Né le 29 novembre 1901 à Venaco (Corse, Haute-Corse), exécuté sommairement le 9 août 1944 à Saint-Symphorien, commune de Tours (Indre-et-Loire) ; chef radio ; résistant du réseau Marco Polo, BCRA.

Jules Costa était le fils de Antoine Costa, maçon âgé de 32 ans et de son épouse Marie Camille Mattéoli, 21 ans au moment de sa naissance, ménagère. Il se maria dans sa commune de Venacco le 10 mai 1927 avec Antoinette Colonna née le 3 juin 1908 à Moltifao en Corse ; leur fils Jean naquit à Marseille le 20 février 1928.
Diplômé du Certificat d’études primaires, radio-électricien, il s’était engagé dans l’Armée en 1917 et appartenait à une unité de la Marine à Toulon comme quartier maître radio, chasseur de sous-marin. Il travailla ensuite dans la Marine marchande. Il vécut 8 ans à Tanger (Maroc) mais on ne sait à quelle date.
Il fut premier radio-navigant de l’Aéropostale en 1928 puis muni d’un brevet radio, il continua sa carrière en tant que chef radio dans l’entreprise devenue en 1933, la Compagnie Air-France , dans laquelle il était affecté spécial en 1939-1940 au grade de capitaine. Le couple était domicilié 2 Square Jean Thébaud à Paris.
Pendant l’Occupation, il demanda une carte d’alimentation à Carcassonne (Aude), mention écrite sur son acte de naissance.
Jules Costa appartenait au groupe Baobab du réseau de résistance Marco Polo, réseau de renseignement à destination de Londres créé fin 1942 à Lyon, réunissant un nombre important de Tourangeaux et Tourangelles. Leurs actions étaient multiples, aide au passage de la ligne de démarcation, hébergements de résistants, fabrications de faux papiers, participation aux opérations aériennes. Son dossier de résistant indique également une appartenance au réseau Brutus en octobre 1942 recruté par Louis Piboulot auquel il succéda.
Au début 1944, il était l’organisateur de tout ce qui concernait les liaisons radio, en juin 1944 il devint le chef de groupe notamment chargé du paiement des membres (17) et de l’administration du groupe Baobab.
Jules Costa fut arrêté le 22 juillet 1944 et conduit 17 rue George-Sand à Tours, siège de la Sipo. Incarcéré dans la prison rue Henri-Martin, Jules Costa, les camarades de son réseau et d’autres prisonniers en furent extrait le 9 août et conduits au camp d’aviation de Parçay-Meslay. Après leur exécution par balles, les 26 corps furent sommairement enfouis dans des trous de bombes.
C’est fin août, du 26 au 29, que leurs corps furent découverts, sans papier d’identité, puis inhumés au cimetière de Saint-Symphorien après des obsèques officielles.
Sa femme Antoinette Colonna arrêtée avec lui fut déportée le 10 août par le dernier convoi parti de La Ville-aux-Dames à proximité de Tours dans un train qui parvint à Belfort le 15 août. L’un des derniers convois de France occupée partit ensuite de Belfort le 29 août 1944, avec d’autres conjointes de fusillés de Saint-Symphorien. Elle revint de Ravensbruck ; la date de son retour est inconnue.
La mention - Mort pour la France- a été apposée à son acte de décès. Il a été homologué capitaine au titre des FFC par décret du 26 avril 1948 (JO du 12 mai 1948), et reconnu Interné résistant par décision du 26 mai 1954.
 
Dans le cimetière Saint-Symphorien à Tours (partie nord) un monument a été édifié « À la mémoire des 26 victimes de la barbarie allemande fusillées au camp d’aviation de Saint-Symphorien - le 9 août 1944 ». Son nom est également gravé sur le monument « Aux martyrs de la résistance d’Indre-et-Loire », érigé à l’entrée de la base aérienne 705 de Tours.
En Corse, le nom de Jules Costa est gravé sur les monuments de Venaco et de Bastia situé dans le cimetière.
Saint-Symphorien – Tours (Indre-et-Loire) 9 août 1944
Sources

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 144271 et GR 28 P 4134 187. — GR 28 P 11120 (nc). — État civil de Venaco, 10 avril 2019, recherches d’Hélène Biéret.— MémorialGenweb.

Annie Pennetier

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