Né le 15 août 1925 à l’Isle-Jourdain (Vienne), exécuté sommairement par les Allemands le 1er août 1944 à Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme) ; étudiant ; agent de liaison des Forces françaises de l’intérieur (FFI) et de l’Armée secrète (AS) de Haute-Corrèze.

Antoine Joseph Marie Roh est né le 15 août 1925 à l’Isle-Jourdain (Vienne), de Henri Roh, architecte, né le 24 octobre 1889, et de Claire de Gorostarzu, née le 26 mars 1897 à Paris dans le VII° arr., sans profession. Ses parents se marièrent le 3 février 1920 au château familiale des Gorostarzu à Persac (Vienne). Il eut deux frères et une sœur.
A peine titulaire de son baccalauréat, Antoine Roh, en vacances dans sa famille à Neuvic en juillet 1944, souhaita rejoindre le maquis, en suivant l’exemple de son ainé. Vers le 25 juillet 1944, il devint ainsi agent de liaison au sein de la 1ère compagnie de la demi-brigade AS de Haute-Corrèze.
En 1944, en réaction au débarquement allié de Normandie le 6 juin et des rassemblements de milliers de maquisards sur différents réduits en Auvergne, l’occupant allemand avait dépêché une brigade « anti-maquis » portant le nom du général qui la commandait, Jesser. Cette brigade arriva en Auvergne le 6 juin et porta un rude coup à la résistance auvergnate lors des combats « ouverts » au Mont-Mouchet et à la Truyère. Elle se déporta vers l’ouest du Puy-de-Dôme et la Haute Corrèze par réaction à l’anéantissement par la Résistance d’une section du 95ème allemand de sécurité le 7 juillet dans les gorges du Chavanon. La brigade Jesser, arrivée sur les lieux le 9 juillet au soir, lança jusqu’à fin juillet des ratissages de l’ouest du Puy-de-Dôme, de la Corrèze et de la Creuse.
Le 31 juillet, ayant selon toute vraisemblance assimilé le village de Neuvic, en Corrèze, comme un centre important de la Résistance corrézienne, des éléments de la brigade Jesser cernèrent ce village pour y mener des arrestations et interrogatoires. Antoine Roh fut volontaire pour aller en mission de repérage de l’approche des troupes allemandes. Il fut capturé par des Allemands car il portait deux grenades sur lui.
C’est également lors de cette journée que furent faits prisonniers trois autres résistants : Icek Kohn, Zysja Gerstenzang et Georges Monéger.
Le matin du 1er août 1944, deux autres prisonniers, Joseph Lakuss pris à Meymac et Wladimir « Timo » Wawileiczinko pris à Saint-Rémy les jours précédents, furent joints aux quatre prisonniers capturés à Neuvic. Ils passèrent tous les six devant un simulacre de tribunal expéditif qui confirma leur maintien en détention et probablement leur transfert à Clermont-Ferrand.
Les éléments de la brigade Jesser opérant en Haute Corrèze avaient reçu l’ordre de refluer en direction de Clermont-Ferrand, notamment pour soustraire la légion tatare à la tentation de rejoindre le maquis corrézien dans la région d’Ussel et Meymac. Quant à la légion azerbaïdjanaise, elle devait rejoindre les autres unités de la brigade Jesser pour d’importantes opérations dans le Puy-de-Dôme. Le mouvement de retraite avait commencé le 30 juillet avec le départ du plus gros des effectifs de la Tatar-Legion qui avait ainsi formé un convoi d’environ 70 véhicules empruntant la RN89 en direction de Clermont-Ferrand. Cette colonne fut attaquée par la Résistance corrézienne (une section de la 5ème compagnie de la demi-brigade de Haute-Corrèze) sur la RN89, vers neuf heures le 30 juillet, deux kilomètres avant Eygurande. L’embuscade occasionna environ quarante tués et blessés chez l’ennemi et un seul blessé FFI.
Le convoi composé de légion azerbaïdjanaise et des derniers éléments tatars quitta Ussel le 1er août, transportant les 6 prisonniers de la Résistance corrézienne. Il fut quant à lui attaqué dans les gorges du Chavanon par une section de la 6ème compagnie de la demi-brigade de Haute-Corrèze vers quinze heures. Après avoir laissé passer quelques motos et voitures de tête de la colonne formée par environ 70 véhicules, les FFI corréziens attaquèrent précisément quatre camions de troupes avec bazooka et fusils mitrailleurs, les véhicules suivants prenant soin de les contourner. Le combat dura une vingtaine de minutes avant que les rescapés allemands ne décrochent. L’embuscade venait en effet d’occasionner 15 tués ou blessés parmi eux.
Après s’être extirpé de ce guet-apens, le convoi atteignit le village de Bourg-Lastic où il avait prévu de cantonner. Là, quelques véhicules de la légion azerbaïdjanaise quittèrent momentanément la RN89 pour bifurquer en direction de Messeix avec les six prisonniers et les fusillèrent vers dix-neuf heures dans un secteur éloigné de toute habitation, au lieu-dit les sapins, sur la commune de Bourg-Lastic, à coups de mitraillettes dans le dos. Cette exécution fut probablement réalisée en représailles de l’attaque des FFI Corréziens au Chavanon quelques heures auparavant.
Antoine Roh avait 18 ans et était célibataire. Il n’a pas de dossier aux Archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen ni de dossier d’homologation au Service Historique de la Défense à Vincennes.
Son nom figure sur une plaque commémorative du monument aux morts en face de la mairie de Neuvic et sur une seconde plaque commémorative du cimetière de Neuvic portant la mention « Résistants et Maquisards morts pour la France Neuvic 1943-1945 ». Il a été déclaré « Mort pour la France ».
Sources

SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 175 : Bourg-Lastic 1er août 1944. assassinats de prisonniers. — Louis Le Moigne et Marcel Barbanceys, Sédentaires, réfractaires et maquisards, L’Armée secrète en Haute-Corrèze, 1942-1944, 509 p. — Memorialgenweb. — Généanet. —État civil à Bourg-Lastic.

Laurent Battut

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