Dans le cimetière du Château
Dans le cimetière du Château
Rue Chanzy
Rue Chanzy
Dans le bureau de Poste
Dans le bureau de Poste
Sur le monument aux morts</br> de Sainte-Ménehould
Sur le monument aux morts
de Sainte-Ménehould
Sur le monument aux morts</br> de Sainte-Ménehould
Sur le monument aux morts
de Sainte-Ménehould
À l'entrée de l'Hôtel de ville
À l’entrée de l’Hôtel de ville
Sur la plaque apposée</br>dans la cour de l'ancien Hôpital
Sur la plaque apposée
dans la cour de l’ancien Hôpital
Sur la stèle érigée au lieu-dit Le Texas
Sur la stèle érigée au lieu-dit Le Texas
Sur le monument aux morts de Sainte-Ménehoud-la-Grange aux Bois
Sur le monument aux morts de Sainte-Ménehoud-la-Grange aux Bois
SOURCE : 
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Le 19 août 1944 arrivèrent à Sainte-Ménehould une soixantaine de gestapistes de la rue de la Pompe à Paris qui fuyaient vers l’Est. Ils occupèrent le collège Chanzy qui pendant plusieurs jours fut un lieu de détention et de torture. Parmi eux se trouvaient le responsable de l’antenne de la rue de la Pompe, Friedrich Berger, sa maîtresse Denise Delfau, Georges Favriot, Raoul Foucher dit « Le Tatoué », Georges Gorisse dit « Petit Jo », Georges Guicciardini dit « Jérôme », Manuel Stcherbina, Rachid Zulgadar. Plusieurs de ces hommes avaient participé quelques jours plus tôt, le 16 août 1944, au guet-apens de la porte Maillot à Paris suivi de l’exécution de trente-quatre jeunes résistants à la Cascade du Bois de Boulogne.

La chasse aux résistants qu’ils opérèrent dans le secteur de Sainte-Ménehould et le département de la Meuse toute proche aboutit à vingt-sept arrestations, suivies de dix-huit déportations.
Le 25 août 1944 à Froidos (Meuse), ils tuèrent un jeune résistant meusien, René Magny, et capturèrent Jean Henri Bertrand [pseudonyme dans la Résistance : Agnelet], chef d’état-major FFI dans la Meuse, et son adjoint, Guy Jourdan. Ce dernier fut ramené blessé au collège Chanzy où il fut torturé, avant d’être exécuté le 27 août 1944 dans un bois et enterré au lieu-dit La Camuterie à Sainte-Ménehould. Jean Henri Bertrand, qui a peut-être été déporté, a été porté disparu.

Les derniers jours d’août 1944 à Sainte-Ménehould furent très confus. Le passage fréquent au-dessus de l’Argonne de bombardiers alliés amena la population à se réfugier dans les abris, tandis que la ville était traversée par des convois allemands qui battaient en retraite vers l’Est. Les soldats allemands qui occupaient la ville procédèrent fébrilement au déménagement du matériel, parfois à sa destruction en provoquant des incendies, ainsi qu’à la pose de mines sous les ponts.

Le 28 août 1944, des soldats allemands cantonnés à Sainte-Ménehould ont investi le village de Somme-Tourbe (Marne). Ils ont abattu deux habitants, René Laloua et Georges Ponsart, et avant de se retirer, ils ont raflé une quinzaine de civils, parmi lesquels se trouvaient le maire du village, Monsieur Noizet, ainsi que les deux fils de René Laloua, Roger Laloua et son jeune frère Jean, qui furent entassés dans un camion et emmenés à Sainte-Ménehould.


Dans la nuit du 28 au 29 août 1944, les civils raflés à Somme-Tourbe furent alignés le long d’un mur à la lueur d’une lampe-torche et quatre d’entre eux furent sortis du rang et désignés de façon arbitraire pour être exécutés : Jean Laloua, Roger Laloua, Serge Dida et Marcel Gobillard. Le maire de Somme-Tourbe s’interposa pour demander que le plus jeune des frères Laloua soit épargné, et reçut un coup de crosse. Jean Laloua fut repoussé le long du mur. Un autre civil, Alfred Rifflard, réfractaire au service du travail obligatoire (STO) originaire de Saint-Gilles (Marne) et hébergé dans une famille de Somme-Tourbe, fut sorti du rang à sa place.
Les quatre civils furent emmenés au lieu-dit Le Texas situé sur la route de Moiremont à la sortie de Sainte-Ménehould. Alors qu’ils avançaient deux par deux vers le lieu d’exécution, Alfred Rifflard parvint à s’échapper. Serge Dida, Marcel Gobillard et Roger Laloua furent exécutés sommairement vers quatre heures du matin et achevés d’une balle dans la tête.

Le 30 août 1944 trois civils furent abattus : Félix Barbelet place de l’Hôtel de ville ; Marcel Claude, avenue Kellerman ; Albert Millet, à la sortie d’un abri route de Chaudefontaine.

