Né le 28 mai 1899 à Paris XXème arr. (Seine), massacré le 25 août 1944 à Maillé (Indre-et-Loire) ; employé SNCF ; victime civile.

Paul Millory était le fils d’Ernest, Alfred Millory (né le 1er avril 1875 à Saint-Jouin-de-Marnes, Deux-Sèvres), coiffeur et de Pauline, Adelaïde, Eugénie Fourneaux (née le 9 novembre 1870 à Paris XIXème arr.) passementière. Il fut reconnu et légitimé avec sa sœur Louise, Gabrielle née le 29 juin 1900 à Paris, lors du mariage de leurs parents à la mairie du Xème arrondissement, le 25 octobre 1900. La famille vint peu après s’installer dans la Vienne à Moncontour (commune limitrophe de Saint-Jouin-de-Marnes). Ernest Millory combattit de 1914 à 1918, démobilisé le 28 décembre 1918. Paul Millory, son fils, journalier agricole, soutien de famille pendant la guerre, ne fut appelé pour l’armée qu’en avril 1920, effectuant son service militaire jusqu’en mars 1922 dans un régiment d’infanterie. Il se maria après son retour le 25 juillet 1923 à Moncontour avec Élise, Pauline Bargeau (née le 15 septembre 1901 à Cherves, Vienne). Il entra en novembre 1925 aux Chemins de fer de l’État et occupa un poste de cantonnier à Souancé-en-Perche (Eure-et-Loir). Il occupa ensuite des postes de cantonnier dans la Vienne et enfin dans l’Indre-et-Loire (Loches, puis Maillé). Le couple eut cinq enfants, quatre garçons, Albert, Yvon, Lucien et Jean, et une fille Michelle dernière-née en 1943.
En 1944, la famille résidait à Maillé où Paul Millory était cantonnier principal. Son épouse Élise, employée SNCF comme garde barrière, mourut en février 1944 vraisemblablement remplacée à ce poste par son fils Yvon, devenu lui aussi employé SNCF. Le 25 août 1944, Paul Millory fut victime avec son quatrième fils Jean du massacre de Maillé. Dès neuf heures du matin le village de Maillé fut cerné par les troupes allemandes. Le massacre commença dans les champs, les jardins, les maisons et jusque dans les caves. Sur les 500 habitants que comptait Maillé, il y eut 124 victimes. Paul Millory se trouvait à Maillé sur la voie ferrée Paris - Bordeaux où se déroulait un chantier de réfection de la voie. À l’arrivée des troupes allemandes, sur la route de Draché à Maillé, il se réfugia dans la cave du garde-barrière, Yvon Millory, son fils. Six personnes s’étaient dissimulées avec lui, la plupart travaillant à la voie ferrée, soit de l’entreprise Dupin, soit du personnel SNCF : Achille Barré, André Chevillard, Pierre Granet, Baptiste Sornin, Joseph Sondag et Auguste Thermeau. Découverts, les sept hommes furent emmenés au centre du bourg par deux soldats allemands. Alignés près de la poste de Maillé, ils furent abattus de plusieurs rafales de pistolet-mitrailleur et leurs corps brûlés avec des plaquettes de phosphore.
Il obtint la mention mort pour la France et reçut le titre d’Interné politique le 20 octobre 1954. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif aux 124 victimes dans le cimetière de Maillé. Il figure également sur la stèle commémorative SNCF de Maillé et, en gare de Sainte-Maure-Noyant, sur une plaque dédiée « A la mémoire des agents de la SNCF victimes de la barbarie nazie le 25 août 1944 à Maillé ».
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Indre-et-Loire, Seine et Vienne (état civil, registres matricules) — Thomas Fontaine (sous la dir.), Cheminots victimes de la répression 1940-1944, Paris, Perrin/SNCF, 2017 — Mémorial Genweb.

Michel Thébault

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