Né le 1er mai 1880 à Saint-Sernin-sur-Rance (Aveyron), mort de ses blessures le 2 août 1944 à l’hôpital de Saint-Affrique (Aveyron) ; chaudronnier étameur ; résistant du Front national

Il était le fils d’Antoine Roumégous, né en 1850 et chaudronnier de profession, et de Marie Roume, née en 1857, sans profession. Il se maria le 24 mai 1905 avec Marie Terral, née le 4 janvier 1887, à Saint-Sernin-sur-Rance. Il possédait le certificat d’études primaires (instruction niveau 3).
Le 1er septembre 1904, il passa dans la réserve de l’armée. Il participa à la Première Guerre mondiale en tant que réserviste, du 22 juillet 1915 au 24 septembre 1915. Il fut ensuite classé dans le service auxiliaire pour ostéite du tibia gauche, par la commission de réforme de Perpignan (Pyrénées-Orientales) le 17 septembre 1915. Le 26 février 1919, il fut envoyé en congé illimité chez lui.
Le 31 juillet 1944, Antoine Roumégous se trouvait dans son jardin avec son fils lorsqu’un affrontement imprévu eut lieu à moins d’un kilomètre de chez lui entre les maquisards de la 4215e compagnie, groupe FTP qui stationnait à proximité de Saint-Sernin-sur-Rance, et une colonne allemande d’environ 120 hommes venant d’Albi (Tarn). Le groupe de maquisard décida le 31 juillet de quitter les environs de Saint-Sernin-sur-Rance pour stationner aux environs de Coupiac, commune située à quelques kilomètres au nord de Saint-Sernin. Il rencontra de façon imprévue une colonne allemande alors qu’il traversait une route. Après avoir abattu Joseph Gomez, mineur de Graissessac (Hérault), les Allemands se replièrent à Saint-Sernin-sur-Rance. Là, ils fouillèrent les maisons du village. Selon un rapport rédigé le 10 novembre 1944 par le chef de la police militaire du secteur de Saint-Affrique (Aveyron), Antoine Roumégous et son fils se réfugièrent dans un trou du mur de la clôture de leur jardin pour échapper aux Allemands. Une heure après, pensant que les Allemands étaient partis, Antoine Roumégous sortit de sa cachette pour aller prévenir sa fille, restée dans la maison, qu’ils étaient sains et saufs. Il ne put faire que quelques mètres avant d’être blessé par six balles. Sa maison fut ensuite incendiée. Il dut attendre deux heures avant de pouvoir être transporté à l’hôpital de Saint-Affrique où il décéda le 2 août. Selon un autre témoignage, celui de l’instituteur Arnal, interrogé par Christian Font et Henri Moizet, il serait mort sur le coup chez lui.
Un détachement de la 4213e compagnie FTP, alerté par un agent de liaison, fit rebrousser chemin aux Allemands selon le témoignage de l’instituteur Arnal. En partant de Saint-Sernin-sur-Rance, les Allemands emmenèrent une quarantaine d’otages civils, dont Antoine Bec, un cultivateur de Saint-Sernin-sur-Rance. Dans la nuit du 31 juillet au 1er août, un nouvel accrochage eut lieu en haut de la côte de Saint-Sernin-sur-Rance entre une patrouille du Corps Franc de la Montagne Noire et des Allemands. Il y eut 3 morts côté maquisards dont Ramade, le chef de section. Le lendemain, 1er août, ils fouillèrent la maison de Gabriel Caramel, un autre cultivateur dont la ferme était située au lieu-dit Jumels sur la commune de Pousthomy (mais à quelques kilomètres seulement de Saint-Sernin-sur-Rance), et le fusillèrent également. Selon Christian Font et Henri Moizet, Auguste Jean fut aussi abattu. Les autres otages furent relâchés le même jour.
Son nom figure parmi la liste des victimes faites par les Allemands sur le monument des résistants de Sainte-Radegonde (Aveyron) et sur le monument aux morts de Saint-Sernin-sur-Rance.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Aveyron, 314 W 7, 1493 W 170, 4 E 256-12 (acte de naissance), 4 E 256-17 (acte de mariage) — Arch. Dép. Hérault : 1 R 1136 — Christian Font et Henri Moizet, Construire l’histoire de la Résistance. Aveyron 1944, CDDP Rodez – CDIHP Aveyron, CRDP Midi-Pyrénées, 1997, pp. 187-188 — Memorialgenweb.org, consulté le 8 février 2021 — club.quomodo.com, consulté le 8 février 2021

Clotilde Bigot

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