Née le 15 mars 1885, massacrée le 16 août 1944 à Troissereux (Oise) ; victime civile.

Berthe Degroote, épouse de Jules Degroote, 59 ans, fut abattue le 16 août 1944 à Troissereux peu après son époux dans la ferme du Château.
Dans son édition du 6 septembre 1944, le journal L’Oise Libérée rapporta l’élément déclencheur de la tragédie du 16 août 1944 : « C’est vers 2h30 qu’une attaque fut menée, aux dires des tortionnaires, contre les sentinelles gardant le château Saint-Maurice. Un sous-officier avait été, paraît-il, légèrement blessé à la main par un coup de feu et, par ailleurs, une patrouille avait essuyé des coups de feu tirés de la ferme de M. Degroote, maire ».
Bien qu’impossibles à vérifier, ces faits furent suivis d’un enchaînement tragique. Vers 3 heures du matin, les soldats allemands, qui occupaient le château, pris de boisson pour certains, et craignant une attaque « terroriste », se rendirent à la ferme et enfoncèrent la porte. Ils abattirent le chien puis tuèrent Jules Degroote. Son épouse Berthe (59 ans) et leur fille Suzanne (19 ans), descendues de leur chambre en chemise de nuit, furent abattues peu après, puis leurs deux employés. Le massacre se poursuivit dans le hameau, trois hommes dans la rue puis quatre hommes dans la cour de la ferme Degroote tués aux fusils-mitrailleurs. Les Allemands emportèrent les chevaux, les vaches et les récoltes de céréales de la ferme.
Les corps des victimes furent transportés à la caserne Agel de Beauvais.
Ramenés à Troissereux le 3 septembre, les cadavres des treize habitants massacrés furent inhumés deux jours plus tard. La famille Degroote repose au cimetiète de Troissereux.
Le témoignage de la population permit d’identifier deux unités d’instruction de l’infanterie d’aviation dépendant de la Luftwaffe et revenant du front Normandie. Le numéro L62011-F désigne Stab II Luftgau-Feld-Regiment Belgien/Nordfrankreich (mot.) 22 dont la mission concernait les activités administratives d’une zone aérienne (la défense aérienne, les transmissions, le recrutement et le personnel de réserve). Dans ses rangs, un sous-officier dénommé Whilhem Schmitz fut identifié comme l’assassin du maire de Troissereux et du docteur Hébert.
Les deux interprètes furent aussi identifiés : le caporal Berron (ancien professeur d’allemand en France avant-guerre) et Théodore Vogth (d’origine alsacienne) qui avait trié les hommes de Troissereux.
Marquée par ces événements, la commune de Troissereux décida de renommer la rue principale « rue du 16 août » et de rendre hommage à ses 19 martyrs, victimes civiles mortes sous les balles des nazis, dans des lieux de souvenirs.
Une plaque commémorative fut apposée dans l’église de Troissereux, une autre sur la chapelle du hameau de Houssoy-le-Farcy, un monument aux 19 martyrs de Troissereux fut érigé sur la place tandis qu’une sculpture était scellée sur le mur de la ferme Degroote pour le cinquantenaire du massacre, le 16 août 1994.


Troissereux (Oise), 16-18 août 1944
Sources

SOURCES : Archives départementales de l’Oise, Rp952.— Jean-Pierre Besse, Jean-Yves Bonnard, Rafles et massacres de l’été 44, CDDP de l’Oise, 2012. — Jean-Yves Bonnard, Les communes décorées de l’Oise Croix de Guerre 39/45, ONACVG de l’Oise, 2016. — Monument des 19 martyrs à Troissereux.

Jean-Yves Bonnard

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