La rangée des huit tombes musulmanes</br>dans le cimetière de Thibie après la guerre
La rangée des huit tombes musulmanes
dans le cimetière de Thibie après la guerre
Dans la nécropole nationale</br>de la Ferme de Suippes
Dans la nécropole nationale
de la Ferme de Suippes
À droite du monument aux morts de Thibie
À droite du monument aux morts de Thibie
Le 14 août 1944, une unité de la Wehrmacht venant de Versailles est arrivée avec une soixantaine de prisonniers de guerre nord-africains à Thibie, petit village de la Marne situé près de Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne), où les Allemands avaient installé au lieu-dit Le Vannier un camp d’aviation éphémère camouflé au milieu d’un bois de pins.

Le 22 août 1944, alors que les unités de la Wehrmacht commençaient à quitter Thibie et battaient en retraite, un avion de la Luftwaffe fut abattu au retour d’une mission par un avion de la Royal Air Force. Furieux, le pilote qui avait sauté en parachute réclama vengeance et menaça d’incendier le village de Thibie. Vers midi, il choisit huit prisonniers parmi les prisonniers de guerre rassemblés sur le terrain de sport situé derrière les dernières maisons du village. Il les fit mettre à genoux et les roua de coups de pied, puis il les emmena chargés de pelles et de pioches jusqu’au camp d’aviation. Il en tua deux de sa main, et après que les autres aient été exécutés, il monta dans un avion et revint survoler les corps alignés pour les mitrailler.

Au lendemain de la Libération, les huit corps, dont quatre seulement ont pu être identifiés avec des orthographes incertaines, ont été inhumés dans le cimetière communal de Thibie.
Le 10 juillet 1959, ils ont été exhumés et ré-inhumés dans le carré militaire 1939-1945 de la nécropole nationale de la Ferme de Suippes.

Selon les Archives des victimes des conflits contemporains (AVCC) à Caen, l’un de ces soldats identifiés, Touhami Ben Amor Ben Mekaoual, est décédé le lendemain 23 août 1944 à Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne), mais la date qui est gravée sur sa sépulture est bien le 22 août 1944. Il est vraisemblable que, retrouvé agonisant après le départ des Allemands par des habitants de Thibie, il ait été transporté à l’hôpital de Châlons où il est mort le lendemain des suites de ses blessures.

En 2010, à l’initiative du maire de Thibie Hervé Perrein et de son conseil municipal, une plaque commémorative a été apposée à droite du monument aux morts, qui porte l’inscription  :
« Le 22 août 1944
sont morts pour la France
- BOUBAKER ben Salah (BOUBAKER BEN SALAH Ben Amor Ben Amara, soldat au 8e Régiment de tirailleurs tunisiens)
- BRAHMI Haïde (BRAHMI HADI BEN SALAH BEN HADJ Ahmed, soldat au 8e Régiment de tirailleurs tunisiens)
- DJAARIR Abdallah (soldat au 3e Régiment de tirailleurs algériens)
TOUHAMI ben Amar (TOUHAMI BEN AMOR BEN MEKAOUAL, soldat au 44e Bataillon de Pionniers)
et 4 prisonniers de guerre
non identifiés exécutés par les
Allemands et inhumés à THIBIE (INCONNU 1, INCONNU 2, INCONNU 3, INCONNU 4)
Leurs corps ont été transférés
en 1959 à la nécropole de la
" FERME DE SUIPPES ". MARNE »
Sources

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P28 064, 32 893, 121029 et 158 558. – Mairie de Thibie. – " Thibie, « village de passé et d’avenir » - Un crime sans nom ", L’Union, article non signé et date à préciser. Site Mémoire des hommes. – Actes de décès ou jugements déclaratifs de décès en attente.

Version imprimable