantal) ; résistant au sein des Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Etienne Mallet
Etienne Mallet
Étienne Mallet était le fils de Louis, Jean Mallet, originaire d’Alleuze (Cantal), médecin généraliste à St-Flour depuis 1920, marié à Neuvéglise (Cantal) le 11 septembre 1920 avec Marguerite, Yvonne Ricoul, originaire de Cordesse, village de cette commune. Il avait une sœur (Madeleine Mallet) et un frère (Pierre Mallet) jumeaux nés le 21 janvier 1928 à St-Flour.
Son père, mobilisé au 86è R.I. en 1914 et nommé médecin-aide-major en 1917, avait repris du service en 1939 comme médecin-capitaine à St-Chamond ; revenu à St-Flour après l’armistice, cet antimilitariste, développa une activité antivichyste dès l’été 1940 et organisa avec son ami René Amarger, dès les premiers mois de 1941, un groupe local de résistance qui rejoint le mouvement "Combat" vers le milieu 1942.
Etienne Mallet, alors âgé de 17 ans et célibataire, a participé à l’action comme agent de liaison. En janvier 1943 un premier maquis commença à s’installer sur la commune de Mentières (Cantal) à Montagnac. La ferme accueillera jusqu’à 25 hommes et sera "inspectée" au printemps 1943 par Henry Ingrand [Rouvre], chef régional de la Résistance, accompagné de Jean Lépine [Pierre], l’un des premiers résistants cantaliens.
Dans la nuit du 7 au 8 octobre 1943 "5 ou 6 individus armés ont pillé le magasin d’habillement du groupe n°2 du chantier de jeunesse n° 40 à Albepierre" (Cantal). Selon Eugène Martres, il s’agissait du coprs franc M.U.R. de St-Flour (Amarger, Etienne Mallet, Condamine, Planque) aidé de Beaujour de Valuéjols ; ils avaient monté la visite en accord avec le chef des écuries du camp, Bonfils, qui s’était lui-même assuré des complicités. Les ballots de vêtements dérobés vêtirent les maquisards de Montagnac.
Dénoncés, recherchés, le docteur Mallet et son fils Etienne quittent définitivement leur domicile de St-Flour à la fin du mois de mars 1944 pour passer quelques semaines d’abord à St-Flour à l’entrepôt des tabacs, puis à Montagnac avant de gagner le Mont-Mouchet. La nuit du 11 au 12 avril 1944, les Sanflorains (Amarger, Mallet fils, Laporte de Roffiac), aux côtés d’un groupe de Clermontois réfugiés au château du Sailhant, sortent en Planèze entre Roffiac et le château du Sailhant pour récupérer sur le terrain "Sikorski" 21 containers et un paquet largués par un avion.
Début juin 1944 Etienne Mallet et son père travaillaient à l’infirmerie du maquis du Mont-Mouchet. Après les combats des 10 et 11 juin, ils rejoignent le réduit de la Truyère à Maurines avec le service de santé. Pendant ce temps la répression frappe à St-Flour où le reste de la famille est arrêtée par la Gestapo et la Milice. Après leur internement dans l’hôtel Terminus, son frère Pierrot Mallet sera torturé puis exécuté au pont de Soubizergues avec 24 autres otages le 14 juin 1944, sa mère Marguerite Ricoul et sa sœur Madeleine Mallet seront déportées et ne rentreront à St-Flour qu’en juin 1945 après la libération du camp de Ravensbrück le 5 mai 1945.
Le 20 juin, le docteur Mallet, atteint psychologiquement par les nouvelles de l’arrestation de sa famille, le pillage de sa maison et l’exécution de son fils, quitta Maurines avec Etienne et, avec quelques autres combattants, se réfugièrent dans les bois du Bès, face aux hameaux du Chazal et Salecrons. Le groupe est repéré et cerné le 22 juin. hommes purent s’enfuir, un blessé fut achevé et 3 prisonniers restèrent aux mains de l’ennemi dont Louis et Etienne Mallet. Conduits à Fournels (Lozère), ils y passèrent la nuit du 22 au 23 juin, puis furent transférés à Chaudes-Aigues, détenus à la mairie où se trouvait aussi Mme Menut. Eugène Martres pose plusieurs questions, suite aux témoignages qu’il a recueillis le 14 octobre 1944 : « Face à la mort Louis Mallet retrouva, semble-t-il, toute son énergie ; il lutta, discuta mais nous ignorons quel fut son système de défense. Jouant d’audace, proclama-t-l qu’il était bien le Dr Mallet en pensant que ses bourreaux hésiteraient ? Ou bien tenta-t-il de camoufler son identité pour détourner les soupçons ? Le maire (Barbès) et le curé de Chaudes-Aigues passèrent en mairie au moment de l’interrogatoire. Quelle fut leur attitude ? Le soir de ce même jour le Dr Louis Mallet, son fils Etienne et le jeune aperçu avec eux à la mairie de Chaudes-Aigues étaient exécutés à la sortie nord de Chaudes-Aigues. »
Étienne Mallet avait 19 ans.
C’est un jugement du tribunal de Saint-Flour en date du 22 février 1945 qui a établi son acte de décès transcrit me 20 avril 1945 à Chaudes-Aigues.
De nombreuses plaques et monuments rendent hommage au docteur et à sa famille à Saint-Flour, Alleuze, Chaudes-Aigues, Neuvéglise mais aussi à Massiac, Mauriac, Murat, Celoux (Cantal), St-Chély d’Apcher (Lozère).
Il a été déclaré "Mort pour la France", homologué FFI et DIR.
Sources

SOURCES : AVCC, dossier Etienne Mallet : AC 21 P 568857 (non consulté).— SHD Vincennes, dossier de résistant de Etienne Mallet : GR 16 P 387362 (non consulté) .— Favier, Lieux de mémoire et monuments du souvenir, Albédia, Aurillac 2007 . — Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 . — Les Allemands dans la région de Saint-Flour (Mai - août 1944), Témoignages des Instituteurs et des Institutrices collectés par M. Louis Bac, édition établie par Jean Favier avec l’aide des Archives Municipales de Saint-Flour (M. Gilles Albaret, directeur et Mme Lydia Lucchi), éditions de l’Association du Musée de la Résistance d’Anterrieux, janvier 2017 .— État civil, registres matricules (AD 15). — MémorialGenWeb.

Patrick Bec

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