Né le 27 août 1912 à Dijon (Côte-d’Or), fusillé le 17 avril 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; monteur électricien aux PTT ; résistant ; membre de l’Organisation spéciale (OS), appelée après la guerre Les Bataillons de la jeunesse.

Fils de Léon et de Claudia, née Porot, Jean Garreau travaillait comme monteur électricien aux PTT dans le service des lignes depuis le 23 septembre 1929 et comme titulaire depuis le 11 septembre 1935. Il était apprécié par l’administration : « très bon agent, très actif, très zélé ». Il était domicilié 38 rue Decrès à Paris (XIVe arr.) où il vivait avec son amie Émilienne Goultequer.
Avant-guerre, il militait activement à la FSGT. Il appartenait au club des motards du XIVe et à l’Union athlétique Jean-Jaurès de cet arrondissement, il était membre du bureau. Il enseignait la natation aux jeunes de son club à la piscine de la Butte-aux-Cailles. En raison d’un accident assez grave, il fut exempté de service militaire.
Entré dans la Résistance au sein de l’Organisation spéciale, il participa à plusieurs attentats : le 28 août 1941 vers 22 h 45, des membres de l’OS dont Jean Garreau lancèrent quatre bouteilles incendiaires par-dessus le mur d’enceinte haut de 3,50 mètres du parc d’une centaine de véhicules allemands rue de la Plaine (XXe arr.). Un début d’incendie fut rapidement maîtrisé par des vigiles de surveillance, les dégâts furent peu importants.
Le 13 octobre il participait à une action contre le garage Normandie rue de Rémusat à Paris (XVIe arr.). Il était dans l’équipe qui déposa le 26 novembre vers 20 h 15 un engin explosif contre le poste allemand au 12 avenue de la Porte-d’Orléans (XIVe arr.). L’explosion provoqua de légers dégâts matériels contre le mur du bâtiment.
Le 20 janvier 1942 vers 20 h 25, devant le 15 boulevard de Vaugirard (XVe arr.), Jean Garreau, Émile Tardif, André Aubouet assuraient la protection de Robert Marchand qui tira contre l’assistant de la Feldpost Léo Pepling. La balle se logea derrière l’oreille gauche à la base du cervelet, Pepling fut transporté à l’hôpital de la Pitié dans un état grave.
Jean Garreau fut arrêté à son domicile le 9 mars 1942 par des inspecteurs de la BS2, et interrogé dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police. Livré aux Allemands, incarcéré à la prison de la Santé le 13 mars 1942, il fut traduit devant le tribunal du Gross Paris qui siégea du 7 au 14 avril 1942 (procès dit de la Maison de la Chimie). Il fut condamné à mort et passé par les armes le 17 avril à 17 h 37.
Inhumé dans le carré des corps restitués aux familles dans le cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), après la Libération, Jean Garreau fut homologué comme FFI. Une plaque commémorative avec les noms des 27 combattants est apposée dans une salle de la Maison de la Chimie, 28 rue Saint-Dominique : « En ce lieu, ont été jugés [...] par un tribunal militaire nazi, [...] 27 combattants membres des premiers groupes de résistance armées (OS-FTPF), livrés à l’occupant par la police de Vichy. »
Sources

SOURCES : Arch. PPo., BA 1747, BA 1752, 77W 251. – DAVCC, Caen, Boîte 5, Liste S 1744 218/42 (Notes Thomas Pouty). – André Rossel-Kirschen, Le procès de la Maison de la Chimie (7 au 14 avril 1942), L’Harmattan, 2002. – Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, Le sang des communistes, Les Bataillons de la jeunesse dans la lutte armée, automne 1941, Fayard, 2004.

Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

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