Né le 21 janvier 1923 à Colombier-les-Vesoul (Haute-Saône), exécuté sommairement le 10 juin 1944 à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret) ; étudiant ; résistant du réseau Vélite-Thermopyles des Forces françaises Combattantes FFC.

Ses parents Henri, Marie Leroy et Andrée Krait étaient domiciliés 9 rue du Pont Neuf, Belfort (Territoire-de-Belfort) quand leur fils Pierre Leroy suivait ses études à Paris. Bachelier ès-Mathématiques et Philosophie, (langue : allemand), il était étudiant en classe préparatoire à Saint-Cyr au Lycée Janson-de-Sailly.
Il rejoignit les Forces Françaises Combattantes (F.F.C.) d’obédience gaulliste. Son dossier de résistant indique « P2 agent informateur des FFC, matricule RX3036, engagement le 01 février 1944 ». Des formations furent dispensées à des dizaines de jeunes : formation et entraînement militaire, maniement de la mitraillette, lancement de grenades… Distribution de Défense de la France, Résistance ou Essor de l’Organisation civile et militaire de la jeunesse (O.C.M.J.). En prévision du débarquement des cantonnements avaient été aménagés dans plusieurs fermes de la Ferté-Saint-Aubin pour accueillir des étudiants susceptibles de rejoindre les maquis en Corrèze.
Radio-Londres donna le signal de la mobilisation, deux messages furent diffusés : « La lune est pleine d’éléphants verts », puis le 6 juin le débarquement : « Les carottes sont cuites ».Pierre Leroy et son camarade de classe Pierre Tardy rejoignirent la ferme du By dans le Loiret. D’autres étudiants de Jeanson de Sailly, Henri IV, Saint-Louis, Buffon, Michelet à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine)… firent de même parfois vers d’autres refuges.
Le vendredi 9 juin au matin, madame Beaumarié de la Ferté-Saint-Aubin vint en raison d’indiscrétions faire part de ses craintes. La nouvelle de l’arrestation à Paris de Philippe Wacrenier, chef du corps franc Liberté au sein du réseau Vélites-Thermopyles confirma qu’il y avait des risques à rester au By. Dans la soirée, ils étaient seize étudiants dans la ferme. Vers 22 heures, un homme se présenta, il ne connaissait pas le mot de passe, méfiant René Coche n’ouvrit pas. L’individu envoyé en reconnaissance Lucien Lussac, était un agent d’infiltration du S.D. (Sicherheitsdienst) Service de renseignements de la S.S. de Blois (Loir-et-Cher). Avec Guy Eymard dit Gérard, étudiant, ils infiltrèrent plusieurs groupes de résistants.
Le samedi 10 juin vers cinq heures du matin, des agents du S.D. accompagné de trois français firent irruption dans la ferme du By, trois résistants parvenaient à se cacher. Parmi les étudiants, André Parent sortit une carte qu’il tendit aux hommes du S.D., il était du même service. Il indiqua qu’il n’y avait pas d’armes au By. Emmené à l’écart de la ferme, ils furent abattus à la mitrailleuse, puis d’une balle dans la tête.
A midi, les 29 victimes de la ferme du By gisaient sur place recouverts d’une couverture. Ils furent relevés le lendemain et mis en bière au cimetière de La Ferté-Sain-Aubin le 12 juin à 4 heures du matin.
Les trois auxiliaires des nazis furent jugés pour « intelligence avec l’ennemi ». André Parent jugé le 16 janvier 1945 par la cour de justice d’Orléans, condamné à mort a été fusillé le 7 février 1945. Guy Eymard a été condamné à mort par la cour de justice d’Orléans le 4 juin 1946 et fusillé le 12 juillet 1946. Quant à Lucien Lussac, condamné par la même cour le 23 juin 1946, il a été fusillé le 28 novembre 1946.
Pierre Leroy a été reconnu Mort pour la France et homologué interné résistant IR au titre des F.F.C. réseau Vélite-Thermopyles . Sous-lieutenant (FFC) : prise de rang le 1erjuin 1944 par décret du 25 octobre 1947 (JO du 01/11/1947).
Son nom a été inscrit dans la Nécropole nationale Bellefontaine à La Ferté-Saint-Aubin, et sur la plaque commémorative du lycée Janson-de-Sailly.
Le bilan de la journée tragique du 10 juin 1944 est de 41 fusillés, 12 étudiants parisiens ayant été exécutés dans les mêmes conditions dans la commune voisine de Marcilly-en-Villette, et 17 déportés décédés.
Voir La Ferté Saint-Aubin, Marcilly-en-Villette (Loiret) 10 juin 1944
Sources

SOURCES : SHD Vincennes GR 16 P 366448 . — Georges Joumas, La tragédie des lycéens parisiens résistants 10 juin 1944 en Sologne , Corsaire Éditions, 2014 .

Annie Pennetier, Daniel Grason

Version imprimable