Né le 22 juin 1879 à Peyrilhac (Haute-Vienne), massacré le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; cultivateur ; victime civile.

Pierre Labarde
Pierre Labarde
crédit : Mémorial GenWeb
Pierre Labarde était le fils de Jean (né le 1er janvier 1855, à Veyrac), cultivateur, et de son épouse Catherine née Thomas (née le 27 avril 1860, à Cieux), sans profession. Ses parents s’étaient mariés le 1er février 1879 à Peyrilhac.
De 1900 à 1903, il effectua son service militaire dans le 27e Régiment d’Infanterie.
Le 29 décembre 1906 à Peyrilhac, il épousa Émilie Desroches (née le 11 mai 1885, à Oradour-sur-Glane), cultivatrice. Il était alors domicilié à Veyrac. De cette union naquirent deux garçons, Jean (né le 4 février 1906, à Peyrilhac), Honoré (né le 25 mars 1922, à Oradour-sur-Glane).
Le couple s’établit à Oradour-sur-Glane en novembre 1910.
Pierre Labarde fut mobilisé en août 1914 et resta sous les drapeaux jusqu’en février 1919. Il combattit dans différents régiments d’infanterie, fut blessé par des éclats d’obus et le 1er janvier 1918, il obtint la citation suivante : « grenadier courageux et plein d’entrain. Le 30 septembre 1917 a forcé un parti ennemi à se rendre après lui avoir fait subir des pertes. »
A une date inconnue, postérieure au recensement de 1936, il revint habiter Veyrac.
Au recensement de 1936, il était domicilié avec sa famille aux Bordes à Oradour-sur-Glane.
Son épouse et ses enfants échappèrent au massacre ayant pu s’enfuir.
« Aux Bordes trois enfants sont en nourrice chez madame Labarde, qu’un voisin avise des rafles entreprises dans les hameaux. Elle charge ses trois petits pensionnaires sur une brouette et les emmène dans la foret où elle les cachera jusqu’au dimanche soir. Un des enfants, Monique Gilbert, alors âgée de quatre ans, se souvient : ’’ La nounou nous avait mis à tous les trois un bouchon dans la bouche pour nous empêcher de crier en entendant les hurlements et les bruits de mitraillettes qui provenaient du village’’. Ce même jour la maman de Monique, Andrée Gilbert, s’apprêtait à prendre le tram pour rendre visite à sa fillette. Portant secours à une dame victime d’une chute, elle rate le tram. Le tramway de la terreur. Il lui faudra deux jours pour savoir que sa fillette, grâce à l’initiative de madame Labarde, était saine et sauve. La brave femme qui avait sauvé ces enfants survivra jusqu’à l’âge de 105 ans, mais son mari, Pierre Labarde*, un cultivateur de 65 ans, parti au village pour acheter des sabots, avait disparu dans une des granges. »
Il fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich, mitraillé puis brûlé dans l’une des six granges dans lesquelles les hommes furent massacrés.
Pierre Labarde obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.
Son épouse décède le 19 février 1986, son fils Jean le 10 avril 1948, et Honoré le 29 mars 1989, tous les trois à Limoges.
Voir Oradour-sur-Glane
Sources

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — MémorialGenWeb. — Archives État civil de la Haute-Vienne, actes de naissances, mariages, décès, recensements, registre de matricule militaire. — Marielle Larriaga, Oradour-sur-Glane,10 juin 1944, éditions des traboules (p133).

Dominique Tantin, Isabel Val Viga

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