Né le 24 avril 1933 à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis), massacré le 23 juin 1944 au Pourrou, commune de Saint-Sixte (Lot-et-Garonne) ; Tsigane, victime civile.

Michel Weiss (parfois écrit Vaise), était le fils de Paul Weiss, marchand forain d’origine Tsigane Manouche et de Marie Bouillon. Mariés à Lyon le 24 mai 1919, ses parents ont huit enfants dont sa sœur Thérèse Weiss et son mari François Landauer avec leurs enfants, ses sœurs Elisa, Henriette et Marie Weiss, son frère Alfred Weiss qui voyagent avec eux. En compagnie de sa grand-mère, Rosalie Landauer et de sa tante, Adolphine Weiss avec son mari et ses enfants, ils se rendent à la foire de Valence-d’Agen (Tarn-et-Garonne) et font une dernière halte le 22 juin 1944 au soir près du village de Saint-Sixte.
Se rendant à Dunes pour des représailles à la suite d’une dénonciation, une section de la Division Das Reich, unité n°29955 commandée par le capitaine Hermann et le lieutenant Dwuret, arrive à Saint-Sixte vers 5 heures du matin.
Guy Penaud, historien, relate cet épisode tragique : « Les chevaux et les mulets paissaient en liberté. Le feu de campement allumé la veille pour le repas du soir fumait encore. Dix-sept personnes, hommes, femmes et enfants des familles Vaise, Landauer et Wenderstein, dormaient dans ces deux modestes véhicules. En un rien de temps, les portes des roulottes volèrent en éclat sous les coups de crosse et toutes les personnes présentes furent jetées dehors. Les voitures furent fouillées, et les pauvres hardes ou humbles objets ménagers furent éparpillés sur le chemin. Les soldats ne découvrirent que quelques carabines et pistolets à air comprimé. Ces jouets ne projetaient que des bouchons et servaient à la petite baraque de tir que ces forains exploitaient dans les fêtes locales. „Terroristes, terroristes !“ hurlèrent les SS à la vue de ces armes. Les cinq hommes, les six femmes et les six enfants (...) furent alors poussés dans un pré voisin. Deux hommes furent tués les premiers, puis six femmes furent abattues à coups de mitraillettes. Six autres cadavres gisaient bientôt auprès d’elles : ceux d’enfants de 14 ans à 19 jours. Miraculeusement, il y eut trois survivants, deux hommes et une femme, dont Marie Vaise (Marie Bouillon) et Fernand Landauer (né en 1905 à Bacqueville-en-Caux, Seine-Maritime), neveu de Rosalie Landauer, et certainement Pierre Winterstein le mari de Adolphine Weiss), qui tombés les premiers à terre, avaient été recouverts et en quelque sorte protégés par les corps de leurs parents. Bien que blessés au bras, à la cuisse et à la tête, ils simulèrent la mort et échappèrent ainsi au massacre.
Les soldats se présentèrent ensuite à la mairie. Là, le commandant de l’unité déclara que les forains possédaient des armes à feu, ce qui justifiaient à ses yeux la mort de quatorze personnes. (…) Aussitôt les Allemands partis, le maire fit conduire les trois forains blessés à l’école publique où ils furent soignés par le docteur Escudier, de Lamagistère. Une ambulance de la Croix Rouge vint ensuite prendre ces blessés à 11 heures pour les conduire à l’hôpital d’Agen. D’autre part, le maire de Saint-Sixte réquisitionna des charpentiers pour faire des cercueils ainsi que des hommes pour creuser des fosses dans le cimetière. L’inhumation des quatorze victimes eut lieu le même jour, à 20 heures
. »
Michel Weiss avait 11 ans.
Son nom est inscrit sur la stèle commémorative de Saint-Sixte érigée en hommage aux Tsiganes massacrés le 23 juin 1944 et inaugurée le 16 juillet 2016.
Sources

SOURCES : Article du blog La résistance en Tarn-et-Garonne . — Guy Penaud, La « Das Reich » 2e SS Panzer Division, préface d’Yves Guéna, introduction de Roger Ranoux, Périgueux, La Lauze, 2e édition, 2005, [pp. 449-450, p. 545]. — Arch. départ. en ligne. — Généanet. — Commission Départementale de l’Information Historique pour la Paix, Contre l’oubli, Plaques et stèles de la Résistance et de la Déportation en Tarn-et-Garonne, 2000. — Mémorial GenWeb.

Patrick Bec

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