Né le 8 juillet 1914 dans une famille paysanne au village de Bouysse, commune de Naves (Corrèze), tué le 11 mai 1940 à Wunstwezel (Belgique) ; instituteur.

Né dans une famille paysanne au village de Bouysse, commune de Naves, aîné de quatre enfants, Pierre Estrade fréquenta l’école primaire de Naves, et de 1926 à 1930, le Cours complémentaire de Souilhac, commune de Tulle, avant d’entrer à l’École Normale à l’automne 1930 – benjamin de la promotion.
« Grand gosse, mince, blond, joyeux, un peu fou-fou, prodigue de gestes et peu avare de discours », toujours « dans son complet bleu, avec son petit béret rond et ses rutilantes chaussures jaunes. » Le 1er octobre 1933, il fut délégué stagiaire à l’école de Perpezac-le-Noir, puis titulaire jusqu’au 30 septembre 1935. Après avoir effectué son service militaire du 22 octobre 1935 au 9 octobre 1937, au 134e R.I. à Mâcon, il fut nommé instituteur à Saint-Salvadour à partir du 16 octobre 1937, puis à Saint-Mexant à compter du 1er septembre 1939, jour où l’armée allemande a franchi la frontière polonaise.
Cette guerre, il la sentait venir ; il la redoutait et l’exécrait, lui, le « pacifiste ardent, socialiste au plus beau sens du terme », qui « haïssait la violence et ne trouvait pas de mots assez rudes pour condamner les boute-feu, ceux qui, à l’époque, transportaient l’agression de l’Ethiopie à la malheureuse Espagne » ; « il haïssait le fascisme. »
Il rejoignit néanmoins le 121e R.I., « avec la détermination de ceux qui savaient qu’on ne pouvait plus reculer ». Affecté au bureau de la 10e Compagnie, le 11 mai 1940, alors que son Régiment prenait la direction de Rotterdam, il fut mortellement blessé à Wunstwezel, à la frontière hollandaise.
Pierre Estrade a été cité à l’ordre de la Division et a reçu, à titre posthume, la Croix de Guerre avec étoile d’argent.
«  Estrade Emile. Soldat au 121e Régiment d’Infanterie. Très bon soldat. Excellent esprit et très courageux ».
Sources

SOURCE : C. Magnac, Livre d’Or des Instituteurs corréziens morts pour la France 1939-1945, Tulle, Maugein, 1969, pp. 53-55.

Gilbert Beaubatie

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