Né le 25 décembre 1899 à Séniergues, commune de Montfaucon (Lot), exécuté sommairement le 30 juin 1944, au lieu-dit Pont de Nuzéjouls, commune de Boissières (Lot) ; garagiste ; résistant du Corps franc Pommiès (CFP) de l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA), Brigade Cramaussel, Bataillon Wurtenstein.

Noël Poujade, Photo présentée, encadrée, dans la mairie de Séniergues, avec la mention : « Premier maire de Séniergues, victime de son patriotisme. Boissières, 30 juin 1944. »
Noël Poujade, Photo présentée, encadrée, dans la mairie de Séniergues, avec la mention : « Premier maire de Séniergues, victime de son patriotisme. Boissières, 30 juin 1944. »
Crédit : Anne Verdet.
Noël Poujade était le fils de Louis, aubergiste, et d’Agathe Fabre, dite Angelina. Il habitait Gourdon, 9, bd de la Madeleine, et il s’était marié le 24 août 1929 à Thémines (Lot), avec Yvonne, Marie, Anaïs Lavinal, institutrice. Il avait deux fils, Jean, né le 29 juin 1933 à Thémines, et Michel, le 8 avril 1939 à Gourdon, adoptés par la Nation le 18 décembre 1944.
En mai 1935, il avait été élu maire de Séniergues, section de Montfaucon devenue commune cette année-là (AD Lot, 1 M 179). Elle comptait 207 habitants au recensement de 1936. En 4 ans, il mena à bien une modernisation de sa commune. En 1936, installation du téléphone, nomination d’un gérant de la cabine et d’un porteur de télégrammes. L’électrification de la nouvelle commune suivit de peu. Il fit également réparer la maison d’école. Il réussit à obtenir un financement pour l’entretien des chemins, dans un état déplorable. Mobilisé, il fut absent de sa commune de juin à novembre 1940. Le 1er juin 1941 fut instituée une Caisse des écoles. En octobre 1941, il fut destitué de ses fonctions pour « hostilité à l’œuvre de rénovation nationale ». (Journal officiel du 17 octobre 1941).
Noël Poujade fit partie, dès 1942, du groupe Froment, constituant un noyau initial de la Résistance dans le secteur de Gourdon, avec Jean Admirat, René Maury et Adrien Bourgade, pour le compte de l’Armée secrète. En 1943, il devint membre de l’ORA. Ils étaient en relation avec le maquis de La Melve, près du Vigan, constitué en 1943, qui passa à l’ORA à la fin de cette année-là. Le 30 juin, Noël Poujade fut l’un des 22 otages, (résistants et civils) capturés à Gourdon la veille par les Allemands (vraisemblablement sur informations de la Milice) emmenés au pont de Nuzéjouls à Boissières et abattus au bord de la route.
Son nom est inscrit sur le monument aux Morts de Gourdon, sur le monument de Boissières et sur le mémorial du CFP de Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées). Une place du centre de Gourdon porte son nom. Son nom est mentionné sur la plaque dédiée par l’Union sportive de Gourdon à ses « morts pour la France ». La mention Mort pour la France lui fut attribuée par décision du 4 mai 1945. Il fut déclaré soldat des Forces françaises de l’Intérieur (Paris, le 3 mai 1946). Médaille militaire, Croix de Guerre et médaille de la Résistance (J.O.R.F. du 17/10/1969).

Voir Boissières (Lot), Pont de Nuzéjouls, 30 juin 1944
Sources

SOURCES : Archives du musée de la Résistance, de la Déportation et de la Libération du Lot, Cahors. — État civil. — Archives municipales de Séniergues. — Adrien Viguié, Séniergues, histoire d’une sécession, maîtrise d’Histoire, Université Toulouse II, 2004. — Michel Chabaud, Le 30 juin 1944 à Boissières…, Boissières, dactylographié, 1994. — Pierre Laborie, Résistants, Vichyssois et autres, éd. CNRS, 1980, p.291.

Anne Verdet

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