Né le 13 novembre 1893 à Wiège-Faty (Aisne), tué le 10 juillet 1944 à Fourmies (Nord) ; résistant ORA.

Fils d’Eugène Ghislain Édart, avocat âgé de vingt-neuf ans, domicilié à Avesnes-sur-Helpe (Nord), et de son épouse Émélie Gabrielle Hécart, sans profession, âgée de vingt-huit ans, Henri Édart naquit au domicile de son grand-père maternel, Narcisse Alphonse Hécart, cultivateur dans la commune de Wiège-Faty, âgé de cinquante-cinq ans.
Il se maria le 20 novembre 1926 à Genlis (Côte-d’Or), avec Marie Louise Mouillot (1901-1976). Le couple se sépara à Sidi-Bel-Abbès (Algérie) le 6 novembre 1933.
Lors de son recensement militaire, Henri Édart était étudiant et vivait chez ses parents, à Avesnes. Le 4 avril 1913, il contracta un engagement volontaire pour trois ans à la mairie d’Avesnes, au titre du 29e régiment de dragons, où il arriva le surlendemain. Il fut promu première classe le 12 décembre suivant, puis brigadier le 7 février 1914, et maréchal des logis le 2 août. Il fut cité à l’ordre de la 8e armée le 14 (mois illisible) : « le 19 octobre a mis pied à terre sous un [feu des] plus violents pour proposer son cheval à son [officier supérieur dont le grade est illisible] démonté et a insisté longuement pour le lui faire [accepter]. Étant remonté à cheval, a mis pied à terre à nouveau pour aider un chef d’escadron à relever un blessé et a aidé cet officier supérieur à remonter à cheval ». Henri Édart obtint la croix de guerre avec palme de bronze. Il obtint en outre le grade de sous-lieutenant à titre temporaire, le 20 février 1915, et fut affecté au 67e régiment d’infanterie. Il fut cependant blessé le 24 avril 1915 à la Tranché de Calonne, dans la Meuse (plaie en séton par balle à la cuisse gauche).
Le 26 décembre de la même année, son grade lui fut confirmé à titre définitif. (décret du même jour). Il fut promu lieutenant à titre temporaire le 8 avril 1916 (JO du 17 avril 1916) à compter du 2, puis capitaine (aussi à titre temporaire) le 17 novembre suivant (JO du 24 novembre 1916) à compter du 10. Entre temps, Henri Édart avait obtenu une nouvelle citation (voir ci-dessous), à l’ordre de la division (n° 3251), le 2 juillet 1916, malheureusement illisible. [ill.] et a su maintenir très élevé le moral de ses hommes malgré les [ill.} extrêmement [ill.] repoussé victorieusement à deux [reprises] différentes les 21 et 23 juin 1916 trois assauts successifs menées par des forces [ill.] très supérieures en nombre et leur a infligées des pertes très élevées. Croix de guerre, étoile d’argent ». Henri Édart fut décoré de la Légion d’honneur par décret du 13 août 1914 [une erreur est ici probable], pour prendre rang au 2 juillet 1916 (JO du 2 août 1916) : « a commandé pendant 5 jours consécutifs une compagnie en première ligne et a su maintenir très élevé le moral de ses hommes malgré les pertes causées par un bombardement extrêmement violent. A repoussé victorieusement, à deux reprises différentes, les 21 et 23 juin 1916, trois assauts successifs menés par des forces ennemies très supérieures en nombre, et leur a infligé des pertes très élevées ».
Il fut l’objet d’une autre citation, à l’ordre du 6e corps (ordre n° 287 du GGA du 24 novembre 1916) : « officier d’un magnifique courage et d’un élan superbe a parfaitement bien entraîné sa compagnie à l’attaque du 25 septembre 1916, malgré un barrage d’artillerie intense et des feux de mitrailleuses des plus violents. Le 13 octobre suivant, dans des conditions très difficiles, a amené sa compagnie jusqu’à quelques mètres des tranchées ennemies et s’est maintenu sur une position avancée malgré une contre-attaque de l’adversaire. Croix de guerre, étoile vermeille ».
Il en obtint une autre, toujours au titre du corps d’armée, le 8 juin 1917 : « jeune capitaine d’une superbe bravoure, magnifique entraîneur d’hommes. A repoussé plusieurs contre-attaques allemandes les 5 et 6 mai 1917 et a été grièvement blessé. Croix de guerre, étoile de vermeil ». Cette blessure lui fut infligée le 6 mai sur el Chemin des Dames : « plaie pénétrante de poitrine par balle ».
Le grade de lieutenant fut confirmé par décret du 20 mars 1918 (JO du 25 mars), à compter du 31 décembre 1917. Henri Édart obtint une nouvelle citation, à l’ordre de l’armée, le 16 avril 1918 (JO du 17 mai 1918) : « chargé d’organiser en fin de combat avec les éléments les plus divers, un centre de résistance, s’y est défendu avec une énergie désespérée. Écrasé par des forces énormes, s’est retiré en combattant sans se laisser enfoncer et s’est rétabli sur une nouvelle ligne de résistance improvisée ».
