Né le 28 février 1925 à Douchy-les-Mines (Nord), exécuté sommairement le 11 août 1944 à Châtaincourt (Eure-et-Loir) par pendaison ; plongeur en mer ; résistant du Mouvement de Libération nationale (MLN) et des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Jean GAILLEZ
Jean GAILLEZ
Pascale FOUCHER photographie sous licence d’usage CC BY-NC-SA 2.0.
Jean Gaillez était le fils de Louis Gaillez et d’Angèle Midavaine. Il était plongeur et travaillait à récupérer les épaves coulées en mer. Il avait un oncle, marchand de charbon en région parisienne, qui avait acheté un terrain au village de Neuville-les-bois, commune de Châtaincourt, dans l’Eure-et-Loir. Ce terrain avait été loué à un agriculteur avec le souhait qu’il embauche Jean Galliez qui était ainsi caché à la ferme.
Il rejoignit la résistance locale le 1er juillet 1944 au sein du maquis de Saulnières créé par De Courcelles de Fontaine-les-Ribouts (Eure-et-Loir) et dirigé ensuite par Marcel Confais. Le groupe était issu du mouvement de Libération nationale (MLN) et appartenait au groupe de Chartres, secteur Nord d’Eure-et-Loir. Jean Gaillez participa avec lui à plusieurs attaques de convois ennemis.
Au sein du groupe, 4 hommes dont Jean Gaillez, se détachèrent pour constituer un groupe de choc rompu aux attaques et réceptionnant les parachutages reçus à la Pommeraie (terrain Crayon).
Le 11 août le maquis décida d’attaquer une compagnie de la 9ème Panzer SS Hohenstauffen, au village de Neuville-les-Bois qui dépendait de la commune de Châtaincourt. Jean Gaillez fut mis en pointe avec Charles Taupin et Robert Lépouzé. Les trois maquisards tiraient à découvert sur les fantassins allemands en avançant vers les hangars à Besnard où étaient cachés des camions qu’ils voulaient capturer ou brûler avec des grenades incendiaires.
Les soldats SS pris par surprise furent débordés par les tirs mais ils réagirent en prenant en otage deux civils du village, Mrs Desdoigt et Suraud qu’ils placèrent devant eux pour avancer vers les maquisards. Les trois résistants refusèrent de tirer en risquant de tuer les civils. Ils baissèrent leurs armes et furent capturés. La bataille continua dans le hameau avec d’autres groupes de maquisards qui tentèrent de résister aux auto-mitrailleuses à deux canons qui fonçaient sur eux.
Jean Gaillez fut emmené avec ses deux camarades dans la ferme de Besnard où il fut torturé par le commandant SS.
Lorsque les tirs eurent cessés, les Allemands dressèrent une potence collective devant la ferme et rassemblèrent violemment la population du village pour assister à la pendaison des trois résistants meurtris par les coups. Ils durent monter sur un banc qui fut ensuite basculé pour permettre leur pendaison.
Les corps des trois suppliciés restèrent pendus 24 heures sur ordre des SS et seront inhumés le lendemain derrière la ferme avec interdiction de les placer au cimetière. Ils furent ensuite jetés en fosse commune.
Les SS ne quittèrent les lieux qu’après avoir menacé de brûler tout le village s’ils n’obtenait pas la rançon qu’ils demandaient.
Neuville-les-Bois et Châtaincourt furent libérés par les Américains le 15 août 1944.
Jean Gaillez obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué au grade de sergent des Forces françaises de l’intérieur (FFI).
Son nom figure sur la stèle commémorative, à Châtaincourt (Eure-et-Loir).
Sources

SOURCES : Service historique de la Défense, AVCC, Caen, Cote AC 21 P 188411 (nc) et SHD, Vincennes, GR 16 P 239147 (nc) et GR 19 P 28/1 page 309.— CEDREL (Centre d’Études et de Documentation sur la Résistance en Eure et Loir), Résister en Eure-et-Loir.— Mémoire des Hommes.— Mémorial Genweb.

Jean-Louis Ponnavoy

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