Né le 27 janvier 1899 à Fenain (Nord), fusillé comme otage le 26 septembre 1941 à Lille (Nord) ; mineur ; syndicaliste et militant communiste du Nord ; résistant FTP.

Fils d’un ouvrier mineur syndiqué à la CGT, Jules Domisse avait quatorze ans lorsqu’il descendit pour la première fois au puits de l’Archevêque à Aniche (Nord). Ayant évité le départ aux armées en 1914-1918, il fut appelé sous les drapeaux à la fin de l’année 1918 mais fut déclaré inapte après un mois de service militaire. Il s’était marié le 6 janvier 1923 avec Germaine Noreux, une Anichoise. Deux filles naquirent de leur union, Micheline en 1925 et Virginie en 1928.
Adhérent de la CGTU et du Parti communiste dès les scissions de 1921, il assura le secrétariat de la cellule locale du Parti communiste (PC) d’Aniche pendant de longues années. Administrateur de la Caisse de secours, il fut élu délégué mineur de son puits de travail en 1929.
Élu maire d’Aniche le 12 février 1933, il fut suspendu de son mandat en octobre 1939 pour avoir refusé de condamner le Pacte germano-soviétique. Réduit au chômage, Jules Domisse fut, avec Martha Desrumeaux, l’un des premiers organisateurs du PCF clandestin dans le Nord de la France, et ce dès la fin de l’année 1940.
Militant communiste clandestin, arrêté le 26 août 1941 par les Allemands, il fut conduit à la prison de Douai (Nord), puis à la caserne Négrier de Lille (Nord) le 25 septembre 1941. il fut capturé après un vol d’explosifs qui eut lieu dans la nuit du 22 au 23 septembre 1941, attribué à des « bandits armés – certainement des communistes ». Des attentats furent commis contre des trains de transport militaires et des trains français, dans le courant de la nuit suivante ainsi que dans la journée du 25 septembre.
Le lendemain, Niehoff, commandant militaire pour la Belgique et le nord de la France, ordonna l’exécution de vingt otages à la citadelle de Lille, « militants communistes particulièrement actifs » : Victor Bancel, Louis Blondeau, Arthur Brunet, François Coupez, Florentin Debruille, Edmond Devos, Jules Domisse, Floris Louis Durez, Louis Dussart, Arthur Loucheux, Lucien Moreau, Léon Petitjean, Jules Roch, Fernand Turbant, Kléber Verrier, Florimond Dapvril, Albert Foucart, Adolphe Gaspard, Alexis Walquant, Rodolphe Langlemez. Ces cinq derniers se seraient suicidés par pendaison dans leur cellule.
Ses funérailles civiles eurent lieu le 15 octobre 1944. En mai 1945, la rue des Ecoles et la petite place d’Aniche furent rebaptisées de son nom. La mention « Mort pour la France » lui fut attribuée en juillet 1946. En 1951 et 1952, la société « Avenir cycliste anichois » organisa un « grand prix Jules Domisse » en hommage à l’action de l’ancien élu dans le domaine sportif. Le 29 septembre 1991, à l’occasion du 50e anniversaire de son exécution, la municipalité d’Aniche inaugura un buste en bronze à son effigie.
En septembre 2012, une plaque fut apposée sur les lieux en hommage aux cinq fusillés du 15 septembre (Albert Deberdt, Louis Doisy, Joseph Noël, Henri Ployard* et Hugo Zajak) et aux vingt du 26 septembre 1941.
Sources

SOURCES : AVCC, Caen, B VIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Nord, M 154/104. – J. Dandoit, mémoire de maîtrise, Lille III, 1973, op. cit. – J.-M. Fossier, Zone interdite, Éd. Sociales, 1977. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit., p. 263. – Renseignements fournis par la mairie d’Aniche. – Site Internet du ministère de la Culture. – Plaque commémorative, citadelle de Lille. – Iconographie : http://mairie.aniche.pagesperso (texte associé : « Domisse Jules 23e maire : mort pour la France le 26 sept. 1941 »). — »). — SHD Vincennes GR 16 P 188733 - m.grabarczyk.over-blog.fr

Yves Le Maner, Frédéric Stévenot, Jean-Pierre Ravery

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