Né le 27 mars 1901 à Stenay (Meuse), exécuté sommairement le 28 janvier 1944 à Saint-Jeoire-en-Faucigny (Haute-Savoie) ; ingénieur ; résistant dans l’Armée secrète (AS).

Né dans une famille lorraine d’origine juive, Émile Salomon était le fils de Moïse Edmond et de son épouse Rosalie Lévy. Il fit de brillantes études et devint ingénieur. Il était marié avec Valentine Henriette Laplace et en poste à l’usine du Giffre durant la guerre.
Il rejoignit la Résistance locale aux côtés d’hommes comme Henri Plantaz*, Jean Carrier*, ou André Rubin-Delanchy. Il était chef de centaine et l’acte de décès en fait officiellement à la date du 3 mai 1957 un commandant F.F.I. (acte Saint-Jeoire 12/1944).
Le vendredi 28 janvier 1944, une voiture de l’A.S. avec à son bord Marcel Clavel, Robert Desbiolles et Alphonse Pasquier força un barrage allemand situé à l’entrée du village de Pouilly, installé là à la suite de l’enlèvement d’un douanier allemand. Un soldat fut tué. Blessés, les trois occupants maquisards tentèrent de s’échapper. Alphonse Pasquier grièvement blessé partit vers le bois du Turchon et Robert Desbiolles réussit à rejoindre une maison amie au hameau de Pouilly. Pendant ce temps, les Allemands avaient demandé du renfort à Annemasse et, vers 23 heures 30, cernèrent le village de Pouilly. Ils ouvrirent le feu contre les façades des maisons et firent sortir les gens. Les femmes et les enfants furent poussés vers le bas du hameau. Les projecteurs éclairaient la scène a giorno. Pierre Cornier* fut tué. Léon Parchet* fut frappé à mort par des S.S. qui l’achèvèrent de plusieurs rafales de mitraillettes. Jean Carrier*, grimpé sur le toit de sa maison, tira sur les soldats allemands avant de succomber sous le nombre. Des nazis fouillèrent la maison de madame Presset et découvrirent Robert Desbiolles*. Ils brutalisèrent sauvagement le blessé avant de l’achever. Émile Salomon trouva la mort devant sa maison. Clément Pasquier*, dont le fils Alphonse* était en train d’agoniser dans le bois du Turchon, fut abattu à son tour. Jean Girod* fut tué devant sa maison. Alfred Mischler* fut exécuté chez lui. Eustache Benedente* fut tué devant chez lui. Ferdinand Chamot* fut le dernier exécuté.
Le drame de Pouilly fit 11 victimes, tandis que les nazis incendièrent 9 maisons à la grenade incendiaire. (Mémorial de l’oppression 3808 W 1500).
Émile Salomon, reconnu « Mort pour la France » le 9 octobre 1945 (dossier n° 545 958), figure sur le monument aux morts de Saint-Jeoire et sur la stèle de Pouilly ainsi libellée «  Français souvenez-vous : Où passe le nazi, il ne laisse que larmes et ruines / Dans ce village le 28 janvier 1944, onze hommes ont été assassinés et neuf maisons incendiées par la Wehrmacht  ». Toutefois, le massacre semble imputable aux SS.


Voir Saint-Jeoire-en-Faucigny (Haute-Savoie), hameau de Pouilly, 28 janvier 1944
Sources

SOURCES : Michel Germain, Haute-Savoie Rebelle et martyre, Mémorial de la Seconde guerre mondiale en Haute-Savoie, La Fontaine de Siloé, 2009. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — Service historique de la Défense, Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 532780 et Caen AC 21 P 151315.

Michel Germain

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