De la même façon, il devint définitivement capitaine le 24 septembre 1918, et passa à l’état major du 12e corps d’armée le 16 septembre. Le 18 octobre, il passa au 171e régiment d’infanterie. Il participa alors à l’occupation des pays rhénans (24 octobre 1919 au 15 avril 1926. Entre temps, il fut promu officier de la Légion d’honneur le 16 juin 1920 (JO du 13 avril 1921). Henri Édart reçut également la médaille commémorative de la Grande Guerre, la médaille interalliée de la Victoire, et la croix du mérite italien.
Il passa au 166e le 17 mars 1921, et au 8e le 28 février 1924, avant d’être mis à la disposition du général commandant supérieur des troupes du Maroc (JO du 16 mars 1926). Henri Édart passa au 3e régiment étranger (7 mai 1926). Il participa aux opérations militaires contre les tribus révoltées lors de la guerre du Rif. Il obtint la médaille coloniale, agrafe « Maroc 1925-1926 » (brevet 436 430).
Henri Édart fut ensuite affecté dans d’autres régiments : 67e régiment d’infanterie (18 mai 1928), 1er régiment étranger (9 juillet suivant), au 5e régiment étranger (24 février 1930). Il fut ensuite rapatrié et revint au 1er régiment étranger le 13 septembre 1932. Henri Édart fut promu chef de bataillon à compter du 25 mars 1934 (JO du même jour). Libéré du service militaire le le 4 avril 1940, il fut ensuite affecté au 6e régiment étranger au Levant (25 juillet 1939).
Les états de services militaires d’Henri Édart s’arrêtent à ce moment-là. Rien n’est précisé sur son activité dans la Résistance.
Dans un historique consacré à la 13e demi-brigade de la Légion étrangère pendant la seconde guerre mondiale, l’auteur évoque des faits qui concernent les régions du Levant, à savoir « une mutinerie de travailleurs espagnols [qui] éclate au 11e bataillon de volontaires étrangers. Cette formation, constituée au camp de Barcarès, a débarqué à Beyrouth le 15 avril 1940 pour être rattachée au 3e bataillon du 6e R.E.I. stationné à Baalbek. Sur la demande expresse du colonel de Larminat, le commandant Edart, chef du 1er bataillon, intervient pour éviter que le désordre ne soit mis sur le compte de la « dissidence ».
Entre temps, le contre-ordre du général Mittelhauser renverse totalement la situation. Le départ pour la Palestine est donc ajourné. C’est ainsi que l’entendent les nombreux cadres et légionnaires qui cachent mal leur dépit, mais obéissant aux ordres. Le commandant Edart, très confiant dans l’avenir, les encourage à garder le moral, il n’a pas perdu l’espoir de reprendre le combat. Tel est aussi l’avis du commandant Taguet du 3e bataillon.
Quelques jours passent. Les unités du 6e R.E.I. qui s’étaient rapprochées de la frontière palestinienne rejoignent leurs cantonnements, à l’exception du 1er bataillon jugé anglophile par le commandement. Il est dirigé vers Damas où il sera surveillé jusqu’en septembre ».
Lieutenant-colonel, Henri Édart fut reconnu « mort pour la France » des « suites de ses blessures » (AC 21 P 178889) à titre militaire (FFI). Il fut également homologué (GR 16 P 207495) au titre des FFI, et obtint la médaille de la Résistance à titre posthume, par décret du 14 juin 1946 (JO du 11 juillet 1946). Henri Édart fut décoré de la croix de guerre 1914-1918 et 1939-1945, ainsi que de la Légion d’honneur (dossier non retrouvé dans la base Léonore).
Le cas d’Henri Édart a suscité une polémique après la Libération. Il aurait été abattu par la Résistance en raison de sa traîtrise.
Son nom figure sur le monument aux morts de Monceau-sur-Oise (Aisne), ainsi que sur une stèle commémorative à Wiège-Faty. La commune a décidé de donner à une place le nom de « Lieutenant-colonel Édart Henry ».
Sources

SOURCES. SHD, Caen et Vincennes. Arch. dép. Aisne, 5Mi1657 (état civil de Wiège-Faty, 1893). Arch. dép. Nord, 1R 3125 (reg. matr., n° 247, bureau d’Avesnes). — Sites Internet : Mémoire des hommes ; Mémorial GenWeb ; Geneanet. — André-Paul Comor, L’Épopée de la 13e demi-brigade de Légion étrangère, 1940-1945, Nouvelles éditions latines, 1988, 463 pages

Iconographie
ICONOGRAPHIE. Mémorial GenWeb ; FB « L’Aisne occupée »

Frédéric Stévenot

Version imprimable