Né le 21 avril 1920 à Aurillac (Cantal), exécuté sommairement par fusillade le 18 juin 1944 à à Saint-Julien de Jordanne, commune de Mandailles-Saint-Julien (Cantal) ; ouvrier du livre ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP).

Fils de Georges, Pierre Bouillot, plâtrier originaire de Polminhac (Cantal), marié à Aurillac le 3 août 1912 avec Jeanne, Madeleine, Noëmie Rigal, giletière d’Aurillac, Pierre Bouillot avait deux frères, Paul, Barthélémy né en 1913 et Roger, Gérard, Marcel né en 1914 et marié à Aurillac en 1937. Leur père a été mobilisé dès le 11 août 1914 comme brigadier au 4è régiment du génie. Il avait été cité le 17 décembre 1918 et avait reçu la croix de guerre, étoile de bronze. En 1944, Pierre, Henri Bouillot était célibataire et habitait à Aurillac (Cantal). Il travaillait dans l’imprimerie.
Pierre, Henri Bouillot et son frère Paul, Barthélémy Bouillot (1913-1974) rejoignirent la Résistance en intégrant la Compagnie Léon, compagnie FTP du Cantal. Son pseudonyme était Riquet.
Une partie des FTP s’étaient regroupée au maquis de Mandailles dans les premiers jours de juin 1944. Ils étaient une cinquantaine sous l’autorité théorique de Joussen, plus directe de Jamet alias lieutenant Bernard. Mandailles n’aurait dû être qu’une étape sur le chemin de la Margeride, mais d’après l’historien E. Martres, ce groupe resta dans la haute vallée de la Jordanne. « Il semble que le maquis fut averti de l’imminence d’une attaque. Le samedi 17 juin, dans l’après-midi, les troupes allemandes d’Aurillac (une partie des 10è et 15è compagnies du 95è régiment - la feldgendarmerie), des GMR et peut-être quelques miliciens, entreprirent de remonter la vallée de la Jordanne. A 18 heures elles dépassaient Saint-Cirgues-de-Jordanne, abattaient un maquisard sur la route (Jean Mangart), atteignaient Saint-Julien-de-Jordanne après avoir débarrassé la route d’un barrage d’arbres au Liaumier. Dans Saint-Julien un poste de maquisards ouvrit le feu. Au cours de l’accrochage 3 maquisards furent tués et trois autres capturés dont 2 membres de l’Armée secréte (AS) de Riom (Louis Lagrange et René Clavières). Enfin, tard dans la soirée et la nuit, la colonne allemande s’avança jusqu’à Mandailles, qu’elle dépassa et tirailla sur les pentes environnantes. Le maquis FTP s’était replié dans la montagne en abandonnant les véhicules et du matériel. » (Martres)
Henri Bouillot a participé aux combats de Saint-Julien-de-Jordanne. Il a alors été fait prisonnier la nuit du 17 au 18 juin 1944 par les Allemands le 18 juin avec deux autres FTP de sa Compagnie : Antoine Petitoutet Jean Castérès.
Ils furent dans un premier temps gardés prisonniers dans la cave d’une maison puis interrogés, l’un d’entre au moins étant frappé, selon un témoin. Il cria qu’il n’appartenait pas au Maquis. Durant la nuit, les soldats Allemands pillèrent la cave du propriétaire qui était négociant en vin.
Puis, à 14 heures, ils furent emmenés et fusillés contre le mur du cimetière vers 14 heures. Les trois jeunes étaient habillés en civil.
Henri Bouillot avait 24 ans.
Les Allemands justifièrent ces exécutions au nom du fait que les trois hommes avaient été pris les armes à la main (chose non confirmée). Deux furent tués sur le coup, le troisième expira quelques heures plus tard, après le départ des Allemands.
Il a servi dans les FFI au sein de la 1ère Compagnie FTP de Mandailles. En 1945, il a été reconnu "Mort pour la France".
Le nom de Henri Bouillot figure sur la Stèle commémorative de Mandailles.
Sources

SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 54 et 55 : crimes de guerre à Mandailles . — SHD Vincennes, GR 16 P 79021, dossier Résistant de Pierre Henri Bouillot (nc) . — SHD Vincennes, GR 16 P 79017, dossier Résistant de Paul Barthélémy Bouillot (nc) . — Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945, les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 . — Jean Favier, Lieux de Mémoire et Monuments du Souvenir, Aurillac, éd. Albédia, 2007 . — Mgr de La Vaissière, Les journées tragiques dans le diocèse de Saint-Flour, Saint-Flour, Imprimerie Clavel, 1944 . — État civil (AD 15 en ligne, registres matricules, Geneanet) . — MémorialGenWeb. - Paul Chauvet. La Résistance chez les fils de Gutenberg dans la Deuxième Guerre mondiale. Paris : à compte d’auteur, 1979, p. 201.

Patrick Bec

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