Né le 14 juillet 1894 à Villers-Marmery (Marne), exécuté sommairement le 27 août 1944 à Verzenay (Marne) ; boulanger ; résistant ; FFI.

Henri Tourte
Henri Tourte
SOURCE : L’Union
34, rue des Trois Piliers à Reims
34, rue des Trois Piliers à Reims
Sur le monument</br>aux martyrs de la Résistance de Reims
Sur le monument
aux martyrs de la Résistance de Reims
SOURCE : 
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Henri Tourte était le fils d’Edmond François Joseph Tourte et de Lucie Hippolyte, journaliers. Il avait épousé Marie Marthe Leroy le 30 octobre 1915 à Elbeuf (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). Le couple, sans enfant, était domicilié à Reims (Marne), où Henri Tourte exerçait la profession de boulanger.

Henri Tourte fournissait en pain et en fausses cartes d’identité et d’alimentation les réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) et les aviateurs alliés dont les avions avaient été abattus dans la région et qui étaient pris en charge par le réseau d’évasion Possum
Selon la carte du COSOR (Comité des œuvres sociales des organisations de Résistance) remplie par son épouse, il a été arrêté le 26 août 1944 à son domicile.
René Lentremy, un ancien milicien français passé au service des Allemands et arrêté à Paris en novembre 1944, a avoué avoir participé à l’arrestation d’Henri Tourte et à son exécution le 27 août 1944 près de la Ferme de l’Espérance située au bord de la route nationale 44 près du bourg de Beaumont-sur-Vesle, mais sur le territoire de la commune de Verzenay.
Son corps n’a jamais été retrouvé. Sur la carte du COSOR, Henri Tourte est « présumé fusillé le 27 août 1944 ». À l’état civil de Villers-Marmery, une mention marginale ajoutée à son acte de naissance le déclare « décédé à Beaumont-sur-Vesle le 27 août 1944 », jugement transcrit à Reims le 18 octobre 1946.

Henri Tourte a été reconnu « Mort pour la France ». Le titre d’interné-résistant lui a été décerné ainsi que la Médaille de la Résistance par décret du 30 septembre 1959 publié au JO le 7 octobre 1959.

À Reims, une plaque commémorative a été apposée en 1947 par la municipalité à son domicile 34, rue des Trois Piliers, avec l’inscription « Fusillé par les Allemands », et son nom est inscrit sur le Monument aux martyrs de la Résistance et de la Déportation.

Le 29 janvier 1946, René Lentremy a été condamné à mort par la Cour de Justice de la Marne pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État et intelligence avec l’ennemi, peine commuée le 20 mars 1946 en travaux forcés à perpétuité, et le 29 juin 1950 en 20 ans de travaux forcés. Le 4 octobre 1953, incarcéré depuis 48 heures dans la prison d’Eysses à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), il est parvenu à s’évader à la faveur d’une corvée extérieure et a été repris. Suite à plusieurs autres remises de peine, il a été libéré le 22 janvier 1960. Il avait alors 37 ans.
Sources

SOURCES : SHD, Vincennes, GR 16 P 575 759. – Arch. Dép. Marne, 7 U 60 n° 253, Cour de Justice de la Marne, dossier Lentremy. – Arch. COSOR de la Marne. – L’Union (photo), 1er avril 1946. — Jean-Pierre Husson, La Marne et les Marnais à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale, Presses universitaires de Reims, 2 tomes, 2e édition, 1998. – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, dvd-rom, AERI-Département de la Fondation de la Résistance et CRDP de Champagne-Ardenne, Reims, 2013. – État civil, Villers-Marmery (acte de naissance) ; Beaumont-sur-Vesle (acte de décès en attente).

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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