Dans la nuit du 13 au 14 novembre 1943, un résistant, Aimé Requet fit sauter le dépôt de munitions et de matériel du Parc d’artillerie de Grenoble (Isère), ordinairement appelé le Polygone.
Les Allemands, ulcérés, multiplièrent les patrouilles, lesquelles tirèrent sans sommation sur des civils qui cherchaient à quitter leur domicile sinistré ou qui faisaient leur travail.

Dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 novembre 1943, à 0h40, la première d’une série d’explosions formidables retentit dans Grenoble (Isère) et fut entendue jusqu’à 50 kilomètres à la ronde.
Cent cinquante tonnes de munitions et plus de mille tonnes de matériel militaire furent détruits.
Cet exploit fut l’œuvre de deux militaires de carrière, le capitaine Louis Nal et l’adjudant-chef Aimé Requet, qui, membres de l’armée d’armistice, avaient été affectés au Parc d’artillerie de Grenoble.
Très vite ils avaient rejoint les rangs de la Résistance, au sein de l’Organisation de Résistance de l’Armée (O.R.A.), et particulièrement au camouflage du matériel (CDM).
Le 13 novembre dans l’après-midi, affaibli par la tuberculose qui le rongeait, Louis Nal ne put apporter les crayons allumeurs nécessaires. C’est sa femme qui s’en chargea, et vers 17 heures, Aimé Requet les plaça dans les caisses de poudre et de munitions.
Puis il rejoignit Louis Nal.
L’attente cessa à 0h40 quand la première explosion signa leur réussite. Trois heures durant retentirent des déflagrations dont les ondes de choc brisèrent des milliers de vitres dans l’agglomération grenobloise et dévastèrent les logements proches.
Dès le début, les Allemands furent sur les dents, persuadés d’une attaque d’envergure.
Les patrouilles, très nerveuses, firent à plusieurs reprises usage de leurs armes et six victimes furent dénombrées.


Liste des victimes :
ALLARD Albert
CHATONNAY Abel
JARDON Olga, née NARDINO
NARDINO Teresa, née LAZZAROTO
PARRAT Henri
REVOL Marie, née PÉPIN
Sources

SOURCES : Arch. dép. Rhône et Métropole, Mémorial de l’oppression, 3808 W 406 et 496 — Pierre Giolitto, Grenoble 40-44, Perrin, 2001

Jean-Luc Marquer

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