Né le 7 février 1909 à Cognac (Charente), mort au combat le 20 juin 1944 au lieu dit "Le Rocher de Gibraltar" à Chaudes-Aigues (Cantal) ; employé SNCF ; résistant au sein des Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Fils de Louis Blais, alors âgé de 36 ans, sans profession, et de Zénida Émilienne Marie née Thomas, âgée de 29 ans, Fernand Blais perdit son père lors de la Grande Guerre. Louis Blais mourut de maladie le 25 mars 1915 à l’Hôpital de Gravelines (Nord). Fernand Blais devint donc pupille de la Nation par jugement du tribunal d’Angoulême en date du 28 janvier 1919.
Cheminot depuis le 1er novembre 1937, il était homme d’équipe à la gare de Riom (Puy-de-Dôme) où il résidait avec son épouse, Antonia Dugout, au 26, impasse des Charmettes.Il avait habité auparavant à Clermont-Ferrand puis à Billom (Puy-de-Dôme). Le couple eut un bébé en 1943.
En avril 1944, Fernand Blais rejoignit le maquis au sein de la 13ème compagnie du Mont-Mouchet. Il fut nommé au grade d’adjudant sous le nom de guerre Richard. Il est présenté comme agent de liaison. Sur une autre source, il est dit qu’il fut membre de la 8ème Compagnie FFI. Et sur le dossier de demande de la carte de CVR par sa veuve, il est signalé comme membre de la 14éme compagnie du Mont-Mouchet
La compagnie dut se replier sur le réduit de la Truyère sur la commune de Chaudes-Aigues (Cantal), après les combats du Mont-Mouchet.
Au lendemain de la dispersion du Mont-Mouchet (10 et 11 juin 1944), les troupes allemandes savaient que des maquisards s’étaient enfuis vers le sud et l’est. Dès le 16 juin le nouveau rassemblement est localisé ; Eugène Martres lit dans le journal de von Brodowski : "vastes concentrations de terroristes vers Chaudes-Aigues".
Mme Siquier, institutrice à Anterrieux fait le récit de la journée du 20 juin 1944 : « Le 20 juin c’est l’attaque. Vers 8 heures 30, un coup de téléphone de Lieutadès nous avertit qu’une puissante colonne motorisée venant de Tréboul passe. Plus tard nous apprenons que cette colonne avait pris la route d’Espinasse, mais le pont du Clout ayant sauté, les Allemands ont été retardés et obligés de repasser à Lieutadès. Une quarantaine de voitures quitte le gros de la colonne, passe par Réquistat, Saint-Rémy, fait sa jonction avec une autre colonne venue de Saint-Juéry. Les autres voitures se dirigent vers le Pont Rouge où un combat sanglant a lieu. Les Allemands sont retardés mais ils réussissent à passer et, après un autre accrochage, au "Rocher de Gibraltar", à 1 km de la ville, ils entrent dans Chaudes-Aigues vers 13 heures 30 ».
Eugène Martres précise la composition des groupes de Résistants qui agirent entre le Pont Rouge et Chaudes-Aigues : « Ce barrage était gardé ce jour là par la 1ère section de la 8e cie (18 hommes - lieutenant Brihat). Le reste de la 8e cie se trouvait à 1,5 km au nord, près du bois de Védrines. Dans ce bois et aux environs s’étaient établis le maquis Aubrac, le groupe Laurent et la 33e cie. Dès le début du combat un agent de liaison a couru au bois de Védrines alerter les différents groupes. La 8e cie a tenté de s’avancer du bois de Védrines vers le Pont Rouge. Quelques hommes participèrent à l’engagement le long de la route mais le gros de la compagnie, sous l’intensité du tir, se replia. Le maquis Aubrac continua aussi la lutte entre le Pont Rouge et le bois de Védrines ; il y eut 2 tués : le lieutenant Vimard et Hertenstein. Le combat dans ce secteur se prolongea sporadiquement (Monod y fut tué). La colonne allemande continua sa marche vers le nord, vers Chaudes-Aigues tandis que quelques résistants tiraient depuis les bois et les genêts environnants ; au début de l’après-midi de ce 20 juin une mitrailleuse tirait encore dans le bois de Védrines. (...) Dans la soirée, un à un, ces groupes, morceaux de compagnies ou éléments mêlés de plusieurs compagnies, décrochèrent pour tenter d’échapper à l’encerclement et à la destruction. Des blessés se réfugièrent dans les granges, derrière les haies. Les habitants des villages et des hameaux avaient fui et se terraient au fond des bois. (...) Lorsque la nuit du mardi 20 juin tomba, les combats dans ce secteur étaient achevés. Plus de 40 morts (dont un ou deux habitants) s’éparpillaient au nord de Saint-Juéry, à l’est de Deux-Verges, à Laborie, Lacombe, Anterrieux, Pradels, Vieille et Ladignac. » (Martres)
Fernand Blais, chargé d’une liaison à moto, trouva la mort au combat le 20 juin 1944 au lieu-dit Rocher de Gibraltar à 1 km de Chaudes-Aigues. Il avait 35 ans.
Ses services en tant que FFI furent homologués pour la période du 4 au 20 juin 1944.
Il obtint la mention Mort pour la France (transcription le 23 mai 1945) et fut homologué au grade d’adjudant des FFI. En 1954, il reçu à titre posthume la carte de combattant volontaire de la Résistance (CVR). Son acte de décès a été établi par un jugement du tribunal de Saint-Flour du 22 mars 1945 transcrit le 8 juin 1945 à Chaudes-Aigues.
Son nom est gravé sur les monuments aux Morts de Champmillon (Charente), Riom et Billom (Puy-de-Dôme) ainsi que sur la plaque commémorative apposée sur la façade de la gare SNCF à Clermont-Ferrand, "A la mémoire des agents SNCF tués par faits de guerre".
Sources

SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 496 : liste des fusillés, des massacrés dans la région du Puy-de-Dôme, 1er mars 1945 .— SHD Vincennes, dossier de résistant de Fernand Blais : GR 16 P 62192 .— AVCC, dossier Fernand, Richard Blais : AC 21 P 24013 . — ONAC 63, dossier Fernand, Richard Blais : 2546 W 3779 .— Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— Jean Favier, Mémorial du réduit de la Truyère, Aurillac, Union des ACVG - CVR du Cantal, Musée de la Résistance d’Anterrieux, 2008 . — Les Allemands dans la région de Saint-Flour (Mai - août 1944), Témoignages des Instituteurs et des Institutrices collectés par M. Louis Bac, édition établie par Jean Favier avec l’aide des Archives Municipales de Saint-Flour (M. Gilles Albaret, directeur et Mme Lydia Lucchi), éditions de l’Association du Musée de la Résistance d’Anterrieux, janvier 2017 . — Mgr de La Vaissière, Les journées tragiques dans le diocèse de Saint-Flour, Imprimerie Clavel, St-Flour 1944 .— Notice biographique in Thomas Fontaine (dir.), Cheminots victimes de la répression, 1940-1945. Mémorial, Paris, Perrin/SNCF, 2017, p. 1528 .— Acte de naissance en ligne (Arch. Dép. Charente) .— État civil (AD 15) . — MémorialGenWeb

Dominique Tantin, Patrick Bec

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