Née le 10 octobre 1926 à Vertrieu (Isère), massacrée le 11 juin 1944 à Caluire-et-Cuire (Rhône, aujourd’hui Métropole de Lyon) ; lycéenne ; victime civile.

Anne Passerat de la Chapelle était domiciliée 10 rue Castellane à Paris, VIIIe arr. (Seine, aujourd’hui Paris) avec ses parents, ses deux frères et sa sœur cadette.
Elle partit le 6 juin de Paris en train avec sa mère, ses deux frères et sa sœur, pour se rendre dans leur famille dans l’Ain. Le 8 juin, la famille était en gare d’Ambérieu-en-Bugey (Ain), attendant dans le train, le départ vers Culoz (Ain). Dans le même compartiment, voyageait un prêtre qui utilisait une canne pour se déplacer. Anne Passerat de la Chapelle jouait avec cette canne, à la faire sortir par la fenêtre lorsqu’un train arriva en contre-sens. Ce train transportait entre autres des cadavres de soldats allemands tués dans un combat à Saint-Rambert-en-Bugey (Ain). Il semble alors que le jeu d’Anne Passerat de la Chapelle ait été perçu comme une outrance ou une marque d’irrespect par les Allemands.
Ils montèrent dans le wagon et Anne Passerat de la Chapelle fut battue à coups de poing et de pied, puis emmenée au poste de la gare, malgré les protestations et tentative de négociation de sa mère.
Elle fut rapidement emmenée au château des Échelles, siège local de l’occupant. Là encore sa mère tenta d’obtenir sa libération. Il lui fut répondu qu’Anne Passerat de la Chapelle s’était rendue coupable d’outrage à l’armée allemande.
Le samedi 10 juin, elle fut transférée à la prison de Montluc à Lyon (Rhône, aujourd’hui Métropole de Lyon). Sa fiche de renseignements (Nom : De la Chapelle, Anne) indique "appelée sans bagage", funeste formule indiquant qu’elle allait être tuée.
Son cadavre fut retrouvée le lendemain, Montée Castellane à Caluire-et-Cuire (Rhône, aujourd’hui Métropole de Lyon).
Ses parents n’apprirent la vérité que deux mois après ; jusque-là des éléments erronés leur laissaient penser que leur fille avait été déportée en Allemagne.
Elle fut distinguée "Mort pour la France". Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Cheignieu-la-Balme (Ain), ou elle fut inhumée.
Une stèle en forme de croix a été édifiée sur le lieu du massacre, Montée Castellane à Caluire-et-Cuire, avec cette inscription :
« Ici le 10 Juin 1944 a été assassinée par les Allemands Anne-Marie PASSERAT de La CHAPELLE, âgée de 17 ans, Passant si tu crois, prie pour elle. Si tu ne crois pas, recueille-toi ».
Il existe un dossier à son nom aux Archives des victimes de guerre et des conflits contemporains à Caen (Calvados), erronément classé parmi ceux des déportés.
Sources

SOURCES : AVCC Caen, AC 21 P 523206 (nc) — Arch. Dép. Rhône et Métropole, Fonds du service du Mémorial de l’oppression et de la délégation régionale du Service de recherche des crimes de guerre ennemis, 3808 W 872 (nc). ; Fichiers de la prison de Montluc, 3335 W 22, 3335 W 14 — Le livre noir des crimes Nazis dans l’Ain pendant l’Occupation, Les éditions du Bastion, p. 82. — Mémorial Genweb. — « Une stèle en hommage au dernier voyage d’Anne Passerat de la Chapelle », Le Progrès, 6 novembre 2016. — Mémorial Genweb. — Mémoire des hommes

Benoît Prieur, Jean-Louis Ponnavoy

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