Le 1er août 1944, une colonne allemande traversant Montalieu-Vercieu (Isère) fut la cible d’un coup de feu tiré par un maquisard.
Les soldats allemands ripostèrent et tuèrent deux résistants et quatre civils à Montalieu-Vercieu et deux résistants dans la commune voisine de Porcieu-Amblagnieu (Isère).

Stèle, Montalieu-Vercieu (Isère), rue du 1er août
Stèle, Montalieu-Vercieu (Isère), rue du 1er août
Source : Geneanet, licence CC-BY-NC-SA 2.0 Creative Commons
Stèle, Porcieu-Amblagnieu (Isère), RD 1075
Stèle, Porcieu-Amblagnieu (Isère), RD 1075
Source : Photographie Jean-Luc Marquer
Le 17 juin 1944, un groupe d’environ 250 résistants venu du Nord du département de l’Isère s’installa sur les rives du lac d’Ambléon (Ain) dans les contreforts du Jura.
Dirigé par Jo Peysson, un instituteur de Veyrins (aujourd’hui Veyrins-Thuellin, Isère), le maquis d’Ambléon (Ain), fut rattaché au secteur 7 de l’A.S. Isère.
Le 1er août 1944, un groupe de résistants du maquis d’Ambléon fut envoyé à Montalieu-Vercieu (Isère) avec pour mission de réquisitionner des véhicules automobiles.
Vers 13 heures, cinq d’entre eux vinrent se poster dans le jardin de la famille Signorini, à proximité de Montalieu-Vercieu, mais sur la commune de Porcieu-Amblagnieu, en bordure de la RN 75, au lieu-dit "Champlein", pour surveiller le trafic venant de Bourg (aujourd’hui Bourg-en-Bresse, Ain).
Mais vers 14h30, un convoi allemand fort d’environ 500 hommes venant du Vercors par Voiron (Isère) et Les Abrets (Isère) et se dirigeant vers Bourg traversa Montalieu-Vercieu. Les maquisards jugèrent alors judicieux de se replier mais un coup de feu tiré par l’un d’entre eux signala leur présence à l’ennemi.
Les soldats allemands descendirent alors des camions en tirant de tous côtés.
Certains résistants se réfugièrent sur les toits et l’un d’entre eux, Marcel Parisot, fut blessé. Il tomba dans la rue et fut égorgé par un soldat allemand.
Les soldats allemands se répandirent dans le bourg, pilllant, dévastant et violant quatre jeunes femmes.
Après leur départ vers 18 heures, le curé de Montalieu découvrit cinq cadavres dans un champ voisin du presbytère. Quatre étaient ceux d’habitants de la commune : Ange Adami, Désiré Barnasson, Paul Varvier et Guido ou Guy Vigano, le cinquième était celui d’un résistant du maquis d’Ambléon : Marcel Amevet.
Les victimes habitant la commune, dont plusieurs avaient des activités dans la Résistance mais qui n’avaient pas pris part à l’engagement, avaient été mitraillées alors qu’elles s’enfuyaient, puis achevées par balles, certaines portant en outre des traces de coups.
Marcel Amevet, blessé lui aussi par balles, avait subi de nombreuses violences perimortem.
Dans le même temps, vers 16 heures, un groupe d’une trentaine de soldats allemands arriva de Montalieu en prenant à revers les maquisards en avant-poste à Champlein.
Les corps de Jo-René Comeau et Joseph Humbert furent trouvés après le départ des Allemands sans que l’on puisse déterminer les conditions exactes de leur mort.
Un monument fut érigé en bordure du champ où furent trouvées cinq des des six victimes de Montalieu-Vercieu et la rue prit le nom de "rue du 1er août".
Un autre monument fut édifié à Porcieu-Amblagnieu le long de la RN 75, à proximité du lieu des décès de Joseph Comeau et Joseph Humbert.
Les noms des huit victimes figurent également sur le monument commémoratif du maquis d’Ambléon et sur la partie consacrée au secteur 7 de l’AS Isère du monument aux morts de Bourgoin-Jallieu (Isère).


Liste des victimes :
MONTALIEU-VERCIEU :
ADAMI Ange
AMEVET Marcel
BARNASSON Louis, Désiré
PARISOT Marcel
VARVIER Paul
VIGANO Guido ou Guy
PORCIEU-AMBLAGNIEU :
COMEAU Joseph, René
HUMBERT Jean, Joseph
Sources

SOURCES : Arch. dép. Rhône et Métropole, Mémorial de l’oppression 3808 W 560 et 582 — Françoise et Robert MICOLAUD, Le maquis d’Ambléon, ANACR Morestel et AMARA, 2015 — Mémorial GenWeb — Geneanet —

Jean-Luc Marquer

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