Née le 23 juin 1894 à Saint-Victurnien (Haute-Vienne), massacrée le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; épicière ; victime civile.

Beaubreuil Jeanne
Beaubreuil Jeanne
crédit : MémorialGenWeb
Épicerie Mercier Jeanne & René, Oradour-sur-Glane
Épicerie Mercier Jeanne & René, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Épicerie Mercier Jeanne & René, Oradour-sur-Glane
Épicerie Mercier Jeanne & René, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
plaque famille Mercier - Beaubreuil, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque famille Mercier - Beaubreuil, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Jeanne Beaubreuil était la fille de Joseph (né le 23 octobre 1858, à Veyrac et décédé le 25 décembre 1927, à Saint-Victurnien), forgeron, et de son épouse Élisabeth née Redon (née le 24 novembre 1857, à Nieul et décédée le 17 novembre 1932, à Oradour-sur-Glane), domiciliés au Bourg de Saint-Victurnien. Ses parents s’étaient mariés le 24 avril 1890 à Saint-Victurnien. Son père était veuf en premières noces, de Madeleine Pescher (née le 5 décembre 1867, à Veyrac et décédée le 29 mars 1888, à Saint-Victurnien), qu’il avait épousé le 14 février 1885 à Veyrac. Sa mère était veuve en premières noces de Josph Malivert (né le 29 octobre 1855 et décédé le 20 septembre 1888, à Peyrilhac), qu’elle avait épousée le 18 décembre 1877 à Nieul.
Elle était la cadette d’une fratrie de quatre enfants, Lucien (né le 19 septembre 1886) époux de Jeanne Londeix, parents de Martial Joseph Lucien et Maurice Martial, Marie (née le 12 février 1888) épouse Jean Brachet, Marie Claire (née le 12 août 1892) épouse de Jean-Baptiste Leblanc (frère de Jules Leblanc* époux de Léontine Hortense Couty*, nés à Saint-Victurnien.
Le 16 décembre 1911 à Saint-Victurnien, elle épousa Mathieu Mercier* (né le 13 décembre 1886, à Oradour-sur-Glane), fils de Thomas Mercier et de son épouse Jeanne née Auzannet*. Le couple eut un fils prénommé René Georges* (né le 16 avril 1916, à Oradour-sur-Glane).
Après la guerre, la famille s’installa au Bourg d’Oradour-sur-Glane où son époux était facteur des Postes et elle tenait une épicerie avec l’aide de son fils.
Elle était la nièce de Marie Fanny Redon divorcée Brodeaux*, demi-sœur de sa mère.
En 1944, ses neveux Martial Joseph Lucien Beaubreuil (né le 17 septembre 1912, à Saint-Victurnien), évadé d’un camp de prisonniers de guerre, et son frère Maurice Martial Beaubreuil (né le 19 avril 1924, à Saint-Victurnien) réfractaire au STO, sont domiciliés chez elle à Oradour-sur-Glane. Ils s’échappèrent au massacre, grâce à une cache dans la maison de leur tante. Ils seront tous les deux témoins au procès de Bordeaux de 1953.
« (…) lorsqu’un soldat entre dans le magasin, le regroupe avec les personnes présentes, l’épicière Jeanne Mercier*, son mari Mathieu*, retraités des PTT, et leu fils René*, et les force à gagner le Champ de Foire. »
« (…) Persuadée que nous risquons, tous les deux, d’être recherchés et appréhendés, ma tante avait pris une précaution : sous la cuisine, elle avait fait creuser une trappe, à laquelle on pouvait, d’ailleurs accéder ’’par en-dessous’’. Ce 10 juin 1944, donc, nous nous trouvons dans la salle à manger. C’est de là, vers 14 heures, nous voyons surgir deux auto-chenilles et trois camions allemands. Alors, vite, flanqué de mon frère, je me réfugie dans la cache. Ma tante vient à peine de refermer la trappe sur nous qu’un SS entre dans la cuisine, précisément ; comme pour acheter de l’épicerie... Du fond de notre cache, nous tendons l’oreille : l’ Allemand intime, à chacun, l’ordre de sortir ; il s’impatiente et crie : ’Raus ! Raus !’’ Puis nous percevons des bruits de pas accélérés : on dirige les gens vers le Champ de Foire. Un peu plus tard, nous entendons les femmes et les enfants qu’on assemble à l’intérieur de l’église. Vers 16 heurs, 16 heures 15 – mon frère possède une montre sur lui – nous parvient le bruit d’une gigantesque explosion, provenant de la place de l’église ; c’est le signal du massacre. Aussitôt, mitrailleuses et fusils-mitrailleurs crépitent de toutes parts. Les gens hurlent … L’horreur se poursuit durant une vingtaine de minutes. Puis, de lion en loin, des tirs isolés ; si l’on peut dire... Vers 17 heures, nous entendons un véhicules reculer devant l’épicerie : et les SS qui pillent tout. Terrés dans la cache, mon frère et moi ne bronchons pas. Vers 17 heures 30, nous entendons un soldat qui monte et descend de nos chambres, en courant. Aussitôt après, fuse un crépitement de flammes : les nazis ont mis le feu à la maison. Mon frère et moi avons juste le temps de nous dégager du plancher qui brûle. Une baie vitrée sépare la cuisine d’une petite terrasse qui se trouve dans le jardin. Nous nous camouflons au sein de la végétation, alors très dense, très verte, et même fleurie. Depuis notre nouvelle ’’planque’’, nous apercevons soudain deux SS ; là, tout près ; au pied du marronnier. Nous ne bougeons pas ... »
Elle fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich et brûlée dans l’église avec sa belle-mère, sa belle-sœur, une partie de sa famille et l’ensemble des femmes et des enfants d’Oradour-sur-Glane. Son époux, son fils et une partie de sa famille furent mitraillés puis brûlés dans l’une des six granges dans lesquelles les hommes furent massacrés.
Jeanne Beaubreuil obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.
Voir Oradour-sur-Glane
Sources

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — MémorialGenWeb. — Archives État civil de la Haute-Vienne, actes de naissances, mariages, décès, recensements. — Marielle Larriaga, Oradour-sur-Glane,10 juin 1944, éditions des traboules (p77-78). — Louys Riclafe et Henri Demay, Paroles de miraculés, témoignage de Maurice Beaubreuil, éditions L’Harmattan (p83-84).

Dominique Tantin, Isabel Val Viga

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