En début d’après-midi, un officier allemand fut abattu par un tir venu d’une fenêtre, ce qui accrut la tension. Un groupe de soldats allemands arrivés par la route de Vitry-le-François exécutèrent dans la cour de l’Hôpital 12, rue Florion, trois jeunes hommes Roger Collin, Robert Léger et Simon Goze, sans tenir compte des supplications de la religieuse directrice de l’hôpital qui, à genoux, demandait de les épargner.

Dans l’après-midi, les soldats allemands encore sur place regroupèrent les habitants qui, après avoir craint d’être utilisés comme otages ou comme boucliers humains, durent évacuer la ville à pied jusqu’au village d’Élise-et-Daucourt.
Quelques heures plus tard, dans la soirée, les chars américains entraient dans Sainte-Ménehould.

Le Texas
Au lieu-dit Le Texas sur la route de Moirement une stèle se dresse qui porte l’inscription :
« Ici furent assassinés
le 29 août 1944
par les brutes allemandes
- DIDA Serge
- GOBILLARD Marcel
- LALOUA Roger
de Somme-Tourbe »

Dans la cour de l’ancien Hôpital
Une plaque commémorative a été apposée après la guerre dans la cour de l’Hôpital pour honorer la mémoire des victimes du 30 août 1944 :
« Ici furent assassinés
le 30 août 1944
par les brutes allemandes
- COLLIN Roger
- GOZE Simon
- LÉGER Robert
Victimes civiles
de la Libération
BARBELET Félix
CLAUDE Marcel
MILLET Albert »

L’hôpital de Sainte-Ménehould a été fermé en 2007 et a fait l’objet d’une opération immobilière.

Dans le hall de l’Hôtel de ville
Ces victimes du 30 août 1944 figurent également sur la plaque commémorative « 1939-1945 » apposée dans le hall d’entrée de l’Hôtel de ville, sur laquelle sont inscrits les noms des deux frères de Roger Collin, Jean Collin et Pierre Collin, exécutés le 23 juin 1944 en Savoie.

Sur le monument aux morts
Sur la liste « FFI » du monument aux morts de Sainte Ménehould sont inscrits les noms de :
- FERRÉ Jacques (FFI tué au combat le 18 juillet 1944 à la Maison forestière de Brassa dans la Forêt de Trois-Fontaines)
- GAILLET Raymond (FFI tué au combat le 18 juillet 1944 à la Maison forestière de Brassa dans la Forêt de Trois-Fontaines)
- GOULOUBINOW Ilia (GOLOUBINOW Ilia, FFI décédé des suites de ses blessures le 5 août 1944 à Moûtiers, Savoie)
- TRUSGNACH Gabriel (FFI tué au combat le 18 juillet 1944 à la Maison forestière de Brassa dans la Forêt de Trois-Fontaines)
- WOISELLE Abel (VOISELLE Abel, FFI tué au combat le 18 juillet 1944 à la Maison forestière de Brassa dans la Forêt de Trois-Fontaines)
- LOBERTRÉAU André (disparu en déportation)
- COLLIN Pierre (FTPF exécuté le 23 juin 1944 en Savoie)

Le nom de Jean Collin figure sur la plaque « 1939-1945 Morts au champ d’honneur ».

Dans la Poste
Dans la salle des guichets de la Poste 11, place du général Leclerc, une plaque commémorative honore la mémoire de deux employés de la Poste :
« À la mémoire de
Jacques Ferré
André Lobertréau
Morts
pour que la France vive »

Rue Chanzy
Une plaque commémorative du Souvenir français dédiée « Aux anciens élèves du Collège Chanzy morts au champ d’honneur » est scellée sur le mur de l’ancien collège. Sur la liste « 1939-1945 » sont inscrits les noms de :
- DUVAL André (sergent au 6e RTA décédé en 1944)
- JEANLIN Pol (Paul JEANLIN, FFI tué au combat ou abattu le 1er septembre à Givry-sur-Aisne, Ardennes)
- PARMENTIER Hubert (soldat au 67e RTA, décédé des suites de ses blessures le 28 janvier 1944 à Vairano-Patenora, Italie)
- RUSÉ Gilbert (FFI appartenant au groupe Alsace du maquis Paulus)
- VINCENT Robert (soldat au 11e Bataillon de marche, tué le 17 janvier 1945 à Benfeld, Bas-Rhin)

Dans le cimetière du Château
Dans le cimetière du Château des plaques et des inscriptions rappellent le souvenir de : Roger Collin, Jean Collin, Pierre Collin, Simon Goze et Gabriel Trusgnach.

À la Grange-aux-Bois
Sur le monument aux morts de Sainte-Ménehould-La Grange-aux-Bois est inscrit le nom de Jean Prichlak, orthographié « Pryslack », FFI décédé le 1er mars 1945 à Paris, à l’Hôpital Rothschild.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Marne, M 4774, Fusillés ou exécutés par les Allemands. – René Cheméry et Robert Schandeler, " La libération de Menou ", Le Petit Journal de Sainte-Ménehould et ses voisins d’Argonne, numéro 25, octobre 2004. – Étienne Baillon, " La libération de Sainte-Ménehould ", in La Résistance en Champagne et dans les Ardennes, récits présentés par le colonel Rémy, tome 2, éditions Famot, Genève, 1975. – Mémorial GenWeb. – État civil, Sainte-Ménehould (actes de décès).

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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