Né le 23 février 1914 à Quimper (Finistère), exécuté sommairement le 20 juin 1944 à Saint-Paul-des-Landes (Cantal) ; photographe ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Victor, Marie Guéroc était le fils de Victor, Alexandre Guéroc et de Marie, Yvonne Manach. Il épousa à Charenton (Seine) le 26 octobre 1940 Thérèse, Louise Liefferinckx, originaire de Marchiennes (Nord).
Après avoir été aviateur, radio-volant de l’aéro-navale, il s’installa comme photographe à Riom-ès-Montagnes (Cantal) et vécut à Collandres, commune située à quelques kilomètres de Riom-ès-Montagnes.
A partir du 5 avril 1944, il devint adjudant FFI. Il appartenait au groupe Franc-Tireur Greco sous le nom de guerre "Dahu". Ses compétences en radio, photographie et sa connaissance de l’allemand se sont avérées très utiles au service du SR.
Il est tombé aux mains de l’ennemi au cours d’une mission.
Une colonne allemande composée d’une centaine de véhicules venant de la Margeride et ne pouvant emprunter la route nationale 122 obstruée par le maquis, prit la route du Puy Mary pour rejoindre Tulle (Corrèze). Arrivés au Pas de Peyrol, les Allemands descendirent vers le Bois Mary et durent s’arrêter au tournant du Puy de la Tourte : les FTPF avaient fait sauter le mur de soutènement et les voitures ne pouvaient plus passer.
Ils firent demi tour et prennent la direction d’Aurillac. Le 19 juin 1944, entre le Pas de Peyrol et Mandailles, ils capturèrent trois maquisards, les deux frères Jean-Marie et Raymond Roux, Oswald Ortis, d’origine espagnole, ouvrier au barrage de l’Aigle où était implanté un maquis de l’ORA. Plus loin Victor Guéroc, ancien aviateur, photographe à Riom-ès-Montagnes (Cantal), qui recherchait le gendarme Lagrange tué la veille, fut intercepté à son tour. Tous les quatre furent conduits à Aurillac.
Le lendemain 20 juin 1944, vers 10 heures, la colonne allemande poursuivit sa route vers Tulle en emmenant les prisonniers. Au cours d’un arrêt dans le bourg de Saint-Paul-des-Landes, les captifs enchaînés reçurent l’ordre de descendre du véhicule et furent conduits devant le cimetière. Là, ils furent alignés dans le fossé face à la porte d’entrée et abattus par deux rafales de mitraillettes dans le dos. Puis la troupe repartit.
Le maire de Saint-Paul-des-Landes, Monsieur Clamagirand, décida de faire à ces quatre morts anonymes des funérailles solennelles auxquelles assista toute la population saint-pauloise. « Si les Allemands viennent, personne ne bouge », telle était la consigne des autorités municipales.
Victor Guéroc avait 30 ans lorsqu’il a été tué avec Jean Marie Roux, Denis, Raymond Roux et Osvald, Louis Ortis. Il a été déclaré Mort pour la France. Il a été identifié grâce à l’alliance qu’il portait. Il a été distingué par la croix de guerre à titre posthume.
Le nom de Victor Guéroc est inscrit sur la plaque commémorative du Col de Néronne et sur la stèle du cimetière de Saint-Paul-des-Landes. Son nom est également gravé sur le monument aux Morts de Collandres (Cantal).
Sources

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 275328. Dossier de résistant Victor Marie Guéroc (nc) .— AVCC Caen, AC 21 P 621017. Dossier Victor Marie Guéroc (n) .—Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 54 et 908 W 55 : enquêtes pour crimes de guerre .— Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— Jean Favier, Mémorial du réduit de la Truyère, Aurillac, Union des ACVG - CVR du Cantal, Musée de la Résistance d’Anterrieux, 2008 .— site Internet www.xaintrie-passions.com .— Jean-Louis Salat, L’Aigle sur Dordogne, Quota éditeur 1987 .— MémorialGenWeb .— AD 15 (État civil, état nominatif des cadres du corps franc Greco)

Patrick Bec

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