Né le 2 décembre 1913 à Langogne (Lozère), exécuté le 22 août 1944 à Montélimar (Drôme) ; ouvrier ajusteur à la SNCF ; Francs-tireurs et partisans français (FTPF).

Fils de Mathieu Bruhat, employé de chemin de fer, et de Julie Sabatier, ménagère, marié à Langogne le 19 mars 1935 avec Victoria Cotte, Louis Bruhat était ouvrier ajusteur au dépôt SNCF d’Avignon (Vaucluse). Il faisait partie du groupe des cheminots FTP et participa au spectaculaire attentat par explosif qui eut lieu dans la Rotonde d’Avignon dans la nuit du 19 au 20 février 1944. Les bombes, qui explosèrent à partir de 18 heures 45 et jusqu’au petit matin, avaient été déposées dans les cylindres des locomotives ou dans les foyers. Au total, dix sept locomotives de rapides et trois de train de marchandises furent sérieusement endommagées. Deux manœuvres - Maurice Wolf* et Albert Brès* -, furent tués en enlevant sous la contrainte les bombes non explosées. La police allemande d’Avignon arrêta dix cheminots le 24 février parmi ceux qui travaillaient le jour de l’attentat. Plus d’une centaine de perquisitions suivirent. Plusieurs protestations, des pressions diverses, y compris ouvrières, permirent la libération progressive des cheminots arrêtés, mais l’enquête du Sipo-SD continua et de nouvelles arrestations eurent lieu entre le 9 et le 22 mai, dont celle de Louis Bruhat le 9. Dix cheminots furent emprisonnés d’abord à Avignon, à la prison Sainte-Anne, puis à Marseille (Bouches-du-Rhône), aux Baumettes. Quatre d’entre eux, Jean Arnaud*, Henri Brachet*, Jean Peyronnel* et Louis Bruhat, furent sommairement jugés par un tribunal militaire aux Grandes Baumettes, le 13 août, à la veille du débarquement en Méditerranée. Selon Daniel Bénédite*, les quatre cheminots eurent une attitude admirable en reconnaissant tous appartenir aux FTP et avoir commis ce dont on les accusait. Ils furent condamnés à mort et firent partie du convoi de condamnés que les Allemands firent partir de Marseille après avoir libéré les autres prisonniers le 16 août. Les vingt-quatre prisonniers, qui avait été conduits à la gare Saint-Charles à pied, furent mis dans un convoi qui, par suite des coupures de la voie ferrée, arriva à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) le 21 et parvint, via Avignon, à Montélimar le 22. Des prisonniers furent libérés en cours de route, notamment six à Pierrelatte (Drôme), un était parvenu à s’échapper au Pontet (Vaucluse) et deux femmes avaient été laissées à la prison d’Avignon. Les quatorze prisonniers restant furent exécutés à Montélimar, quartier des Meyères, le 22 août 1944 (les dates de l’exécution de ces hommes varient selon les sources et selon les membres de ce groupe entre le 20 août et le 25 août).
Des obsèques solennelles ont été organisées à Avignon le 20 août 1946 pour Jean Arnaud, Henri Brachet et Louis Bruhat. Leurs noms ainsi que celui de Jean Peyronnel et de plusieurs autres cheminots résistants exécutés dans d’autres circonstances ou morts en camp de concentration ont été donnés un mois plus tard aux rues et places du quartier des Rotondes en cours de reconstruction (délibération du conseil municipal du 25 septembre 1946). Ils figuraient aussi sur la stèle aux « morts de la Résistance » inaugurée à l’entrée du dépôt le 15 septembre précédent et sur la plaque érigée par la CGT à la mémoire « du groupe FTPF des cheminots d’Avignon, victimes du fascisme » dans le club des cheminots qui se trouvait face au dépôt.
Louis Bruhat fut reconnu « Mort pour la France. »
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Drôme, 132 J 25. — site internet Mémoire des hommes SHD Caen AC 21 P 34827. ⎯ Daniel Bénédite, Un chemin vers la liberté sous l’Occupation. De Varian Fry au débarquement en Méditerranée. Marseille-Provence 1940-1944, Paris, Éditions du Félin, 2017. — Robert Mencherini dir., Cheminots en Provence. Les années de guerre 1939-1945, Marseille, CE des cheminots PACA éditions, 2012. — état civil.

Jean-Marie Guillon

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