Né le 11 septembre 1905 à Hyères (Var), exécuté sommairement le 14 août 1944 à Hauterive (Allier) ; ouvrier sourcier ; résistant au sein du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France (FN).

Fils de Giovani et de Maria, née Gilberti, tous les deux nés en Italie, Célestin Chino avait un frère et deux sœurs. Il s’est marié le 27 décembre 1924 à Brugheas (Allier) avec Jeanne Périssel. Ils eurent deux fils.
Il était ouvrier sourcier aux Sources de Saint-Yorre (Allier). Après avoir habité Brughéas, il logea au sein même du parc de la source du Hammam à Hauterive.
Le lieutenant Jean Mary, nom de guerre de Henri Ravat, commissaire aux opérations (CO) du camp FTP Pierre Timbaud, après avoir été membre du maquis FTP Dionnet, dans l’Allier, certifia que Célestin Chino avait rejoint le Front national en janvier 1944. Son groupe de Hauterive fut en contact avec des groupes de Saint-Yorre, Cusset et Vichy. Le capitaine Mercure, alias Henri Lefort, responsable de la 4e Cie FTP de l’Allier, confirme et précise les états de service de Célestin Chino. Selon Lefort, Célestin Chino abrita des réfractaires du STO. Il a formé un groupe de sédentaires à Hauterive avec son ami Antoine Fullin, ce groupe put établir une liaison avec la Résistance de Saint-Yorre.
Le château d’Hauterive fut un important centre de Résistance. De 1940 à 1944, ce bâtiment bourgeois a accueilli un centre d’écoute du Groupement des contrôles radioélectriques. Dirigé par le commandant Gabriel Romon, ce centre était officiellement chargé des écoutes radio pour le gouvernement de Pétain. Mais en fait, le commandant Romon et le colonel Paul Labat, directeur du GCR, profitèrent de leurs fonctions pour transmettre clandestinement des informations à l’organisation résistante de la France libre et à l’Intelligence Service à Londres.
En juin 1944, Célestin Chino fut affecté comme "travailleur obligé" au camp allemand de Varenne-sur-Allier, à une vingtaine de kilomètres au nord de Hauterive. Il continua de servir la Résistance en fournissant des renseignements sur la surveillance armée du camp et en acceptant de cacher des armes et munitions provenant du Bataillon du 152ème Régiment d’Infanterie qui avait séjourné à Vichy au moment de la dissolution de l’armée française.
Célestin Chino fut arrêté le 14 août 1944 vers 1 heure du matin à la source du Hammam où il habitait par des allemands et des miliciens.
Dénoncé par un voisin membre de la Milice, il fut arrêté chez lui par la Gestapo puis fusillé dans le Parc des Dominicains avec Antoine Fullin le 14 août 1944. Les deux hommes furent forcés de creuser leur tombe dans ce parc de la source du Hammam avant d’être exécutés. Chino aurait blessé un allemand avant d’être exécuté.
Une fois les deux hommes exécutés, les membres du SD arrêtèrent l’épouse de Chino et sa fille âgée de 14 ans pour les emmener au siège de la Gestapo de Vichy (Hôtel du Portugal). Entre temps leur fils âgé de 19 ans s’était réfugié sur le toit. Interrogée avec sa fille pendant deux jours, Madame Chino et sa fille sont relâchées.
Une stèle en leur mémoire de Célestin Chino et Antoine Fullin a été érigée à Hauterive et son nom figure sur le monument au Morts de cette commune. Chaque année, une cérémonie est organisée à Hauterive en leur mémoire.
Il a été déclaré « Mort pour la France » et déportés et internés de la résistance (DIR). Par décret du 27 décembre 1960, il a reçu à titre posthume la Médaille de la Résistance française. Il est inhumé au cimetière de Hauterive.
Une autre source le désigne comme membre du réseau France combattante.
Sources

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 128695, dossier résistant pour Célestin Chino (nc) .— AVCC, AC 21 P 727243, dossier victime de guerre pour Célestin Chino (nc).— "Hommage à deux résistants fusillés", La Montagne, éditions Allier, 17 août 2015 .— "Des résistants tombés sous les balles nazies", La Montagne, édition Vichy, 27 juin 2013. — Site Mairie Hauterive. — Généanet .— Mémorialgenweb.

Eric Panthou

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