Le 8 juillet 1944, des troupes allemandes investirent avant l’aube la petite ville de Saint-André-le-Gaz (Isère). Deux des trois boulangers et huit employés de la S.N.C.F. furent sommairement exécutés. Trois autres personnes furent abattues sans que l’on en sache clairement la raison.

Monument commémoratif de Saint-André-le-Gaz (Isère)
Monument commémoratif de Saint-André-le-Gaz (Isère)
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https://railetmemoire.blog4ever.com/audigier-auguste "> Document commémoratif
Document commémoratif
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C’est à Saint-André-le-Gaz que bifurque la voie ferrée venant de Lyon vers Grenoble (Isère) ou Chambéry (Savoie). La gare de la commune constitue de ce fait un noeud ferroviaire important.
Le 7 juillet 1944, un groupe de maquisards du maquis de La-Frette (Isère) fit sauter le château d’eau du dépôt S.N.C.F et le pont tournant des locomotives. En fin d’après-midi, ils firent aussi dérailler des wagons au niveau du passage à niveau des "Fontaines", rendant la circulation des trains impossible en direction de Chambéry.
Un train de marchandises destinées aux troupes allemandes de la région grenobloise qui se trouvait immobilisé en gare fut pillé et les provisions distribuées aux habitants, tabac et farine notamment.
De la farine fut apportée aux trois boulangers du village avec ordre de faire cuire du pain.
Le 8 juillet 1944, avant l’aube, des troupes allemandes venues de Bourgoin (aujourd’hui Bourgoin-Jallieu, Isère) et de Lyon (Rhône) et accompagnées de miliciens encerclèrent et investirent la commune.
Trois soldats allemands se rendirent chez le maire de la commune et l’obligèrent à coups de crosse à les accompagner, à demi-vêtu, chez les jeunes habitants de la commune considérés comme suspects et chez les boulangers.
Les maisons furent perquisitionnées et les personnes suspectes emmenées près de la gare.
Deux des boulangers, Alexandre Bertholet et Joseph Vallin, chez qui fut trouvée la farine apportée par les FFI, furent arrêtés et maltraités. Alexandre Bertholet fut même torturé dans le garage de l’hôtel Comaille.
Leur fournil et leur logement furent incendiés. Le troisième qui était au repos et avait son four éteint échappa au pire.
Les deux boulangers, le fils de l’un et le mitron de l’autre ainsi que la sœur du troisième furent arrêtés.
Trois personnes furent abattues : Jean LESCURE, un maquisard originaire de la-Tour-du-Pin (Isère), abattu derrière l’école alors qu’il essayait de se cacher dans un arbre ; Louis JAHARD, de passage à Saint-André-le-Gaz, qui fut abattu au pied de l’escalier de l’hôtel où il résidait sans que l’on en sache la raison ; Maurice GONON, qui fut abattu dans son champ, près des "Fontaines", peut-être parce qu’il se montrait trop curieux des wagons déraillés à proximité.
Six employés de la S.N.C.F. venus du dépôt de Chambéry (Savoie) et se rendant au Grand-Lemps (Isère) pour remplacer une équipe de relevage de matériel déraillé et qui, en raison des sabotages avaient passé la nuit dans leur wagon dans la gare de Saint-André-le-Gaz, furent arrêtés et accusés d’être des "terroristes".
Deux autres employés de la S.N.C.F., qui étaient en poste à Saint-André-le-Gaz furent également arrêtés pour les mêmes motifs.
Vers dix heures, les deux boulangers et les huit employés de la S.N.C.F. furent fusillés contre un mur de la gare dans la cour "petite vitesse".


Victimes abattues :
Maurice GONON
Louis JAHARD
Jean LESCURE


Victimes sommairement exécutées :
Boulangers
Alexandre BERTHOLET
Joseph VALLIN
Employés S.N.C.F.
Auguste AUDIGIER
Jean CAILLE
Charles CATTIN
Maurice CHENAL
Auguste DESORMIÈRES
Élie FUSTIER
Jean FONTAINE
Paul VACHEZ


Parmi les autres habitants de la commune arrêtés, plusieurs furent déportés. Un seul revint.
Un monument fut érigé à proximité du lieu de l’exécution et la rue de la gare porte le nom de rue des Martyrs du 8 juillet 1944.
Sources

Jean-Luc Marquer

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