Né le 28 juillet 1925 à Paris XXe arr., exécuté sommairement le 10 juin 1944 à La Ferté Saint-Aubin (Loiret) ; étudiant ; résistant réseaux Vélite-Thermopyles et Centurie

Fils de André, Edwin, Joseph Soreph et de Amélie Bertheau, Serge Soreph était domicilié chez ses parents, 6 avenue du Parc à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine).
Élève au lycée Michelet de Vanves avec son frère ainé Claude, après un baccalauréat Mathématiques 1ère partie, Mathelem, il suivait une préparation aux Beaux-Arts. Il était célibataire.
Il rejoignit la résistance dans le corps franc Liberté de l’Armée secrète des FFC (Forces françaises combattantes) qui recrutait dans les lycées, les écoles supérieures et les facultés parisiennes. L’instruction se faisant notamment clandestinement à l’intérieur du lycée Louis-le-Grand et dans les bois autour de Paris.
En prévision du débarquement, des accueils avaient été organisés dans des fermes de Sologne, par Philippe Wacrenier qui y avait effectué son Service civique rural pendant les vacances d’été.
Radio-Londres donna le signal de la mobilisation, le débarquement connu le 6 juin, la consigne fut de quitter Paris avant le 15 juin pour rejoindre le maquis de Corrèze de Neuvic d’Ussel du secteur Action du réseau Vélite-Thermopyles animé par Albert Mercier professeur à l’École normale supérieure de Saint-Cloud et dirigé sur place par le garagiste George Moneger.
Les deux frères Soreph, René Coche et André Parent quittèrent Paris le 6 juin à vélo vers 23h, rejoignant le lendemain à Chartres, un groupe d’élèves du collège catholique Stanislas de Paris VIe . Après avoir été accueillis à Bazoches-les-Gallerandes (32 km d’Orléans), relais-hébergement pour plusieurs dizaines de jeunes résistants chez le notaire Me Henri Ouzilleau, ils arrivèrent dans la soirée du 8 juin à la ferme du By à La Ferté-Saint-Aubin, quartier général des chefs de section, lieu de transit vers d’autres fermes alentours.
La veille 7 juin 1944, la direction des deux corps francs avait été décapitée : André Perrier chef d’Essor , Henri Casati et André Chadeau ainsi que Philippe Wacrenier responsable pour la région parisienne de l’OCMJ (Office civil et militaire des jeunes), avaient été arrêtés à Paris, trahis par un milicien infiltré dans les corps francs. Ce que les jeunes lycéens ignoraient. Jacques Brodu remplaça ce dernier et donna comme consigne que seul Claude Soreph chef de section, son frère Serge, René Coche et André Parent devaient rester à la ferme du By, chargés de l’accueil, avec comme couverture légale, aide des deux fermières dans le cadre du service civique rural. En effet, dans la journée du 9 juin, des bruits circulaient dans la commune de La Ferté à propos de la présence des jeunes résistants, faisant craindre une dénonciation des collaborateurs locaux à la Milice. Les armes furent donc transférées du By à la ferme de la Tabardière plus sûre à deux kilomètres.
Vers 22 heures (le 9 juin), un homme d’une trentaine d’années, reçu par André Parent de garde sur le chemin, se présenta, apportant des nouvelles d’un jeune accidenté de la route et empêché de rejoindre le By. L’individu envoyé en reconnaissance, Lucien Lussac, était un agent d’infiltration du S.D. (Sicherheitsdienst) Service de renseignements de la S.S. de Blois (Loir-et-Cher) et André Parent un lycéen parisien du SD infiltré dans les rangs du corps franc. Vers 23 heures, à La Ferté, Raymond de Lassus, résistant qui avait organisé la liaison avec les résistants locaux et l’accueil dans les fermes de Sologne fut arrêté par Lussac puis durement interrogé dans les locaux de la Gestapo d’Orléans ; soumis à un simulacre de fusillade il ne parla pas.
Le samedi 10 juin vers cinq heures du matin, des agents du S.D. d’Orléans commandés par l’adjudant Max Kathrein alias Schneider accompagnés de trois français firent irruption dans la ferme du By, trois résistants parvinrent à se cacher. Parmi les étudiants, André Parent sortit une carte qu’il tendit aux hommes du S.D., il était du même service. Il indiqua qu’il n’y avait pas d’armes au By.
L’étudiant rescapé Lucien Schmant témoigna qu’après un interrogatoire et une fouille, puis une absence d’une demi-heure pour aller chercher les instructions téléphonées de leurs supérieurs par l’intermédiaire de la gendarmerie de La Ferté, le peloton d’exécution les fit rejoindre une clairière située à l’écart de la ferme ; un premier groupe de seize jeunes furent abattus à la mitrailleuse, puis d’une balle dans la tête, puis un deuxième groupe de treize arrêtés à la grange de La Fourmillière.
Les corps des 29 victimes furent mis en bière au cimetière de La Ferté, le 12 juin.
Les parents de Claude et Serge Soreph prévenus par la mairie de La Ferté-Saint-Aubin vinrent le 22 juin reconnaitre les corps de leurs fils ; ils furent surpris par l’absence du cadavre de leur ami de lycée André Parent puis de son comportement lors de sa visite à leur domicile en septembre. De retour à La Ferté avec une photo, les fermières reconnurent ce jeune homme très blond.
Le procès des gestapistes français du Loiret se déroula devant la cour de justice d’Orléans du 16 au 23 juillet 1946. Sept avaient été arrêtés et quatre en fuite furent jugés par contumace. André Parent le 16 janvier 1945 a été condamné à mort pour « intelligence avec l’ennemi » et fusillé le 7 février 1945. Lucien Lussac, principal responsable, a été condamné par la même cour le 23 juin 1946 et fusillé le 28 novembre 1946.
Serge Soreph a été reconnu agent P1 engagement le 1er novembre 1942 sous les ordres de son frère Claude, chef de groupe adjoint de Liberté réseau : Vélite-Thermopyles, Matricule : RX 3037, P2 , engagement le 6 juin1944
 ; sous-lieutenant (FFC) avec prise de rang le 1er janvier 1943 décret du 25 octobre1947 ( JO du 1er novembre1947) puis homologué interné résistant IR reconnu le 24 mai 1961.
Reconnu Mort pour la France le 1er mai 1945, il a été décoré à titre posthume de la Médaille de la Résistance,J.O. 20 octobre1945, la Croix de guerre avec palmes, citation à l’ordre du régiment et la Légion d’Honneur : décret du 07 novembre 1951,J.O. du 9 novembre 1951.
Son nom a été inscrit dans la Nécropole nationale Bellefontaine à La Ferté-Saint-Aubin et sur le monument commémoratif des morts 1939-1945 à Vanves.
Sources

SOURCES : SHD Vincennes GR 16 P 553000 (notes Geneviève Launay) . — Georges Joumas, La tragédie des lycéens parisiens résistants 10 juin 1944 en Sologne, Corsaire Éditions, 2014 . — Notes Daniel Grason.

Annie Pennetier

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