Né le 19 février 1913 à Nancy (Meurthe et Moselle), exécuté sommairement le 21 août 1944 à Ruoms (Ardèche) ; garde républicain ; résistant, membre de l’Armée secrète, Forces françaises de l’Intérieur (AS-FFI).

Marcel Meyer
Marcel Meyer
Archives privées
Stèle commémorative de Sampzon
Stèle commémorative de Sampzon
Crédit : Archives privées
Fils de Émile Meyer, manœuvre, et de Louise Schmit son épouse, Marcel Meyer fut adopté par la Nation en vertu d’un jugement du 21 décembre 1932.
Célibataire, il contracta un engagement volontaire pour 18 mois le 13 avril 1934. Nommé caporal le 1er novembre 1934, il fut libéré le 10 octobre 1935. Admis dans la Garde Républicaine par décret ministériel du 4 septembre 1936, il fut affecté à la 11ème Légion de la Garde à Marseille devenue 2ème Régiment de la Garde le 12 septembre 1932 (9ème Légion de la Garde Républicaine depuis le 18 avril 1946).
Durant une partie de la guerre, il appartint au 2ème groupe basé à Orange (Vaucluse), plus particulièrement à l’État-major en tant que secrétaire-comptable. A partir du 15 mars 1944, il se trouva à Largentière (Ardèche), où l’ensemble du groupe s’était installé après l’évacuation du quartier Huntziger à Orange. (Source gendarmerie).
À la mi-juin 1944, Marcel Meyer quitta la garde pour rejoindre la Résistance, et plus particulièrement le secteur D de l’Armée secrète à Aubenas.
C’est ainsi que le 21 août 1944, alors qu’ils allaient rejoindre leur cantonnement FFI au château de Logères à Joannas (Ardèche) après leur mission qui avait pour but de vérifier la présence de miliciens dans le secteur de Vallon Pont d’Arc, Marcel et ses deux camarades, l’ex Inspecteur de police Marius Roux, limogé par Vichy, et Jean Bigi, caporal FFI se heurtèrent à une colonne d’une quinzaine de véhicules allemands venant de la route de Grospierre (Ardèche) et se dirigeant vers Vallon Pont d’Arc (Ardèche).
En effet, peu après le pont de Sampzon, en direction de Ruoms (Ardèche), et plus précisément au niveau du lieu-dit « l’Usine sous Roche », sur la D 579 entre Ruoms et Sampzon (Ardèche), à la sortie d’un virage, ils ne virent pas les véhicules ennemis arrivant devant eux. Bloqués devant cette colonne allemande, face à l’étroitesse de la route et en l’absence de voies de dégagement, ils furent dans l’impossibilité de manœuvrer leur Citroën C4 pour s’échapper. C’est alors que le chauffeur, Marcel Roux, tenta de traverser la rivière Ardèche à la nage mais il fut rapidement atteint par les tirs des armes automatique et sauvagement achevé. Son corps mutilé ne fut retrouvé que trois jours plus tard.
Selon un témoin, Aimé Charrier, coiffeur à Ruoms, vers 18h15 les Allemands avaient érigé un barrage avec des camions sur cette route D 579 au niveau du pont de Sampzon. C’est à cet endroit que lui et son frère, l’abbé Charrier, professeur au collège du Sacré Coeur à Annonay, de retour de Vallon à vélo, furent arrêtés, mis contre un mur, fouillés et interrogés par un officier.
Lorsqu’ils furent libérés, en remontant la colonne de véhicules sur cette même route en direction de Ruoms, un peu au dessus de la ferme Roy, au lieu dit « l’Usine sous Roche », ils furent une seconde fois arrêtés par des Allemands et alignés contre un mur bordant la route où se trouvaient déjà trois hommes. Peu après, deux motocyclistes, un homme et une femme les rejoignirent contre le mur.
Monsieur Charrier indiqua qu’il avait subi le même interrogatoire que sur le pont de Sampzon. Il vit les deux jeunes hommes se faire interroger séparément à deux reprises avant de reprendre leur place avec les autres contre le mur sous la surveillance de neuf soldats.
Tous les civils furent relâchés vers 18h45 à l’exception des deux jeunes hommes reconnus comme faisant partie de la Résistance. Ils furent sommairement exécutés, fusillés peu après, entre 19H15 et 19H20 selon ce témoin.
Monsieur Charrier et son frère revinrent sur les lieux le lendemain et reconnurent les corps mutilés des deux jeunes gens restés aux mains des Allemands. Il s’agissait de Marcel Meyer et de Jean Bigi. Avec l’aide de camarades de la résistance, ils les transportèrent à Joannas pour y être inhumés.
Marcel Meyer, reconnu « Mort pour la France », a obtenu la Médaille Militaire à titre posthume pour faits exceptionnels de guerre et de Résistance (JO du 13 octobre 1949) ainsi qu’une citation à l’ordre de l’armée à titre posthume : « Garde très courageux. A trouvé la mort la mort le 21 août 1944 à Grospierre en accomplissant une mission de police particulièrement délicate ».
Son nom figure sur la stèle au lieu-dit « Sous Roche » à Ruoms, avec trois autres victimes, Jean Bigi, Marius Roux et Marcel Deschaux. Il est gravé également sur le monument aux morts de la 9ème Légion de la Garde à la caserne Beauvau de Marseille (Bouches-du-Rhône).
Sources

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P 89796 ; au SHD Vincennes, la recherche sur Marcel Meyer renvoie à une fiche sans date et lieu de naissance qui pourrait concerner ce résistant : GR 16 P 415377. — Arch. Dép. Rhône et Métropole, Mémorial de l’oppression, 3808 W 199. — Informations communiquées le 19/09/2020 par M. Michel Meyer, petit-neveu de Marcel Meyer. — Mémoire des Hommes. — MémorialGenWeb. — État civil, acte de naissance n°424.

Michel Meyer, Dominique Tantin

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