Né le 14 janvier 1920 à Saint-Louis (Haut-Rhin), mort en action le 10 novembre 1944 à Sondernach (Haut-Rhin) ; résistant des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

René Frossard était le fils d’Arthur Frossard et de Cécile Brunner, son épouse. Il était marié avec Barbe Ulrich et domicilié en dernier lieu à Wittenheim (Haut-Rhin).
Il entra dans la Résistance à l’ORA du Haut-Rhin, secteur de Colmar, où ses services furent homologués du 11 octobre au 10 novembre 1944.
Le 27 septembre 1944, refusant de répondre à l’incorporation de force dans l’armée allemande, René et quatre autres camarades, Charles Saxer, Frédéric Seitz, Louis Dussourd, et Henri Stuckert décidèrent de se regrouper au mont Vissors, près de la Lechterwand, dans un bunker datant de la 1ère guerre mondiale, sur le massif du Hilsenfirst. Ils furent rejoints par Michel Ivanof, un prisonnier de guerre soviétique, échappé à ses tortionnaires. Isolés au sommet du massif vosgien déjà enneigé au mois d’octobre, ils contactèrent des résistants de la vallée de Munster, notamment Charles Baumgart de Sondernach, qui leur procura des armes. Le groupe réussit à renforcer son arsenal en organisant le pillage d’un dépôt de munitions à destination des troupes allemandes engagées dans le secteur de Bussang, Le Thillot et le Ventron (Vosges). Il prit contact avec le maquis du Petit Ballon et du Strohberg composé essentiellement de prisonniers de guerre soviétiques échappés à la surveillance de leurs gardiens et de résistants polonais. Les deux maquis furent dénoncés par un milicien français qui s’était infiltré dans le groupe du Petit Ballon. La Wehrmacht et les SS donnèrent l’assaut le 3 novembre 1944. Les résistants furent submergés par le nombre et quatre d’entre eux furent tués dont René Frossard. Les autres résistants furent enfermés à la prison de Colmar, puis transférés à Schirmeck et ensuite à Gaggenau-Rohtenfels (Allemagne).
Son décès fut déclaré constant par jugement du Tribunal civil de première instance de Colmar rendu le 5 février 1946 et datant le décès au 10 novembre 1944.
Il obtint la mention « Mort pour la France » le 7 août 1947 et fut homologué soldat des Forces françaises de l’intérieur (FFI).
Il est inhumé dans la nécropole nationale de Sigolsheim, à Kaysersberg-Vignoble (Haut-Rhin).
Sources

SOURCES : Service historique de la Défense, AVCC, Caen, Cote AC 21 P 187962 (nc).— SHD, Vincennes, GR 16 P 236374 (nc). et GR 19 P 68/10, p. 21.— Mémoire des Hommes.— Mémorial Genweb.— État civil Sondernach, transcription du jugement de décès, acte n° 5.

Jean-Louis Ponnavoy

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