Né le 4 août 1909 à Saint-Père-en-Retz (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), pendu puis exécuté sommairement le 12 septembre 1944 à Saint-Viaud ; résistant FFI.

Cliché fourni par ses enfants à Michel Gautier
Cliché fourni par ses enfants à Michel Gautier
Alfred Martin travaillait avant-guerre, à la carrière de Prochelais. Marié, il était père de 4 enfants.
Alfred Martin était engagé dans les F.F.I. (Forces Françaises de l’Intérieur) et agissait dans la « poche de Saint-Nazaire » (Sud-Loire).Elle s’était formée au moment de la libération du département par les forces alliées au mois d’août 1944 et tint jusqu’au 11 mai 1945, comme zone de repli des troupes allemandes de Loire-Inférieure (actuelle Loire-Atlantique)
En ce début septembre 1944, période trouble et électrique, sachant que la guerre se terminait, des soldats russes engagés dans la Wehrmacht, cantonnés à Pornic avaient déserté. Ils se rendirent aux F.F.I. du capitaine Payen à La Montagne.
Que s’est-il réellement passé en ce 12 septembre 1944 au lieu-dit « Moulin neuf » commune de Viaud, situé sur la route de Paimboeuf à Frossey, près de la rive sud de l’estuaire de la Loire ? Il existe deux versions différentes :
Selon la première de Michel Gautier, auteur :
Jean Rondineau qui vient de prendre contact avec les premiers groupes F.F.I., décide de partir en vadrouille du côté de Paimboeuf. Dans un café de Vue, il a partagé une chopine avec Alfred Martin et improvisé une tournée de reconnaissance et de ravitaillement ; un troisième homme s’est joint à eux … Aux Quatre Routes de la Corbinais deux sentinelles allemandes font les cents pas au coin d’un champ de patates. Il est un peu plus de 14 heures. Contrôle de papier ? Échange de tabac ? Intimidations et menaces réciproques ? Les trois hommes auraient même proposé un pain de deux livres aux soldats pour les pousser à la désertion ! L’une des deux sentinelles est un russe qui commence à fléchir, mais pas question pour l’autre de changer de camp. Le ton monte … Rondineau a sorti un révolver de sa musette. Des détonations ! L’une des sentinelles se retrouve à terre, une balle dans le genou. L’autre, pour se dégager, balance la grenade glissée dans son ceinturon. Rondineau hurle de douleur, une cuisse éclatée et un bras déchiqueté. »
Alfred Martin n’est que légèrement blessé.
Selon la seconde version de Roger Triboullois, chef de groupe de la Résistance de Paimboeuf :
« Rondineau de Frossay aidé d’un homme de la résistance de Paimboeuf Mr Martin ont attaqué un petit poste avancé allemand situé au Moulin neuf … Le coup de main ayant échoué Rondineau et Martin furent blessés ».
Dans cette seconde version, il n’est pas question de négociation ou de tentative de débauche. Les deux soldats de la Werhrmacht ont réussi à prendre la fuite. A. Martin tente de trouver des secours auprès des paysans et de la population locale mais il y a effervescence du côté des troupes allemandes. Après de multiples péripéties, Alfred Martin et Jean Rondineau sont capturés. Ce dernier est exécuté d’une balle en pleine tête. Alfred pieds et poings liés va être pendu devant 4 témoins de manière à effrayer la population. Mais le fil de fer à vigne fixé sur la plus haute branche d’un arbre se casse immédiatement. Une balle vient abréger le calvaire du supplicié. Alfred Martin avait 35 ans.
Les deux corps furent enterrés dans une vasière.
Ce n’est que le 14 mai 1945 que les corps sont exhumés en présence des familles et d’une foule immense.
Alfred Martin a été reconnu Mort pour la France et homologué FFI.
Une stèle érigée près du lieu des exécutions permet d’honorer leur mémoire.
Sources

SOURCES : S.H.D. Vincennes : GR 16 P 397018 . — Jean-Pierre Sauvage et Xavier Trochu, Mémorial de la persécution allemande en Loire-Inférieure 1940 – 1945, 2001 . — Pour un récit complet et détaillé : Michel A. Gautier, Poche de Saint-Nazaire. Neuf mois d’une guerre oubliée , Geste éditons, 2017.

Carlos Fernandez

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