Né le 20 avril 1906 à Rennes (Ille-et-Vilaine), mort le 11 juillet 1944 à Saint-Girons (Ariège) ; cinéaste ; résidant (1944) à Engomer (Ariège) ; résistant « isolé » ; victime civile d’une bavure du maquis FTPF du col de la Crouzette (Ariège)

Henri Chauvel était le fils Joseph, Henri, Mathurin Chauvel et de Marie Coumes. Son père, né le 9 novembre 1879 à Guilliers (Morbihan) exerçait, en 1909, la profession de palefrenier. Sa mère, née le17 mars 1875 à Seix (Ariège) vivait, avant son mariage, avec Joseph Chauvel, 29 rue Germain Pilon à Paris (18e arrondissement). Ils se marièrent le 25 novembre 1909 à la mairie de 18e arrondissement de Paris. L’acte de mariage légitimait par ailleurs le jeune Henri, Constant.
Henri Chauvel avait épousé (?) Zalorchitz, âgée de trente-quatre ans en 1944 et sans profession. Le couple résidait à Engomer (Ariège), dans le Castillonnais correspondant à la vallée couseranaise du Lez, affluent du Salat. Mais il semble avoir eu des attaches dans cette autre vallée dans le village de Seix (Ariège)
Il était cinéaste de profession. En 1944, il était venu résider avec sa femme dans un petit village pyrénéen, poche de la commune de naissance de sa mère. Son dossier (non consulté) du Service historique de la Défense de Vincennes (cote GR P 124632) indique qu’il était un résistant « isolé ». Peut-être rendait-il des services aux filières clandestines de passages vers l’Espagne fort actives dans la partie pyrénéenne de l’Ariège jouxtant la frontière avec l’Espagne ?
Le 10 juillet, jour de marché, il s’était rendu à Saint-Girons, ville sous-préfecture de l’Ariège et principal centre urbain du Couserans. Il effectuait le voyage le voyage dans une camionnette bâchée autobus à laquelle était attelée une remorque. Ce véhicule tomba dans une embuscade tendue par un groupe de FTPF (le groupe lorrain de Gabre),du maquis de la Crouzette formé le 12 juin (Voir Plaisant René). Ces résistants confondirent cette camionnette qui se rendait à Saint-Girons avec un autre véhicule, allemand, dont ils étaient informés du passage imminent au lieu-dit des Trois Arches, du Kercabanac, dans les gorges de la Ribaouto, où la route du haut Salat passe sous un tunnel (commune de Soueix-Rogalle).
Quatorze personnes furent atteintes par les balles des maquisards. Elles furent amenées à l’hôpital de Saint-Girons (23 rue de l’Hôpital). Quatre d’entre elles moururent le jour même, une autre victime expira le 25 juillet.
Le nom d’Henri Chauvel figure sur le monument aux morts de Seix (Ariège) ce qui montre qu’il avait des liens avec cette commune pyrénéenne du Couserans. Il fut déclaré « mort pour la France », mention marginale inscrite sur son acte de décès à Saint-Girons.
Voir Soueix-Rogalle (Ariège), Kercabanac, civils massacrés par erreur par un groupe de la 3103e compagnie de FTPF de l’Ariège (maquis du col de la Crouzette), 10 juillet 1944
Sources

SOURCES : Arch. dép. Ariège, 4 E 6468, état civil de Saint-Girons, registre des décès, 1944 : acte de décès d’Henri Chauvel ; 64 J 23, fonds Claude Delpla. — Claude Delpla, La Libération de l’Ariège, Toulouse, Le Pas d’Oiseau, 2019, 514 p. [p. 125, p. 436]. Courriels de Julien Heime de Soueix-Rogalle (25 et 26 janvier 2022). — MemorialGenWeb, consulté le 4 décembre 2020.

André Balent

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