Né le 21 janvier 1914 à Plainfaing (Vosges), exécuté sommairement le 6 juin 1944 à Taintrux (Vosges) ; artisan bûcheron ; résistant homologué DIR.

Louis Vincent était artisan bûcheron à Raon-sur-Plaine (Vosges).
Il entra dans la Résistance au 4e groupement des Vosges et au maquis de Corcieux (Vosges).
Le 6 juin 1944, à l’annonce du débarquement en Normandie, le maquis de Corcieux reçut l’ordre du soulèvement afin d’empêcher les troupes allemandes de partir vers le front. Les hommes qui étaient cantonnés chez eux se préparaient depuis des mois. Ce fut le seul maquis à entrer en action ce jour-là car tous les autres avaient reçu au dernier moment l’ordre de ne pas déclencher la guérilla à cause du manque d’armes et de munitions.
Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, à 4h45 le capitaine Marcel Vinchard qui commandait le maquis partit avec 150 hommes à l’attaque de la garnison allemande de Taintrux (Vosges). Louis Vincent appartenait au groupe de Philippe Pierrat, fils du maire de Taintrux, qui avait pour objectif de capturer les 14 gradés allemands qui logeaient au café Gérard. Le groupe pénétra dans le café, mitraillette à la main, et captura tous les gradés. Des coups de feu éclatèrent soudain et les Allemands cantonnés à la mairie contre-attaquèrent. La lutte devint inégale, les FFI se battant à l’intérieur du café et au dehors pendant deux heures, tout en tenant en respect les prisonniers capturés. Philippe Pierrat blessé à la tête sortit pour essayer de se mettre en liaison avec les autres FFI mais après avoir abattu plusieurs soldats allemands, il tomba frappé à mort, non loin de ses hommes. A l’intérieur du café et aux abords la lutte continua et trois autres résistants, Charles Galmard, Camille Mangin et André Christal furent également frappés à mort au lieu-dit "La ville du Pré", à Taintrux.
Les cinq survivants du groupe, René Anxionnat, Gaston Moulin, André et René Parisot, et Louis Vincent, dont les munitions étaient épuisées, furent désarmés et conduits à la Gestapo de Saint-Dié (Vosges), où ils furent torturés. Le lendemain soir, ils furent ramenés mourants à Taintrux et achevés à 22h30 sur la place publique d’une rafale de mitraillette. Leurs corps furent laissés à côté de leurs quatre camarades morts au combat la veille.
Louis Vincent obtint la mention « Mort pour la France » et le titre de "Déporté et interné résistant" (DIR).
Il reçut à titre posthume la Médaille de la Résistance française par décret du 23 juillet 1965 publié au JO le 14 août 1965.
Son nom figure sur le monument aux morts, à Plainfaing (Vosges), la plaque commémorative 1939-1945 de la mairie et le monument aux morts, à Taintrux.
Sources

SOURCES : SHD, Vincennes, GR 596358 (nc).— AVCC Caen, AC 21 P 689259 (nc).— Association Maurice Vissà - Editions de l’Avière Maison des cités ouvrières Les combats de Taintrux.— Francebleu 3 juin 2019 TÉMOIGNAGES - Le 6 juin 1944, le maquis de Corcieux se soulève.— Mémoire des Hommes.— Mémorial GenWeb.

Jean-Louis Ponnavoy

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