Né le 30 novembre 1902 à Gresse (aujourd’hui Gresse-en-Vercors, Isère), sommairement exécuté en représailles le 4 juillet 1944 à Gresse ; cultivateur ; résistant de l’Armée secrète, homologué Forces françaises de l’Intérieur et interné résistant

Monument aux morts 39-45, place de la Mairie, Gresse-en-Vercors, détail
Monument aux morts 39-45, place de la Mairie, Gresse-en-Vercors, détail
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Jean, Alexis Garnier était le fils de Rémy et de Maria Gachet.
Il épousa Germaine Limbert.
Il effectua son service militaire au 6e Régiment de Cuirassiers du 15 novembre 1922 au 4 mai 1924. Il participa à l’occupation des pays rhénans.
Il était cultivateur à Gresse depuis 1939 (aujourd’hui Gresse-en-Vercors, Isère), après dix années passées à Roybon (Isère).
En 1939 il fut affecté spécial comme scieur à la scierie Garnier de Gresse.
Il s’engagea dans la Résistance, rejoignant les rangs du secteur 4 Vercors-Trièves de l’AS-Isère.
Le 3 juillet 1944, au col de l’Allimas, deux camions allemands en reconnaissance dans la commune de Gresse (aujourd’hui Gresse-en-Vercors, Isère) furent attaqués par un groupe de F.F.I. et contraints de faire demi-tour.
Craignant l’habituelle opération de représailles, Gaston Faure jugea qu’il était plus prudent d’enlever les armes et les munitions que des résistants avaient déposées dans une maison inhabitée qu’il possédait au hameau de Ville.
Le 4 juillet 1944, Alexis Garnier, qui avait attelé son cheval à un tombereau, et Gaston Faure procédèrent au transfert et au camouflage des armes et munitions sans se douter que les Allemands occupaient déjà les hauteurs environnantes et les observaient à l’aide de jumelles, notant en particulier la couleur de la robe du cheval.
Vers 7 heures, deux cents soldats allemands envahirent la commune, occupèrent la Mairie et perquisitionnèrent les maisons et les fermes.
Ayant reconnu le cheval qu’ils avaient observé auparavant, ils arrêtèrent immédiatement Alexis Garnier qui fut conduit sur la place de la Mairie où se trouvaient réunis presque tous les hommes de la commune.
Des membres de la Gestapo venus de Grenoble procédèrent aux interrogatoires à l’issue desquels la plupart des hommes furent relâchés.
Ce ne fut pas le cas d’Alexis Garnier.
Outre ce dernier et Gaston Faure, les Allemands retinrent Raymond Cuchet, Marcel Martin-Dhermont et son frère Edmond Martin-Dhermont, maquisards qui avaient été dénoncés.
Vers 18 heures, les cinq hommes furent sommairement exécutés sur la place de la Mairie par les membres de la Gestapo qui les avaient interrogés.
Alignés le long d’une palissade, ils reçurent l’un après l’autre une balle dans la nuque, à l’exception d’Alexis Garnier, premier exécuté, qui se débattit et reçut la balle dans le cou.
Puis les corps affaissés reçurent une longue rafale de mitraillette.
Dès le départ des Allemands, les corps furent remis aux familles.
D’imposantes funérailles leur furent faites auxquelles assista toute la population de la commune et une partie de celle des communes avoisinantes.
Alexis Garnier obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué résistant, membre des Forces françaises de l’Intérieur, et interné résistant.
Il fut décoré de la Médaille de la Résistance à titre posthume.
Son nom figure sur le monument aux morts 1939-1945 de Gresse-en-Vercors et sur la plaque commémorative 1939-1945 apposée dans l’église de Gresse-en-Vercors.


Voir : Gresse


Notice provisoire
Sources

SOURCES : Arch. dép. Rhône et Métropole, Mémorial de l’oppression, 3808 W 415 et 544. — SHD Vincennes, GR 16 P 243989 (à consulter) ; GR 19 P 38/8. — AVCC Caen, AC 21 P 191209 et AC 21 P 611950 (à consulter). — Arch. Dép. Isère, RMM, 1R1654, fiche 805. — Mémoire des hommes. — Mémorial GenWeb. — Geneanet.

Jean-Luc Marquer

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