Né le 23 décembre 1918 à Mendavia (Navarre, Espagne), exécuté sommairement le 31 mars 1944 à Thorens (Haute-Savoie) ; républicain espagnol ; résistant des Glières, Agrupación de guerrilleros españoles (AGE).

Victoriano Ursua-Salcedo
Victoriano Ursua-Salcedo
Lorsqu’éclata la guerre civile, Victoriano Ursua-Salcedo combattit dans les rangs des Républicains contre les franquistes. Après la victoire de ces derniers, il se réfugia en France avec de nombreux camarades et il fut intégré au 517è G.T.E. (Groupe de travailleurs étrangers). Après de nombreuses péripéties, certains décidèrent de rejoindre le maquis. Victoriano fit partie du groupe de Nâves (capitaine Navarro) qui monta sur le Plateau des Glières le 1er février 1944. Les Espagnols de l’Agrupación de guerrilleros españoles formaient les sections « Ebro » et « Renfort Ebro », en poste sur le versant sud-est du Plateau au-dessus du nant de Talavé.
Après l’ordre de décrochage du 26 mars 1944, il tenta de sortir de la nasse germano-milicienne en direction de l’ouest. Malheureusement, il fut pris par la Milice française à Thorens et assassiné, avec Pablo Fernandez-Gonzales*, au lieu-dit champ Merise, à Thorens, par les miliciens Mongourd et Perrin, le 31 mars 1944, à 17 heures 30. Serge Henri Moreau, témoin habitant à Thorens et auteur de « Thorens berceau du maquis » publié en 1945, a écrit de belles lignes sur cette odieuse exécution : « … Il faisait grand jour et les enfants sortis des écoles jouaient dans le pré voisin. Là, ils [les deux Espagnols] reçurent l’ordre de marcher devant. Alors les officiers Mongourd et Perrin qui les suivaient et dont nous avons eu souvent l’occasion de parler déchargèrent sur eux leurs armes. Ainsi frappés par derrière, il était aisé de dire qu’ils avaient tenté de s’enfuir, mais il est également facile de juger que deux chefs n’ont nullement besoin de conduire des prisonniers en promenade, alors que le cantonnement regorge d’hommes de troupe. L’un d’eux atteint aux poumons et vomissant le sang, eut quand même la force de faire quelques pas en courant, avant de tomber pour jamais. Dans le pré, les enfants s’étaient arrêtés et regardaient curieusement ; les passants, sur la route, serraient les dents et les poings impuissants devant un tel crime… »
Son corps fut transféré le 18 octobre 1944 dans la nécropole militaire nationale de Morette, tombe n°32. Une plaque a été apposée en 2005 sur le lieu du crime. Il figure sur le monument aux morts de la Seconde guerre mondiale élevé à Thorens-Glières à côté de celui de 1914-18, ainsi que sur le Mur du souvenir érigé à l’entrée du cimetière de Morette.
Sources

SOURCES : Michel Germain, Haute-Savoie Rebelle et martyre, Mémorial de la Seconde guerre mondiale en Haute-Savoie, La Fontaine de Siloé, 2009. — Mémoire des Hommes. — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 581318 (nc).

Iconographie
MémorialGenWeb

Michel Germain, Dominique Tantin

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