Né le 28 juillet 1887 à Les Hautes-Rivières (Ardennes), tué le 21 août 1944 à Fraisse-Haut, commune de Laveissière (Cantal) ; journalier ; victime civile

Clovis, Auguste Avril était le fils de Xavier, Gustave Avril, tourneur né le 27 septembre 1856 à Les Hautes-Rivières et marié dans cette commune le 23 juin 1881 avec Marie Catherine Renneville, née le 6 décembre 1857 à Les Hautes-Rivières. Outilleur en boulonnerie, il fait partie de la classe 1907 au recrutement de Mézières (Ardennes) et est nommé caporal au Régiment d’Infanterie de Sedan le 16 février 1910. Il se marie à Les Hautes-Rivières le 30 septembre 1911 avec Elise, Suzanne Piquart, fille d’un ferronnier de Les Hautes-Rivières, née le 26 juin 1888. Ils ont un fils, Denis, Alexis né le 26 août 1912 à Les Hautes-Rivières. Mobilisé le 2 août 1914 et blessé par balle en 1915, il ne peut plus se déplacer et termine la première guerre mondiale à Saint-Martin de Seignanx (Landes). Entre le 10 mai et le 15 mai 1940, les habitants de Les Hautes-Rivières et du canton de Monthermé, frontalier avec la Belgique, sont évacués vers Noirmoutiers-en-l’Ile et d’autres communes de Vendée. En 1944, Clovis Avril était journalier à Fraisse-Haut, commune de Laveissière (Cantal).
« Par sa situation sur la route nationale, Laveissière connut de nombreux passages de troupes et eut chaque fois à en souffrir. Le 15 mai 1944, une jeune fille du Meynial fut blessée par une balle perdue ; on dut l’amputer d’un pied. Le 8 juillet, les Allemands cernèrent Laveissière et Fraisse-Haut et perquisitionnèrent dans toutes les maisons. le 26 juillet, une colonne passant sur la route, tire dans la direction de Chambeuil : un vacher, occupé à traire, est blessé mortellement ; la rafale atteint aussi deux jeunes qui fuyaient : ils sont faits prisonniers et emmenés à Aurillac ; une maison du village est incendiée, relate Jules Frédéric de Laveissière de Lavergne, directeur de "La Semaine Catholique de Saint-Flour" de 1942 à 1950. Les journées les plus tragiques furent celles des 12 et 13 août 1944. Les Allemands venaient de quitter définitivement Aurillac, emmenant avec eux un groupe de miliciens et leurs familles. Ils furent attaqués avant et après Le Lioran par les FFI, postés sur les deux côtés qui dominent la route ; et comme le pont de Pierre-Taillade avait été coupé, la colonne était immobilisée entre le tunnel et ce pont. Alertés par radio, les forces de Clermont envoyaient le 13 août au soir 4 avions qui bombardaient successivement Lioranval, Fraisse-Haut et Laveissière. Il y eut 11 maisons brulées à Fraisse-Haut, 3 maisons endommagées par les bombes à Laveissière ; 5 vitraux de l’église furent détruits et 4 brisés en partie. La population avait fui : c’est ce qui explique qu’il n’y ait pas eu de victimes ; mais 20 de ses habitations furent pillées. »
Le 21 août 1944 est déclaré le décès de Clovis Avril à Fraisse-Haut. Il avait 57 ans. Handicapé depuis sa blessure de 14-18, n’a-t-il pas pu s’échapper lors des bombardements des 13 ou 14 août ? Est-il mort dans l’incendie de sa maison à Fraisse-Haut ? La mention Mort pour la France est apposée sur l’acte de décès et son nom est gravé sur le monument aux Morts de la commune ainsi que sur celui de Les Hautes-Rivières.
Sources

SOURCES : Mgr de La Vaissière, Les journées tragiques dans le diocèse de Saint-Flour, Imprimerie Clavel, Saint-Flour 1944. — Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993. — Favier, Lieux de mémoire et monuments du souvenir, Albédia, Aurillac 2007. — État civil (AD 15, AD 08). — MémorialGenWeb.

Patrick Bec

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