Né le 12 mai 1921 à Lauresses (Lot), massacré par les SS le 12 mai 1944 à Maurs (Cantal) ; victime civile.

André Sainte-Marie est le fils de Gabriel, Jean Sainte-Marie, cultivateur originaire de Saint-Cirgues (Lot), et d’Émilie Bos, née en 1903 à Lauresses (Lot). Ils exploitaient la ferme des parents d’Émilie à Lauresses. Une sœur de Gabriel, Rosa Sainte-Marie (1900-1980) s’était mariée à Paris (10è) le 9 octobre 1924 avec Léon, Arthur, Paul Duhen, garçon de café originaire de Lebiez (Pas-de-Calais). En 1944, ils habitaient à Maurs (Cantal) et André Sainte-Marie était venu se réfugier chez eux le 11 mai pour fuir la rafle faite ce jour-là dans la région de Latronquière (Lot).
En effet, venant de Sousceyrac et se dirigeant d’abord vers Lacapelle-Marival puis Latronquière, la colonne allemande composée d’éléments du Sipo-SD de Montauban et Cahors épaulés par des unités de la division “Das Reich”, avait pour objectif de traquer les résistants du Ségala en opérant, village par village, à des arrestations, des exécutions, des pillages, des rafles et des déportations. Terrou, à quelques km de Lauresses était un lieu de refuge pour les juif ou les évadés des camps d’internement qui assuraient la réception d’armes et de munitions destinées aux maquis ; le PC de Jean-Jacques Chapou “Philippe” était installé à l’école. Alertés à temps par les enfants postés en surveillance, les Allemands ne trouvèrent personne et repartirent vers Saint-Céré (Lot) où 51 habitants dont 40 juifs furent raflés puis conduits par autobus à Maurs où ils passèrent la nuit sous la surveillance des SS.
Le lendemain, à 6h30 du matin, des membres de la Division Das Reich investirent le village de Maurs. Suite à une dénonciation ils recherchent rue Figeagaise le résistant Marius Aymar, agent de liaison avec le maquis des Luzettes. Dans cette rue, ils se présentèrent chez l’oncle d’André Sainte-Marie. Le jeune homme prit peur et voulut s’enfuir par le jardin en passant par la fenêtre. Il fut immédiatement abattu sans sommation par une rafale de mitraillette, route de Lestrade. Il n’appartenait pas à la Résistance et n’était pas réfractaire au STO. D’après Mme Piganiol, épouse d’Armand raflé le matin, croyant que les Allemands le cherchaient, il se sauvait pour rejoindre les bois comme d’autres hommes de Laveissière et de la Bourgade.
Son oncle fut arrêté le même jour comme otage et suspect, libéré peu après grâce à l’intervention du maire de Maurs. Ce même jour, 120 hommes furent arrêtés dont 22 seront déportés. 3 Tsiganes sur les 4 arrêtés (Vocho Demetrio, Betini Demestre et Manoch Gorgan ne reviendront pas des camps de Neuengamme et Bergen-Belsen), 8 ou 9 Juifs (Nathan Baran, Robert Brunschwig, Isaac Fayerstirn, Adrien et Paul Lanzenberg, Robert Lehmann, Pierre Rueff, Samuel Zaitchik et Samuel Kessel ?, tous décédés à Auschwitz-Birkenau) et au moins 6 résistants ou homologués (Marcel Aurières, Henri Chazal, Pierre Garrouste, Elie Laparra, Raymond Lepoil et Louis Maniol) mourront en déportation.
L’officier commandant la troupe ordonna que le jeune André Sainte-Marie soit enseveli à l’endroit où il était tombé. Ce n’est que sur l’insistance du Maire que son inhumation au cimetière put se faire le jour même à 14 heures. Son corps fut plus tard ramené à Lauresses.
Madame Galtayries a assisté parmi une assistance très réduite, à l’enterrement de ce jeune dont elle se souvient qu’il était vêtu de son uniforme des chantiers de jeunesse. Dans son témoignage elle évoque aussi le jeune Meallet de La Tour “les bras en croix dans une jeep allemande passer devant [sa] porte. Il n’est pas revenu, c’était un superbe jeune homme !”
Le nom de André Sainte-Marie figure sur le Monument aux Morts de Lauresses ainsi que sur une plaque commémorative à Maurs.
Sources

SOURCES : SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 48 : crimes de guerre à Maurs . — Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993. — Guy Pennaud, La Das Reich, La Lauze 2005 . — Manuel Rispal, Chouette, Noisette et Luzettes, Scènes de Résistance en Châtaigneraie cantalienne, en Ségala lotois et dans le Bassin aurillacois, tome 1 1940-juin 1944, Ytrac, éditions Authrefois, 2014 . — De mémoire de maursois, 12 mai 1944, “La Rafle”, mairie de Maurs 2004 . — MémorialGenweb. — État civil (AD 15, AD 46).

Eric Panthou

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