Né le 7 février 1901 à Chigny-les-Roses (Marne), exécuté sommairement le 27 août 1944 à Verzenay (Marne) ; enseignant ; résistant ; RIF au titre de CDLR.

André Watier
André Watier
SOURCE : L’Union
Sur le monument aux morts de Ludes
Sur le monument aux morts de Ludes
Dans le Square </br>des victimes de la Gestapo à Reims
Dans le Square
des victimes de la Gestapo à Reims
Sur la plaque de l'Hôtel de Ville de Reims
Sur la plaque de l’Hôtel de Ville de Reims
« WATIER André
Chef de travaux École de médecine »
Dans la cour du lycée Roosevelt
Dans la cour du lycée Roosevelt
« André Watier - Mort pour la France »
Dans la cour de l'ESPE</br> à Châlons-en-Champagne
Dans la cour de l’ESPE
à Châlons-en-Champagne
SOURCE : 
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
André Watier était le fils d’Albert Augustin Watier et de Philomène Leleu, vignerons à Chigny-les-Roses (Marne). Il avait épousé Fernande Derobert et le couple avait cinq filles nées en 1924, 1929, 1932, 1935 et 1940. Domicilié à Ludes (Marne), André Watier a été instituteur, puis professeur, d’abord à l’École professionnelle puis au Collège moderne et technique de la rue Jolicœur à Reims. Il enseignait aussi à l’École supérieure de commerce et il était chef de travaux à l’École de médecine de Reims.

Capitaine de réserve, André Watier était à la tête du groupe Ceux de la Résistance (CDLR) de Ludes.
Selon la fiche du Comité des œuvres sociales des organisations de Résistance (COSOR) remplie par son épouse Fernande, il a été arrêté à son domicile le 24 août 1944.
René Lentremy, un ancien milicien français passé au service des Allemands et arrêté à Paris en novembre 1944, a avoué avoir participé à l’arrestation d’André Watier qu’il situe le 25 août, et à son exécution le 27 août 1944 à la Ferme de l’Espérance située au bord de la route nationale 44 près du bourg de Beaumont-sur-Vesle, mais sur le territoire de la commune de Verzenay :
« Dans la soirée ce fut le tour du capitaine Watier emmené à quelques de la ferme, mais dans le sens opposé à l’endroit où avait eu lieu l’exécution de Waïda [exécuté le même jour à l’aube]. Alors que mes camarades français se tenaient sur la route pour empêcher les curieux d’approcher, je suis resté à l’arrière de la voiture en compagnie des Allemands. À l’arrière de la voiture se trouvait Watier ayant en vis à vis le soldat allemand et moi-même. Nous avons pris un chemin de traverse et, au moment où la voiture ralentissait, Watier ouvrit brusquement la portière de la voiture et empoigna ensuite le canon de l’arme que l’Allemand et moi avions entre les genoux. Dès qu’il fut en dehors de la voiture, je descendis du véhicule en même temps que l’Allemand et lui tirai une rafale de mitraillette dans le dos. Watier s’est écroulé, tué net, avant que l’Allemand ait eu le temps de se servir de son arme. Aidé par les deux Allemands, nous avons jeté le corps de Watier dans un fossé et nous l’avons recouvert de branchages ».

Son corps n’a jamais été retrouvé. Sur la carte du COSOR, la mort d’André Watier est « présumée le 26 août 1944 aux environs de Sillery ». À l’état civil de Chigny-les-Roses, une mention ajoutée en marge de son acte de naissance le déclare « décédé à Ludes le 26 août 1944 ».

André Watier a été reconnu « Mort pour la France », et il a été homologué RIF au titre de CDLR. Le titre d’Interné-résistant lui a été décerné ainsi que la Médaille de la Résistance par décret du 26 juin 1956 publié au JO le 4 juillet 1956.

Dans la Marne, le nom d’André Watier est inscrit sur le monument aux morts de Ludes avec la mention « Déporté ».
À Reims, il figure sur la plaque dédiée « Aux maitres de l’école laïque » apposée dans le Square des victimes de la Gestapo, sur la plaque « 1939-1945 » apposée dans l’Hôtel de Ville, et sur une plaque commémorative apposée dans la cour du lycée Roosevelt.
À Châlons-en-Champagne, le nom d’André Watier est inscrit sur la plaque « 1939-1945 » érigée après la guerre dans l’École normale de garçons, qui a été transférée dans la cour d’honneur de l’ancienne École normale de filles, devenue successivement Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), puis École supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE). ,

Le 29 janvier 1946, René Lentremy a été condamné à mort par la Cour de Justice de la Marne pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État et intelligence avec l’ennemi, peine commuée le 20 mars 1946 en travaux forcés à perpétuité, et le 29 juin 1950 en 20 ans de travaux forcés. Le 4 octobre 1953, incarcéré depuis 48 heures dans la prison d’Eysses à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), il est parvenu à s’évader à la faveur d’une corvée extérieure et a été repris. Suite à plusieurs autres remises de peine, il a été libéré le 22 janvier 1960. Il avait alors 37 ans.
Sources

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P 17 4873. – SHD, Vincennes, GR 16 P 601268. – Arch. Dép. Marne, 7 U 60 n° 253, Cour de Justice de la Marne, dossier Lentremy. – Arch. COSOR de la Marne. – L’Union (photo), 10 avril 1946. – Jean-Pierre Husson, La Marne et les Marnais à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale, Presses universitaires de Reims, 2 tomes, 2e édition, 1998. – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, dvd-rom, AERI-Département de la Fondation de la Résistance et CRDP de Champagne-Ardenne, Reims, 2013.– État civil, Chigny-les-Roses (acte de naissance).

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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