Villard-de-Lans, vaste commune du massif du Vercors, composée de plusieurs hameaux ou villages fut, en raison de la présence de plusieurs établissements scolaires et de son importante capacité hôtelière, un lieu privilégié de refuge. Espions à la solde de l’occupant et résistants y étaient également présents.
La petite ville fut une des cibles principales de l’assaut lancé le 21 juillet 1944 par les troupes allemandes.
Entre le 10 juin et le 6 août 1944, 16 résistants y trouvèrent la mort.

Très longtemps enclavée et difficile d’accès, la petite ville de Villard-de-Lans (Isère), au nord du massif du Vercors, se développa avec l’amélioration des routes et la la création d’un tramway qui la rendait accessible depuis Grenoble (Isère). Favorisés par le tourisme climatique, plusieurs hôtels furent construits. On vit également apparaître des établissements scolaires avec internat.
Cette importante capacité d’hébergement fut mise à profit durant la guerre pour accueillir de nombreux réfugiés.
Mais parmi les clients des hôtels se trouvaient également des indicateurs ou des espions à la solde de l’occupant ou du régime de Vichy.
Le 10 juin 1944, c’est en voulant arrêter l’un d’entre eux que Noël Allégret fut tué.
Le 21 juillet 1944, l’assaut fut donné au massif du Vercors par les troupes allemandes commandées par le général Pflaum. Les Allemands qui avaient pris pied sur le plateau à Saint-Nizier-du-Moucherotte depuis le 15 juin 1944, n’étaient qu’à quelques kilomètres.
Le soir du 21 juillet 1944, le lieutenant Chabal reçut l’ordre de tenter, avec sa section, d’empêcher la jonction entre les troupes allemandes venant du Nord et celles qui avaient atterri à Vassieux-en-Vercors (Drôme). La confrontation eut lieu les 22 et 23 juillet 1944 à Valchevrière, commune de Villard-de-Lans.
Dans un combat héroïque et désespéré, 6 hommes trouvèrent la mort. Un septième mourut quelques heures plus tard à Rencurel (Isère).
Le 26 juillet 1944, Raymond Bonjean, qui avait été blessé le jour même ou la veille à La-Chapelle-en-Vercors, mourut des suites de ses blessures.
Suivant l’ordre de dispersion qui avait été donné le 23 juillet par Hervieux, chef militaire du Vercors, de nombreux résistants, se cachèrent d’abord dans les bois et la montagne, mais à court de nourriture et affaiblis, beaucoup tentèrent de revenir chez eux ou de quitter le massif.
Les troupes allemandes, lorsqu’elles en faisaient prisonniers les exécutaient sommairement. Certains qui avaient encore des armes et des munitions vendirent chèrement leur peau.
Le 31 juillet 1944, Aimé Bathelot, Léon Gauthier et Henri Magnat furent faits prisonniers et sommairement exécutés au lieu-dit "Fenat".
Le 1er août 1944, Léa Blain et Rémy Lifschitz furent surpris par une patrouille allemande aux lieu-dit "La Croix-des-Glovettes".
Il avaient quitté le groupe mené par Jean Prévost, la jeune femme ne pouvant plus marcher. Disposant d’armes et de munitions, ils ripostèrent avant de mourir.
Le 5 août 1944, Louis Ronza-Pascal et Jacques Carminati furent faits prisonniers et furent sommairement exécutés au lieu-dit "Fenat".
Le 6 août 1944, c’est Vincente Torres-Molla qui fut fait prisonnier et sommairement exécuté au lieu-dit "La Bessia".
 
Liste des victimes :
 
Noël ALLÉGRET
Aimé BATHELOT
Léa BLAIN
Raymond BONJEAN
Jacques CARMINATI
Abel CHABAL
Léon GAUTHIER
Rémy LIFSCHITZ
Henri MAGNAT
Raoul PALME
Robert PERRIN
Jacques RENOUX
Salomon, Freddy PASSY
Louis RONZA-PASCAL
Vincente TORRES-MOLLA
Camille VINCENDON
Sources

SOURCES : https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Villard-de-Lans. — La Picirella Joseph, Témoignages sur le Vercors Drôme, Isère, Lyon, 1973.

Jean-Luc Marquer

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