Né le 29 juillet 1923 à Grenoble (Isère) ; sommairement exécuté le 22 avril 1944 à La Buisse (Isère) ; chapelier ; victime civile

Eugène, Charles, Michel Hernandez était le fils d’Eugenio et de Joséphine, Olympe Comte.
Il exerçait la profession de chapelier.
Il épousa Raffaela Iola. Ils habitaient à Grenoble.
Dans la nuit du 20 au 21 avril 1944, Ernest Jourdan, chef de la Milice de Voiron (Isère), et sa famille furent exécutés par des membres de la Résistance.
Très probablement en représailles, Eugène Hernandez fut arrêté le 21 avril 1944 à Voiron par des membres de la Milice.
Dans la nuit du 21 au 22 avril 1944, deux hommes furent sommairement exécutés par des rafales de mitraillette sur le chemin de grande communication n°120, au lieu-dit "Le Gay" situé sur la commune de La Buisse (Isère).
Le procès-verbal établi par la brigade de gendarmerie de Voreppe (Isère) rapporte les éléments suivants : Des coups de feu furent entendus vers minuit trente.
Vers 2h15 du matin, Victor Thomas, requis comme grade-voie, qui allait prendre son poste à la gare de Moirans (Isère), chuta de sa bicyclette en butant sur un cadavre.
En se relevant, il remarqua la présence d’un second cadavre.
Il fit le nécessaire pour que les gendarmes soient prévenus.
Ceux-ci, arrivés sur les lieux, constatèrent que l’une des victimes avait été exécutée d’une rafale d’arme automatique de calibre 7,65 tirée verticalement dans le dos des fesses à la tête.
Le second cadavre était lui aussi criblé de balles dont l’une, tirée par derrière, avait traversé la tête.
La description soigneuse des victimes fut complétée par l’examen d’un médecin légiste qui se rendit à La Buisse avec des représentants du Parquet de Grenoble.
L’identité de la première victime reste inconnue à ce jour.
La seconde victime fut décrite comme suit :
« Âge présumé : 20 ans, 1m62 environ, cheveux châtain, visage ovale, teint blafard, vêtu d’une veste marron pointillé de blanc, d’un pantalon bleu de travail, usagé, et d’un second pantalon de coutil gris. Chaussé de souliers bas noirs très usagés. Porteur d’une chemise blanche et bleue.
Signes particuliers : porte une cicatrice de 7 cm à l’occipital gauche et des grands cheveux peignés en arrière.
 »
Son annulaire gauche portait une alliance en cuivre et une chevalière en métal chromé portant les initiales H.E.. Sa montre était arrêtée à 5h45. Dans sa poches on retrouva une pipe, un briquet, un trousseau de clés, un couteau de poche et un porte-monnaie.
Le rapport de gendarmerie indiquait aussi que le médecin légiste affirma que les deux victimes étaient de " race Israëlite ", sans préciser sur quoi il basait cette assertion.
Cette seconde victime fut identifiée par sa famille comme étant Eugène Hernandez et l’acte de décès rectifié en conséquence.
Enterré tout d’abord dans le cimetière communal de La Buisse, Eugène Hernandez fut ensuite inhumé à Charavines (Isère) d’où sa mère était originaire.
Sa tombe porte la mention "lâchement assassiné par les miliciens".
Sources

SOURCES : Arch. dép. Rhône, Mémorial de l’Oppression : 3808W 406 et 441 — http://www.francegenweb.org

Jean-Luc Marquer

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