Né le 12 mars 1915 à Peyrelevade (Corrèze), mort le 16 août 1944 à Égletons (Corrèze) ; militant communiste ; résistant des Francs-Tireurs et Partisans (FTP).

Louis Feyssaguet était le fils de Louis, forgeron, né en 1869, et de son épouse Julie, épicière, née en 1876, et le dernier d’une fratrie de cinq enfants (Eugénie, 1899 ; Jeanne, 1901 ; Lucien, 1903 ; Clément, 1905).
Sous-officier dans un corps franc en 1939-1940, Louis Feyssaguet avait été décoré de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre. Arrêté en avril 1943 pour activité communiste par la police de Vichy, il avait été interné huit mois dans le camp de Saint-Paul-d’Eyjaux.
Militaire expérimenté, il était lieutenant des FTP de Corrèze et sous le pseudonyme de Roland, il commandait la 23.29e compagnie. Selon les souvenirs de Jean Loche (Maquis de Corrèze, 150 combattants et témoins, op. cit.p. 485), "notre compagnie […] a été formée dans la période du débarquement : 80 à 100 jeunes légaux, qui avions ravitaillé le maquis et déjà fait quelques opérations pour nous roder. Partis en car de Sornac, nous étions allés grossir le groupe des 12 ou 13 anciens du camp Foulon, près de Faux-la-Montagne."
La compagnie fut engagée dans les combats d’Égletons lorsque le 14 août 1944 les maquisards donnèrent l’assaut contre un bataillon du 194e régiment de sécurité de la Wehrmacht retranché dans le bâtiment de l’Ecole nationale professionnelle d’Égletons, soutenu par la Luftwaffe et bientôt secouru par la colonne Jesser.
Jean Roche relate les circonstances dans lesquelles Louis Feyssaguet fut mortellement blessé. Le 15, “les Allemands tentent une sortie : ils ont déjà occupé un chemin creux et risquent de prendre à revers certaines de nos positions. On nous demande de fournir une section de volontaires armés de mitraillettes et de grenades pour les obliger à rentrer […] Nous partons avec Lilou (c’est ainsi que ses hommes appellent le lieutenant), qui a l’expérience de la guerre. Il faut franchir d’un bond tous ensemble un passage découvert et vite s’abriter derrière un talus. Lilou envoie d’abord Bébert en éclaireur. Il veut ensuite passer lui-même, disant : “je vous ferai signe”. À ce moment, des avions piquent sur nous et mitraillent. Lilou est déjà parti : on le voit s’affaisser. Nous le ramenons sur un brancard fait de deux fusils et de vestes. Il saigne abondamment, la poitrine ouverte par une balle explosive.” Louis Feyssaguet succomba le lendemain à ses blessures.
Il obtint la mention Mort pour la France et fut homologué FFI. Son nom est inscrit sur le monument aux Morts de sa commune natale où des cérémonies sont organisées à sa mémoire.
Louis Feyssaguet pourrait être apparenté à Germain (dit Albert) Feyssaguet, né dans la commune de Saint-Sulpice-des-Bois, proche de Peyrelevade, militant syndicaliste et communiste, arrêté par la police française (cf. biographie d’Oronce Giroud), otage déporté de Compiègne le 6 juillet 1942 dans le convoi dit des 45000, mort à Auschwitz le 4 mars 1943.

Voir Égletons (Corrèze), 14-20 août 1944
Sources

SOURCES : Service historique de la Défense, Caen, AVCC, AC 21 P 184198 et Vincennes, GR 16 P 223257 (nc). — Maquis de Corrèze, 150 combattants et témoins, Paris, Éditions Sociales, 1975, p. 485-488, 523. — Mémoire des Hommes — MémorialGenWeb.

Dominique Tantin

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