Né le 17 octobre 1899 à Preignac (Gironde), exécuté sommairement le 15 juin 1944 à Idron (Basses-Pyrénées) ; boulanger, cafetier, ouvrier agricole ; résistant de l’AS, « martyr inconnu » identifié en 2019.

Les parents de Georges Coran étaient gardes-barrière. Il apprit le métier de boulanger et se passionna pour les courses landaises et devint un teneur de cordes réputé. Son frère Joseph fut quant à lui un écarteur célèbre. En 1918, il devança l’appel et s’engagea volontairement.
En 1935, il épousa Léa Dufrechou. Leur fille Lucette naquit la même année. Il appartint à cette époque à la ganaderia Barrère (élevage de taureaux). En avril 1939, il participa à la foire internationale des sports de New-York. Mobilisé à la déclaration de guerre, il servit comme timonier à bord du patrouilleur le Terre-Neuve. En 1942, il fut tenancier du « Petit Bar », cours du maréchal Pétain à Bordeaux (Gironde). Pour des raisons personnelles, il quitta le domicile conjugal et s’établit à Aire-sur-l’Adour (Landes) où vivait une partie de sa famille. Il fut hébergé par une cousine, Adèle Pabon-Labeyrie, qui l’employa comme homme à tout faire dans la ganaderia dont elle avait hérité de son défunt mari.
Suite au débarquement anglo-saxon en Normandie, la Résistance accrut son action de harcèlement des troupes allemandes stationnées en France. Le 12 juin à l’entrée d’Aire-sur-l’Adour, un camion de la Wehrmacht se heurta à deux résistants armés de mitraillettes anglaises Sten. Des militaires allemands furent tués ou blessés. Un commando du Sipo-SD de Pau s’installa le lendemain à l’hôtel Terminus, épaulé par un détachement de troupes de montagne qui multiplièrent les exactions. Le 14 juin, Georges Coran travailla dans un pré voisin de la pension Dupouy, route de Bordeaux, avec un collègue, Gaston Mouchez (celui-ci sera relâché quelques temps plus tard). Une patrouille les contrôla, les fouilla, les brutalisa. Ils furent conduits à la Kommandantur provisoire, mains sur la tête. Georges Coran a-t-il été trouvé porteur d’une arme, ou d’un document l’impliquant dans des activités de résistance, voire même dans l’accrochage du 12 ? L’enquête conduite par la gendarmerie en juin 1950 ne permet pas de l’établir. Reste qu’en ressortant de l’hôtel Terminus sous bonne garde, Georges Coran lança en patois à son cousin Raoul Pabon présent devant le bâtiment : « quey soy foutut » (je suis foutu). Il fut conduit le jour même au siège de la police allemande à Pau. Le lendemain en fin de journée, il fut embarqué à bord d‘un camion avec 4 autres résistants récemment capturés.
Le martyr inconnu d’Idron repose toujours à la nécropole nationale de la Doua, à Villeurbanne, où sa dépouille a été transférée en 1962. Et n’a droit qu’à un sinistre matricule pour toute identité : carré E, rang 5, tombe n° 6.
Sources

SOURCES : Enquête effectuée par Eric Amouraben ; bpsgm.fr. — Sud-Ouest du 4 octobre 2013. — La République des Pyrénées du 8 avril 2019. — Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques .— Reportage Télé Matin, 5 juin 2019 : https://www.youtube.com/watch?v=erRqqNad6YE.

Jean-Pierre Ravery

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