Né le 5 octobre 1913 à Blévy, aujourd’hui Maillebois (Eure-et-Loir), exécuté sommairement le 11 août 1944 à Châtaincourt (Eure-et-Loir) par pendaison ; ouvrier agricole ; résistant des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Charles Taupin était le fils de Joseph Taupin et d’Hélène Rachel Bernadette Coulombeau, son épouse. Il était domicilié à Blévy.
Il fut mobilisé en 1939 et fait prisonnier en 1940 mais s’évada peu de temps après l’armistice. Il haïssait ceux qu’il appelait les "Boches".
Il travaillait comme ouvrier agricole chez Edmond Bonnard à Neuville-les-Bois, commune de Châtaincourt (Eure-et-Loir), dont il recruta pour le maquis son fils Gaston.
Il entra dans la Résistance en 1942 sur le secteur de Dreux affilié à Libé-Nord. Il distribuait la presse clandestine et réalisait des faux-papiers d’identité puis il rejoignit le maquis de la forêt de Châteauneuf et participa aux parachutages.
Après avoir mené quelques actions isolées autour de Blévy, il rejoignit le maquis de Saulnières où il fut l’organisateur des coups les plus durs : chasse aux collabos et dénonciateurs, exécutions des traîtres. Il assurait la formation militaire des recrues compte tenu de son expérience dans l’armée française.
Le groupe comprenait en 1944 une vingtaine de résistants mais peu acceptaient de passer au maquis 24H sur 24H sauf Gaston Bonnard, Jean Gaillez et Robert Lépouzé.
Le maquis déménageait souvent de Fontaine-les-Ribouts à Blévy puis Neuville-les-Bois. Il attaquait les convois ennemis sur la route qui va de Dreux à Châteauneuf et causait de gros dégâts.
Le 11 août 1944, le maquis attaqua une compagnie de la 9e SS panzerdivision "Hohenstauffen", stationnée au village de Neuville-les-Bois qui dépendait de la commune de Châtaincourt. Charles Taupin fut placé en pointe avec Jean Gaillez et Robert Lépouzé. Les trois résistants tiraient à découvert sur les fantassins allemands en avançant vers les hangars à Besnard où étaient cachés des camions qu’ils voulaient capturer ou brûler avec des grenades incendiaires.
Les soldats SS pris par surprise furent débordés par les tirs mais ils réagirent en prenant en otage deux civils du village, Mrs Desdoigt et Suraud qu’ils placèrent devant eux pour avancer vers les maquisards. Les trois résistants refusèrent de tirer en risquant de tuer les civils. Ils baissèrent leurs armes et furent capturés. La bataille continua dans le hameau avec d’autres groupes de maquisards qui tentèrent de résister aux auto-mitrailleuses à deux canons qui fonçaient sur eux.
Charles Taupin fut emmené avec ses deux camarades dans la ferme de Besnard où il fut torturé par le commandant SS Bartholomey.
Lorsque les tirs eurent cessés, les Allemands dressèrent une potence collective devant la ferme et rassemblèrent violemment la population du village pour assister à la pendaison des trois résistants meurtris par les coups. Ils durent monter sur un banc qui fut ensuite basculé pour permettre leur pendaison.
Les corps des trois suppliciés restèrent pendus 24 heures sur ordre des SS et furent inhumés le lendemain derrière la ferme avec interdiction de les placer au cimetière. Ils furent ensuite jetés en fosse commune.
Les SS ne quittèrent les lieux qu’après avoir menacé de brûler tout le village s’ils n’obtenait pas la rançon qu’ils demandaient.
Neuville-les-Bois et Châtaincourt furent libérés par les Américains le 15 août 1944.
Pour MdH, la cause du décès était l’autolyse, ce qui signifierait qu’il se soit suicidé ce qui n’est absolument pas le cas.
Charles Taupin obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué soldat des Forces françaises de l’intérieur (FFI).
Il reçut la Croix de guerre 1939-1945 à titre posthume.
Son nom figure sur la stèle commémorative, à Châtaincourt (Eure-et-Loir) et sur le monument aux morts de Blévy, à Maillebois (Eure-et-Loir).
Sources

SOURCES : Service historique de la Défense, AVCC, Caen, Cote AC 21 P 163673 (nc) et SHD Vincennes, GR 16 P 562994 (nc).— CEDREL (Centre d’Études et de Documentation sur la Résistance en Eure et Loir), Résister en Eure-et-Loir.— Mémoire des Hommes.— Mémorial Genweb.

Jean-Louis Ponnavoy

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