Né en 15 octobre 1905 à Siedliska (Pologne, alors dans l’Empire russe), massacré le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; ouvrier agricole ; victime civile.

Jean Jackow
Jean Jackow
crédit : Isabel Val Viga
plaque Jean Jackow, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque Jean Jackow, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Lieu de supplice, Forge Beaulieu, Oradour-sur-Glane
Lieu de supplice, Forge Beaulieu, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Jean Jackow était le fils de Theodore et de Freviovia née Brezayn. Il avait épousé Euphrosine Czajkowska.
Il émigra en France à une date encore inconnue. On ne peut qu’émettre des hypothèses sur les circonstances qui l’amenèrent à Oradour-sur-Glane. Peut-être faisait-il partie des Alsaciens du Bas-Rhin évacués dès le début de la guerre et dont la Haute-Vienne était l’un des départements de repli. Ce fut le cas des Juifs de la commune de Schiltigheim, parmi lesquels la famille Kanzler anéantie au cours du massacre. Il fut peut-être incorporé dans un GTE, le 643e qui « comptait 262 membres en 1941, 160 de ses recrues travaillaient dans une tuilerie à une quarantaine de kilomètres à l’ouest d’Oradour, dans le hameau de Fontafie (Charente). La plupart des autres étaient dispersés dans la commune d’Oradour, et travaillaient comme ouvriers agricoles dans de petites exploitations. »
Ce fut vraisemblablement le cas de Jean Jackow qui résidait au hameau du Masférat et travaillait en effet comme ouvrier agricole pour Mr Alexandre Cheyrou.
Il échappa à la rafle des Juifs étrangers organisée par les autorités de Vichy le 26 août 1942. Selon les archives, 25 Juifs étrangers affectés au GTE d’Oradour devaient être arrêtés, mais seuls quatre furent raflés, transférés en zone occupée et déportés. Les autres, avertis par des fonctionnaires, purent se cacher en bénéficiant de l’aide protectrice de la population. D’autres rafles se produisirent en 1943 et 1944, mais Jean Jackow put encore y échapper.
Il fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich, mitraillé puis brûlé dans la grange Beaulieu dans laquelle des hommes furent massacrés.
Il fait partie des 52 corps identifiés pour lequel un acte de décès put être établi.
Jean Jackow obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.
Voir Oradour-sur-Glane
Sources

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — MémorialGenWeb. — Sarah Farmer, Le travail des étrangers dans la France en guerre in Sarah Fishman, Laura Lee Downs, Ioannis Sinanoglou, Leonard V. Smith, Robert Zaretsky (dir.), La France sous Vichy. Autour de Robert O. Paxton, Paris/Bruxelles, IHTP-CNRS, Ed. Complexe, coll. « Histoire du temps présent », 2004. — Fiche dans la base de données en ligne de Yad Vashem. — Pas de d’information dans la base du Mémorial de la Shoah-CDJC.

Dominique Tantin, Isabel Val Viga

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